Un film de Claudio Giovannesi, avec Nader Sarham, Stefano Rabatti et Brigitte Apruzzesi. Sortie le 29 avril 2013. Critique.

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Nader Sarham

Nader, jeune romain d’origine égyptienne, est tiraillé entre le poids de son origine et son désir d’intégration. Lorsqu’il annonce à sa famille son amour pour Brigitte, une jeune italienne, ses parents s’opposent catégoriquement à cette relation contraire à leur culture. Nader décide alors de quitter son domicile familiale et d’y revenir que lorsque ceux-ci auront changé d’avis. Courageux et amoureux à l’instar d’une fable contemporaine, il se retrouve livré à lui–même à la recherche de sa propre identité.

« Ali a les yeux Bleus » est un film qui parle de l’adolescence vécue dans une banlieue romaine (qui ressemble à toutes les banlieues des grandes villes) à travers le regard d’un jeune émigré de deuxième génération. Pour approcher au plus près de la vérité comme le faisait le cinéma néo-réaliste italien de Rossellini, de De Sica, Giovannesi a filmé en adoptant cette position moyenne entre scénario, réalité et documentaire de vrais protagonistes. Il peine à romancer la vie réelle de Nader, d’Hosny et Fatima, ses parents, et Brigitte la fille dont il est réellement amoureux. La caméra est comme en filature constante sur cet adolescent, et les conflits qu’il n’arrive pas à résoudre. Nous sommes pratiquement dans une sorte de documentaire-fiction sur une semaine dans la vie de Nader et de son compagnon italien Stéfano, son modèle occidental, dans lequel il s’identifie mais aussi se distingue en tant qu’arabe et musulman. Le film est une tranche de vie, de vécu. Les interprètes ont mis en scène leur propre authenticité, leurs propres émotions. Cela donne un film d’une fraîcheur, d’une justesse, d’une humanité impressionnante. Et cela prouve aussi la qualité du réalisateur qui ne tombe jamais dans le voyeurisme. Claudio Giovannesi avait déjà travaillé avec Nader sur un documentaire « Fratelli d’Italia » qui racontait les histoires de trois adolescents d’origine étrangère qui fréquentaient le même collège. Nader était celui qui représentait la seconde génération.

Nader est un acteur né (récompensé au Festival d’Angers 2013), bourré de charme avec ces lentilles bleus et une énergie débordante. La caméra de Giovanessi sait se faire oublier au profit de l’instant. Ce film attachant montre qu’il n’y a pas de solution au conflit vécu par Nader. Comme le dit justement Claudio Giovannesi : « Il ne lui reste que la conscience et la richesse de sa propre contradiction » ; C’est un film qui pose les bonnes questions, qui ne tente pas d’être moralisateur. Cela mérite qu’on s’y attarde pendant 99 minutes. Le film a d’ailleurs reçu de nombreux prix italiens et internationaux. Et ce n’est pas pour rien.

Bande-annonce : 


ALI A LES YEUX BLEUS – Bande-annonce [VOST|HD… par NoPopCorn

A propos de l'auteur

Co-fondateur de Roads Magazine / Responsable de la rubrique Culture (sur twitter : @BonhommeVincent) / Web Designer (plus d'info sur : vincentbonhomme.github.io/resume/)

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