La France se situe dans une position moyenne voire plutôt mauvaise, et enregistre le taux de mortinatalité le plus élevé d’Europe (9,2 pour 1000 naissances). Faut-il tirer la sonnette d’alarme ?

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Le nouveau rapport EURO-PERISTAT 2013  a publié les données de la santé périnatale en 2010, prenant en compte 26 pays de l’Union Européenne, plus l’Islande, la Norvège et la Suisse. Les caractéristiques des femmes enceintes et des nouveau-nés, leur santé, les pratiques médicales pendant la grossesse, l’accouchement et le post-partum y sont classés.

La France manque les podiums

La France ne se trouve jamais parmi les cinq pays ayant les meilleurs résultats. Que ce soit en ce qui concerne la mortalité néonatale (décès dans les 27 premiers jours après la naissance) où elle se situe au 17ème rang, ou encore la prématurité (naissances avant 37 semaines d’âge gestationnel) où elle ne prend que la 10ème position.

L’évolution des pratiques médicales

Contrairement à ses voisins européens, la France n’hésite pas à mener une politique de dépistage des anomalies congénitales très actives, avec des interruptions médicales de grossesse d’IMG opérées tardivement (au-delà de la limite -de 22 semaines- d’inclusion  dans les naissances d’ EURO-PERISTAT, et adoptée généralement par les autres pays). Aussi, entre 40 et 50% des morts-nés dans le pays seraient dus à des IMG, un pourcentage bien supérieur à ce qu’affichent nos voisins européens. Un constat qui se doit à la distinction qu’établissent certains pays entre les IMG et les mort-nés, contrairement à nous.

Qui plus est, de plus en plus de naissances sont prises en charge par les grandes maternités (on est passé de 8% à 19% entre 2003 et 2010), même si ce taux reste relativement faible comparé à ce qu’affiche l’Ecosse par exemple (80%).

 Des grossesses plus risquées

On ne vous apprendra rien en vous annonçant que l’âge moyen des femmes enceintes est plus élevé qu’auparavant. Les femmes de 35 ans et plus portant la vie atteint ainsi les 19,2%, une moyenne satisfaisante par rapport aux autres pays, mais qui marque une claire augmentation par rapport à 2003 ou elle n’était que de 15,9%.

D’autre part, 9,9% des femmes sont obèses, un facteur risque grandissant, par rapport aux 7,4% affichés en 2003.

Sans oublier les femmes françaises adeptes de la cigarette pendant la grossesse qui représentent un pourcentage non négligeable de 17%, même s’il est en baisse par rapport à 2003 (21%). Mais mentionnons tout de même les 14% de femmes courageuses qui arrêtent de fumer au moment où elles tombent enceintes.

Enfin, même si certains de ces pourcentages peuvent paraître «choquants» pour un pays comme la France, il ne faut pas oublier de contextualiser ce rapport: dans la plupart des pays, les décès maternels sont très largement sous-estimés et  les statistiques ne sont pas effectuées avec autant de rigueur que leurs voisins.

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