Encore une belle sélection en ce vendredi, la salle de l’Arlequin, était pleine est le personnel qui nous reçoit à cet accueil chaleureux qu’on peut trouver dans ce pays qu’est le Brésil.

11103143_818312368240338_4642551088041408034_o

Les films présentés, comme depuis le début du festival sont tous passionnants. Dans la section cinéma et littérature, « Capitaine des Sables », un film de 2011 de Cecilia Amado d’après le grand écrivain Jorge Amado, son grand père. On y retrouve l’ambiance du livre, ses histoires du petit peuple brésilien. « Argentine, les 500 Bébés Volés de la Dictature » d’Alexandre Valenti documentaire terrible et poignant sur la manière dont fonctionnait la dictature militaire et comment elle plaçait les enfants des parents qu’elle avait assassinés, les « disparus » politiques, auprès des collaborateurs du pouvoir, les « bonnes familles chrétiennes ». « Histoire de Fausta » est une adaptation de livre de Naum Alves de Souza réalisé par Bruno Barreto en 1988 qui s’est fait connaître internationalement avec ce film et « Dona Flor et ses Deux Maris » d’après Amado. Fausta rêve de quitter la favela où elle vit avec son alcoolique de mari. Grâce au vieux Zé, elle voit de nouvelles perspectives. C’est un film truculent, énergique qui montre que la misère est difficile à vivre même au soleil et où chacun tente par ses petits moyens de survivre ; c’est une comédie fellinienne, menée tambour bâtant par Betty Faria un sacré tempérament d’actrice.

Chico Teixeira, à travers son deuxième long métrage de fiction, « Absence » continue de montrer le quotidien des Brésiliens de la classe populaire en prise avec des réalités socio-économiques difficiles. Abandonné par son père, Serginho, jeune ado débrouillard vit avec sa mère alcoolique et son petit frère. Il doit apprendre à faire face chaque jour aux besoins de leur vie quotidienne. Mais comment assumer autant de responsabilités à l’âge où l’on est en train de se construire ? Serginho semble prisonnier de la ville et de son histoire, il est interprété par un jeune adolescent qui fait vivre le film. Le film a été sélectionné à la Berlinade de 2015. Entre documentaire, cinéma intimiste et réalisme social il offre un film touchant où le manque de dramatisation, abus de clichés, nous laisse sur notre faim mais mérite d’être vu. La soirée s’est terminée dans la joie même si l’histoire de « Tim Maia » a été tragique. C’est un biopic de ce célèbre chanteur des années 70-80. Il est considéré comme le père de la Soul Brésilien ; Bien filmé, bien photographié et cadré, joué par des acteurs exceptionnels, Mauro Lima par sa mise en scène a su rendre, la force, l’audace, la truculence, la violence de ce personnage hors norme. Pendant le générique de fin sur un des tubes de Tim Maria, on entendait le public de l’Arlequin chanter ! C’est ça la magie de ce festival ! C’est la vie !

A ne pas manquer samedi 11 Samba&Jazz et le documentaire sur la divine Maria Bethania « Les Dames de la Samba » – Dimanche 12 le documentaire « Nul ne me Privera de mon Vécu », histoire d’une héroïne anonyme qui a sauvé des juifs en les aidant à émigrer vers le Brésil.

 *************************

Informations : www.festivaldecinemabresilienparis.com

A propos de l'auteur

Réalisateur, journaliste

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.