Ne vous y trompez pas. Sarkozy a annoncé hier qu’il souhaitait « rompre la décision qui était la sienne de se retirer de la vie politique ». Mais il ne s’agit en aucun cas d’une « rentrée politique », voyons!

Etape n°1 : se faire désirer

Bien sûr que oui, M. l’ex-président avait « définitivement renoncé » à la politique, comme il l’avait annoncé en mai 2012 à la suite de sa défaite, tel un mauvais joueur. Mais soyons honnête, on se doutait de son retour imminent. Malgré les petites déclarations de Carla qui se voulaient « claires » -son mari en a bel et bien fini avec la politique, voyons, cessez avec ces rumeurs on ne peut plus infondées- personne n’a vraiment été dupé.

Et jusqu’au bout, le couple Sarkozy aura tenu son rôle sur fond de Dis, quand reviendras-tu ?  de Barbara. Pour son premier retour  au siège de l’UMP depuis 2007, ce dernier avait twitté qu’il ne s’agissait en aucun cas d’une « rentrée politique », et qu’il ne sera là que pour « Parler aux Français de France »… arborant le polo UMP, accessoirement.

Etape n°2 : Enfiler le caleçon de Superman

Bien entendu, si Nicolas Sarkozy est revenu, c’est en tant que sauveur. Lors de cette réunion à huit-clos, il a notamment évoqué l’invalidation de ses comptes de campagne de la présidentielle de 2012, avant d’ajouter: « Cela m’a paru suffisamment important pour rompre la décision qui était la mienne de me retirer de la vie politique…Qui aurait compris que je vous laisse dans cette situation ?» .

Et pour bien faire comprendre qu’il revenait seulement parce que les UMPistes coulaient sans lui, il n’a pas oublié de préciser : «J’ai approuvé l’appel de Jean-François (Copé), mais je me suis dit peut-être que ça donne un coup de main si je m’y mets un peu!  Dans le fond, à quoi cela sert-il d’avoir un million d’amis sur Facebook ?».

Etape n°3 : remettre les talonnettes

Le vrai-faux retour en politique de Sarkozy n’a pas attendu pour faire pleuvoir les réactions. Si d’un côté les militants sont devenus euphoriques (ils étaient probablement les derniers sur cette Terre à ne pas se douter de ce retour), ce coup de théâtre n’a pas été du goût de tout le monde. Le retour du « big boss » est célébré à coups de « Hollande en Corrèze, Sarkozy à l’Élysée ! » que les militants s’empressent de scander.

Et l’ex-Président semble avoir embauché une troupe de comédiens entre-temps puisque ses proches assurent à leur tour qu’il n’a fait ce discours que pour « Prouver qu’il est responsable et solidaire. Mobiliser son parti et les Français pour sauver l’UMP de la faillite. Rien de plus ». L’ex-président affirme que «cette décision prise par le Conseil crée une situation grave et inédite. La question n’est pas celle de l’UMP, mais celle du pluralisme démocratique». Comprenez-le bien, il ne sauve pas seulement son parti, mais le principe démocratique tout entier.

Etape n°4 : Renforcer l’animosité

Très vite,  le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, raille «le faux retour de Nicolas Sarkozy» et condamne «l’opération de victimisation» de l’UMP et de son ancien candidat à la présidentielle qui n’a pas «respecté les règles élémentaires sur le financement de sa campagne». Il n’oublie pas de rappeler que cette situation, qu’il prétend vouloir arranger comme sauveur, il en est avant tout l’auteur: « Il est le responsable de cette situation, puisque la commission nationale (…) et ensuite le Conseil constitutionnel ont considéré que le candidat Nicolas Sarkozy n’avait pas respecté les règles élémentaires sur le financement de sa campagne ».

Et puis François Fillon, candidat déclaré à la primaire de 2016 et en froid avec Sarkozy, est parti sans prononcer un mot. Quant à son lieutenant Éric Ciotti, il s’est contenté de souffler: « Nicolas Sarkozy est revenu au siège de sa famille politique, donc, bien entendu, on ne peut pas nier que c’est une forme de retour… Mais je n’en tirerai pas des conséquences sur les échéances futures. »

Il semblerait que le couac financier de l’UMP ne soit pas la seule fissure au sein du parti, mais qu’un véritable problème d’unité demeure pour qu’il puisse revenir avec cohérence sur le devant de la scène.

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