Combien gagnent réellement les artistes pour un CD ou un fichier MP3 disponible en téléchargement légal ? L’Adami a revelé quelques chiffres surprenants.

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On sait qu’Apple n’est pas trop causant lorsqu’il s’agit de parler de « marges ». L’ Ademi, la société d’administration des droits des artistes et musiciens interprètes, a donné des chiffres qui révèlent une autre facette du métier de chanteur. Selon une étude basée sur 662 contrats d’artistes, un interprète toucherait seulement 0,04 euro, soit environ 4,7% de la vente d’un fichier MP3 vendu 1,29 euro sur iTunes France.

Pourtant, ce n’est pas Apple qui s’en « met plein les fouilles ». La firme de Cupertino ne prendrait que 15 % sur chaque fichiers. Et sur cette somme, il faut prendre en compte le coût (très) élevé de la bande passante et des serveurs, indispensable pour que les fichiers arrivent chez l’internaute. D’ailleurs, iTunes n’est pas très rentable pour le géant américain. Même si depuis quelques années, la société de Tim Cook a augmenté les prix de ventes de ses fichiers mp3, en les passant de 1 euro à 1,29 euro, la plateforme légale de musique ne rapporte pas beaucoup d’argent.

Une hypocrisie des majors ?

On nous bassine à longueur de temps avec le téléchargement illégal et sa responsabilité dans la crise de l’industrie du disque. Bien sûr, il est un des principaux responsables. Mais ce n’est pas le seul: les majors de disques préfèrent taper sur les pirates plutôt que de pousser leurs propres catalogues en ligne.

En 2011, les ventes de musique numérique ont bondi de 8 % a l’échelle mondiale, ce qui représente 5,2 milliards de dollars. De plus en plus d’internautes semblent se tourner vers l’offre légale de téléchargement. Celle-ci a dépassé pour la première fois les ventes de disques en janvier 2012, représentant 50,3 % des ventes de l’industrie musicale, toutes plateformes confondues. Les disquaires ont d’ailleurs fait leur entrée dans la triste liste des 10 industries américaines « disparues » ou « sur le point de disparaître ».

Le problème ne viendrait pas uniquement d’une diminution des ventes, mais plutôt des majors, toujours aussi gourmands. Bien évidemment,  le producteur est indispensable au bon déroulement de la diffusion et de la création d’un album. Cependant, la répartition des  bénéfices est plus qu’inégale, voir absurde. Les revenus sont toujours partagés entre artistes et producteurs, et ces derniers gagnent en moyenne 19 euros quand l’artiste en  touche 1 seul. La licence globale qui devait partager les revenus en trois tiers (artiste, compositeur, producteur) a toujours été boycottée par les labels. On comprend pourquoi.

Du côté des plateformes d’écoute en streaming, la rémunération est encore plus dérisoire. 0,0001 euro, c’est ce que touche un artiste lorsqu’un de ses titres est écouté en streaming légal gratuit sur des plateformes comme Deezer ou Spotify. Sur ce modèle, quand l’artiste gagne un euro, le producteur en touche 18.

 

Une réponse

  1. Carlos Matias

    Les pourcentages que vous indiquez ne correspondent pas aux valeurs énoncées…
    0.04 € sur 1,29€ donne un rapport plus proche de 3% que de 4,7%

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