Les députés russes ont adopté mardi 11 juin un nouveau texte de loi interdisant toute «propagande» homosexuelle, un nouveau pas vers une politique familiale beaucoup plus bridée.

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Vers une nouvelle conception de la politique familiale

Depuis fin janvier,  le terme d’ «homosexualité» a été substitué par celui de «relations sexuelles non-traditionnelles». Hier, la Douma d’Etat est allée jusqu’au bout de ses idées : 436 députés russes ont adopté deux lois punissant tout acte de «propagande» homosexuelle devant mineur et réprimant les «offenses aux sentiments religieux».

Une premier pas vers une nouvelle conception de la politique familiale qui se met en place doucement mais sûrement, prévoyant de taxer les divorces, restreindre les avortements et impliquer plus fortement l’Église orthodoxe russe dans la vie quotidienne et politique.

Des amendes dissuasives, au nom du «politiquement correct»

Concrètement, la nouvelle loi interdit toute manifestation homosexuelle sur le territoire russe, y compris pour les étrangers.  Et en cas de violation de la loi, les amendes ne sont pas légères, on ne plaisante pas avec le «politiquement correct»: une personne physique se verra imposer une amende allant de 100 à 125 euros, et comptez entre 1.000 et 1.250 euros pour une personne dépositaire de l’autorité publique. Enfin, une entité juridique qui diffuserait ce type d’information dans les médias, y compris sur internet, pourrait bien écoper d’une amende allant jusqu’a 23 500 euros.

Touristes, ne faites pas vos malins, la loi ne vous a pas oubliés, vous pourriez bien payer jusqu’à 2500 euros, être détenus pendant 15 jours, voire être expulsés. Un mesure que l’ONG Human Rights Watch a dénoncée comme étant une discrimination et une violation des droits.

« La Russie n’est pas Sodome »

En réponse à ce nouveau texte de loi, des activistes LGBT ont organisé dans la journée un « kiss-in » (baisers en public) devant 200 contre-manifestants, qui n’ont pas hésité à leur jeter des œufs pourris, n’ayant qu’une phrase à la bouche : «la Russie n’est pas Sodome», avant d’entonner des chants religieux. Des heurts ont suvi et des militants homosexuels ont été arrêtés puis embarqués par la police (voir vidéo ci-dessous).


L’homosexualité: du «crime» à la «maladie»

L’homophobie est un fait commun en Russie. Aussi, 88 % des Russes soutiendraient l’interdiction de la propagande homosexuelle, et 54 % d’entre eux estiment qu’il faut punir l’homosexualité, qui était d’ailleurs considérée comme un crime jusqu’en 1993 et comme une maladie mentale jusqu’en 1999.  

Evitons les longs discours, les chiffres parlent d’eux-mêmes et font, disons-le, froid dans le dos: en 2013, 34% des personnes interrogées croient que l’homosexualité est une maladie, 23% une perversion, 17% le résultat d’une séduction, et seulement 16% la considère comme une simple orientation sexuelle telle que l’hétérosexualité.

Par conséquent, 49%des Russes souhaiteraient que l’on soigne les homosexuels soit psychologiquement, soit physiquement, 16% voudraient les isoler, et 5% estiment que la solution serait de les « liquider » physiquement. Enfin, 23% pensent qu’il faut les laisser en paix.

Pour une loi qui était sensée protéger le «sens de la famille» et ses enfants, ne risque-t-elle pas d’accroître  au contraire le mal-être d’une partie de sa population?

 

Une réponse

  1. L'Autre!

    Il n’y a pas si longtemps, il était normal de protéger l’enfant face aux dérives de certains adultes. Le simple bon sens a volé en éclat pour le plaisir d’une poignée obligeant la masse à adhérer à cette ineptie devenue la norme, propagande oblige. Il est curieux de voir à quelle vitesse les médias et les politiques ont retourné leur veste. Dans votre sphère privée, chers journalistes et chers politiques, que racontez-vous à vos enfants ?

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