Un film de Kinh Hu avec Hsu Feng, Shih Chun, Bai Ying et Tien Peng. Sortie le 29 juillet 2015.

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L’histoire

La Chine sous la dynastie Ming. Yang Hui-Chen, dont le père a été assassiné par la police politique du Grand Eunuque Weï, a réussi à s’échapper avec l’aide de deux généraux rebelles. Ayant trouvé refuge dans une citadelle frontalière abandonnée, la jeune fille est repérée par des espions impériaux. Pour l’aider à affronter les gardes lancés à sa recherche, elle trouvera un soutien inespéré auprès de Ku Sheng-chai, un jeune lettré qui se révèle un redoutable stratège, et surtout de Maître Hui-Yuan, un moine bouddhiste dont la force spirituelle n’a d’égale que sa maîtrise des arts martiaux…

L’avis

C’est la première fois que l’on peut enfin voir la version intégrale – près de trois heures –  de ce chef d’œuvre mythique du cinéma de films d’arts martiaux. Depuis sa sortie en 1971 « Touch Of Zen » a été mutilé une bonne dizaine de fois et c’est grâce à Pierre Rissient qui l’a fait venir à Cannes en 1975 que l’on découvert son réalisateur King Hu. Il a influencé tout un cinéma que l’on connaît aujourd’hui tel que les « Kill Bill », « Poignards Volants » ou autre « Tigre et Dragon ». « A Touch of Zen » a été tourné sur plus de trois ans et c’est le premier film chinois qui a reçu une récompense cannoise. C’est d’abord un film d’une beauté stupéfiante avec une mise en espace originale et bien sûr une chorégraphie des combats ahurissante à laquelle on est habitué aujourd’hui ; mais à la vision de ce film on s’aperçoit combien, il y a plus de quarante ans, elle était déjà parfaite. Le cinéaste avait su absorber le cinéma occidental de Sergio Leone par l’emploi du cinémascope, des effets de montage des westerns spaghetti mais aussi le cinéma japonais, les films de samouraïs de Kurosawa par exemple. S’ajoute dans le cinéma de King Hu l’art de l’opéra chinois; c’est ce mélange subtil qui fait tout le l’attrait du film. On doit féliciter Carlotta Films pour son courage de distribuer tout un pan de films passionnants mais devenu invisibles ; elle propose dans les semaines à venir un autre film de King Hu tout aussi fou : « Dragon Inn ». Voilà un cinéma jouissif à ne pas manquer !

A propos de l'auteur

Réalisateur, journaliste

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