Vingt-quatre ans après le massacre de la place Tiananmen, le sujet demeure tabou et les commémorations se déroulent sous haute surveillance.

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Hong Kong, le souffle démocratique

Hong Kong, bénéficiant d’un statut de semi-autonomie, (notamment par sa monnaie et son système judiciaire), sera une fois de plus la seule ville chinoise à commémorer la répression sanglante du mouvement de Tiananmen en 1989.

La ville, qui bénéficie alors d’une liberté d’expression exceptionnelle par rapport au reste du continent, s’attend à ce que 150 000 personnes au moins participent à l’événement sur la grande place de Pékin. Ainsi, 68% des Hongkongais condamneraient l’attitude des autorités chinoises en 1989 et seraient favorables à la promotion de la démocratie en Chine.

Si à la fin du mois de mai plus d’un millier de protestataires avaient déjà défilé devant le siège du gouvernement de Hong Kong puis devant le « bureau de liaison » de la République populaire au nom des victimes de la répression, des étudiants ont entamé ensuite une grève de la faim de trois jours dans un quartier commercial très fréquenté, pour tenter d’établir le contact avec le pouvoir. Aussi, « la déesse de la Démocratie », soit la version chinoise de la statue de la Liberté datant du souffle révolutionnaire de 89,  incite les passants à monter à l’étage de la City University of Hongkong où se tient un mémorial du 4 juin.

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Commémoration de la censure ?

Mardi, les autorités chinoises se sont efforcées d’empêcher toute commémoration, qui pourrait dénoncer la répression de ce mouvement démocratique. Aussi, l’accès à un cimetière où sont inhumées des victimes du mouvement de Tiananmen a été bloqué, en s’assurant bien de faire taire les quelques dissidents et défenseurs des droits de l’Homme. Les familles des étudiants tués – dont les chiffres varient toujours de plusieurs centaines à plusieurs milliers de victimes- ne peuvent se recueillir dans ce cimetière uniquement s’ils sont surveillés de près par les forces de l’ordre.

Mais la censure ne s’arrête pas là, la toile est elle aussi passée au crible.  Dans un pays où le « Great Firewall » (« Grande Muraille informatique ») est de rigueur, à l’approche du 24e anniversaire de l’écrasement de Tiananmen, Pékin veut donner l’impression aux internautes que ce sujet peut être librement discuté. Vendredi dernier, une requête comportant les mots clés « événements du 4 juin » pouvait déboucher sur des résultats, même s’ils sont en réalité filtrés et renvoient à des événements de 1976 et non 1989, laissant croire qu’un forum de discussion est ouvert sur le sujet. En bref, une substitution de l’habituel message de censure, « Conformément aux lois, règlements et politiques en vigueur, les résultats de votre recherche ne peuvent s’afficher », par un tissu de mensonges soigneusement préparés.

Cependant, ces nouveaux changements ne seraient pas appliqués de façon constante depuis vendredi matin, laissant penser que les autorités chinoises effectuaient des essais afin de perfectionner leur système de contrôle: la censure a bel et bien été rétablie aujourd’hui.

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Tensions et suspicions

Une succession de scandales de corruption a réveillé une certaine méfiance quant à l’intégrité des autorités hongkongaises: en mai, une enquête a été lancée concernant des dépenses excessives en cadeaux et repas lors de visites chez les autorités chinoises du continent. D’autre part, une claire scission semble s’approfondir entre les habitants « du continent » et les Hongkongais qui supportent de moins en moins la venue, toujours plus importante, de visiteurs (environ 35 millions par an), venant acheter des mini voitures de luxe à leurs enfants, et autres futilités hors de prix.

 

 

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