Un film de Jonas Carpignano avec Pio Amato, Koudous Seihon, Iolanda Amato et Damiano Amato. Sortie le 20 septembre 2017.

L’Histoire

Pio a 14 ans et veut grandir vite. Comme son grand frère Cosimo, il boit, fume et apprend l’art des petites arnaques de la rue. Et le jour où Cosimo n’est plus en mesure de veiller sur la famille, Pio va devoir prendre sa place. Mais ce rôle trop lourd pour lui va vite le dépasser et le mettre face à un choix déchirant.

L’avis

Les deux longs métrages de Jonas Carpignano « Mediterranea » et « A.Ciambra » se passent à Gioia Tauro, une ville du sud de l’Italie. Le premier était centré sur deux migrants africains et leur arrivée en Italie après leur dangereuse traversée et le second sur la famille Amato, qui appartient à la communauté rom. Le metteur en scène se rappelle : « La première fois que j’ai rencontré les Amato, c’était en 2011, quand on m’a volé la Fiat Panda dans laquelle était stocké tout le matériel de tournage de mon équipe. C’était à Gioia Tauro où nous tournions A.Chjana (le court métrage qui devait devenir plus tard Mediterranea). Dans cette ville, quand une voiture disparaît, la première chose à faire est  d’aller voir les gitans. Et c’est comme ça que j’ai pu découvrir la Ciambra pour la toute première fois. »

Carpignano propose un documentaire-fiction haut en couleur chez les Rom. Tout tient dans ce film sur la hargne qu’apporte Pio, le jeune héros; on trouve dans « A.Ciambra » une verve néoréaliste d’antan ; il aurait pu être écrit par de Sica. La brutalité dans les rapports des personnes qui jouent leur propre rôle, où violence et tendresse se mélangent est empreinte d’une certaine poésie. Carpignano filme ce monde avec ses codes sans y apporter de jugement moral. La rencontre entre l’univers des Roms et celui des Africains est un peu caricaturale mais le couple Pio – Koudous est  assez poignant pour qu’on s’y intéresse. Carpignano filme avec beaucoup d’énergie ce voyage initiatique de cet adolescent qui tente de devenir adulte et cherche sa place dans ce monde en marge de la société. « A. Ciambra » est un cinéma attachant et fragile qu’il faut défendre comme l’a fait Martin Scorsese. La musique du compositeur Dan Romer est un soutien important du film.

A propos de l'auteur

Réalisateur, journaliste

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