Changement pour le moins radical dans la politique extérieure de la Chine qui rejetait encore en 1971, lors de son entrée dans l’ONU, les missions de maintien de la paix. Elle propose aujourd’hui de se lancer dans la traque aux islamistes au Mali, en envoyant 500 soldats.

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ONU : la Chine en rédemption ?

En s’investissant dans la Mission intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (la Minusma), la Chine inaugure sa plus importante contribution à une mission d’opération de maintien de la paix de l’ONU. Initiative qui peut être interprétée à la fois comme une tentative d’apaiser les tensions avec les Occidentaux au sujet du conflit en Syrie mais aussi pour redorer l’image des relations commerciales qu’elle entretient avec l’Afrique, souvent taxées de néo-coloniales.

« Chinafrique » et polémiques

Les échanges entre la Chine et le continent africain ont été multipliés par douze en dix ans. Essor qui a valu le titre de premier bailleur de fonds à Pékin en 2009, suivi d’une promesse de prêts d’une valeur de 16,3 milliards d’euros à l’Afrique pour les trois années à venir.

Toutefois, cet investissement a parfois été perçu comme une intrusion, voire du pillage : tantôt soupçonnée d’acheter massivement des terres en Afrique, tantôt d’envoyer des « prisonniers » chinois en Afrique pour bâtir des routes, la Chine essuie les critiques acerbes, et souvent, non justifiées. Autant d’éléments qui reflètent l’incompréhension et la crainte suscitées par l’action menée par les Chinois en Afrique.

Du Made in China

Aller chez le « chinois » du quartier se fait aussi bien en Afrique que chez nous. Vous y retrouverez les mêmes vêtements bon marché et de piètre qualité qui suivent les tendances de la saison. Si le déficit commercial de l’Afrique avec la Chine dans le domaine du textile est passé de 200 millions à 1,35 milliard de dollars, cette intensification d’échanges commerciaux n’est pas que positive : l’Afrique recule dans ses efforts d’industrialisation, provoquant la colère de certains producteurs locaux.

Economiquement, la Chine construit de nombreuses infrastructures, et s’engage à faire de la rapidité et du bon marché les mots d’ordre de ces chantiers, en échange de matières premières. Le Soudan, l’Angola et le Nigeria (pétrole), l’Afrique du Sud (charbon, platine), la RDC et la Zambie (cuivre et cobalt) sont quelques uns de ses partenaires commerciaux privilégiés.

La Chine au garde-à-vous

Aujourd’hui, la Chine compte 2 000 hommes engagés dans des missions de l’ONU, pour la plupart en Afrique, soit plus de soldats que les autres membres du Conseil de sécurité (les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne et la France) : raison de plus pour ne pas sous-estimer l’empire du Milieu.

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