Un film de Gérard Guerrieri avec Michel Ferracci, Jacques Leporati, Gérard Guerrieri, Pierre Antonetti, Don Pierre Salasca, Fabien Jegoudez…

L’histoire :

En 1974, trois frères corses se retrouvent chez un notaire suite au décès de leur mère. On les informe que l’un des trois est le fils illégitime d’un officier SS (rattaché aux Deutsches Afrikakorps) ayant séjourné sur l’île de beauté brièvement vers la fin de la guerre. Si dans un premier temps cet nouvelle les embarrasse, très vite, la perspective d’hériter du trésor caché de Rommel les pousse à revoir leurs considérations morales à la baisse. Une folle course au magot nazi commence alors…

L’avis :

À la manière d’une comédie légère et gauloise dans la veine de Joël Séria ou de Christian Gion, Afrika Corse réussit, malgré de faibles moyens de production, à restituer une certaine ambiance franco-seventies presque avec brio. Les costumes pas possibles, les coupes de douilles à la mords-moi-le-nœud, les vieilles bagnoles, tout y est… sauf l’essentiel : de vrais acteurs. À la différence d’autres films tout aussi absurdes comme Pétrole ! Pétrole ! ou même Calmos, Afrika Corse pèche par un scénario plus que bancal et des dialogues dignes d’une conversation entre coquilles Saint-Jacques. Pas une seule vanne n’est drôle. Tout tombe à plat. D’un point de vue textuel, c’est dramatique. En comparaison, même le modeste et récent La loi de la jungle passe pour un film à texte…

Que dire alors ? Que c’est mauvais ? Oui, c’est vrai : c’est mauvais. Si les premières minutes du film vous emportent vers un petit quelque chose de doux et d’agréable fait de nostalgie bienveillante et d’une volonté assumée de ne pas se prendre au sérieux, on ne parvient qu’à s’ennuyer pendant tout le reste de la projection.

Malgré cet état des choses, le travail du réalisateur, Gérard Guerrieri, mérite que l’on s’y intéresse. Mieux : il semble être le seul cinéaste actuel en mesure de relancer ce sous-genre de comédie « gaudriolesquement » beauf que l’on semble oublier et, de fait, exclure progressivement du patrimoine pop français depuis que Jean-Pierre Marielle a troqué sa moustache brune contre une barbe grise et qu’Audiard père, Blier père, Carmet ou encore Noiret ont cassé leur pipe.

Entre nous, Gérard, lâche le morceau : ça aurait sacrément de la gueule des répliques du genre « J’ai bon caractère mais attention, j’ai le glaive vengeur et le bras séculier ! » dans ton prochain long-métrage, non ? J’entends déjà Marielle, de sa voix caverneuse, soliloquer sur un cul ou lancer un « tu sens la pisse toi, pas l’eau bénite. » Je ne sais pas si c’est clair… Un peu plus de Frédéric Dard, quoi ! C’est ce qu’il manque à tes films, je crois. Bon, trêve d’exemples foireux, j’extrapole, mais tu vois ce que je veux dire, n’est-ce pas ? Si tu muscles tes dialogues et tes scénarii, je deviens ton plus grand fan.

 

Much love Xx

Raffaël

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.