Dénoncer la répression dont est victime la population tibétaine c’est être prêt à affronter une Chine rouge de colère…ou de peur ?

Tourné clandestinement, le reportage «Sept jours au Tibet» (voir ci-dessus) de Cyril Payen de France 24 s’attire les foudres de la Chine. Ce dernier ramène en effet les preuves que le «génocide culturel» que dénonçait le dalaï-lama en 2008 est toujours d’actualité. Et ce n’est pas pour plaire aux autorités chinoises qui aiment garder sous cloche ces zones sombres de leur actualité.

Stop aux « mensonges », sinon…

Depuis sa diffusion le 30 mai dernier, des membres de l’ambassade de Chine à Paris se sont rendus dans les locaux de la chaîne pour protester contre la mise en scène de tels «mensonges». La direction n’a pourtant en rien cédé et fait appel aux plus hautes instances de l’Etat, à des ONG des droits de l’Homme et des journalistes.

L’auteur du documentaire, quant à lui, doit faire face à des stratégies d’intimidation depuis son retour à Bangkok le 4 juin, recevant des messages peu cordiaux d’une diplomate chinoise, entre autres: « Si vous ne vous rendez pas à l’ambassade avant le 11 juin, il faudra que vous en tiriez toutes les conséquences ». A la suite de ces menaces, le journaliste confie qu’il craint cette contre-attaque, et n’en dort plus. Seul moyen de protection dont il dispose : diffuser l’info auprès des médias et du Quai d’Orsay. L’association RSF (Reporters sans frontières) dénonce en particulier l’implication «non tolérable» de diplomates qui utilisent encore la menace comme arme contre la liberté de la presse.

India China Tibet Protest

Les immolations des Tibétains se succèdent, face à l’indifférence des autorités chinoises

Tibet, les cendres de l’espoir

Aujourd’hui, la région autonome du Tibet n’existe que sur le papier, toutes les décisions concernant cette région étant en réalité prises par le pouvoir central. Réclamant une vraie autonomie du Tibet pouvant protéger sa culture et sa religion, au moins 117 Tibétains ont mis le feu à leurs vêtements depuis 2009. Actions que le dalaï-lama estime peu efficaces du point de vue politique: «C’est triste ce qui se passe. C’est très triste, bien sûr. En même temps, permettez-moi d’exprimer des doutes sur les effets de telles actions radicales». Des doutes qui lui valent le mécontentement des Tibétains eux-mêmes, ne voyant plus que cet ultime recours pour faire réagir les autorités chinoises.

Autrement dit, les Tibétains se heurtent à l’insensibilité des autorités chinoises, qui prouvent, une fois de plus, leur grand sens de la «Liberté», en lançant leurs diplomates aux trousses des journalistes occidentaux… au nom de la «vérité», bien entendu.

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