Un film de Ridley Scott avec Katherine Waterston, Michael Fassbender, Guy Pearce et James Franco. Sortie le 10 mai 2017.

L’histoire

Le Covenant est un vaisseau spatial de la société Weyland-Yutani. À son bord, l’équipage vole vers une planète située à l’autre bout de la galaxie avec des milliers de colons. Pensant atterrir sur une planète en tout point paradisiaque et encore inexplorée, il découvre que le seul habitant est l’androïde David, unique survivant de l’expédition maudite du vaisseau Prometheus dix ans plus tôt. Il va tenter d’échapper à ce monde froid et dangereux.

L’avis

La première scène du film – entre le père (le génial Guy Pearce) et le fils, sa créature, David (l’androïde joué par Fassbender) – est superbe. Mis à part un dialogue pompeux, métaphysique de pacotille, et la musique des dieux dans le Valhalla de Wagner, le cadrage, la photo, la mise en scène hyper stylisée, très pub (Ridley Scott a commencé dans les films publicitaires), nous faisaient penser qu’on allait assister à un grand et original film. Hélas on a vite déchanté.

Tout est banal dans le scénario. On aura dans le désordre : quelques bébêtes très méchantes qui vont faire très peur et mal aux cosmonautes plus qu’aux spectateurs (on les connaît depuis presque trente ans ces Aliens), quelques scènes gore bien saignantes – l’époque le permet – une scène de douche erotico-horrifique assez ridicule, les fameux œufs et la bête qui saute au visage, ici c’est celui du capitaine du vaisseau assez con con il faut bien le dire (on se fout de ce qui lui arrive, il n’avait pas à être aussi bêtement curieux), aux Aliens qui sortent bien bien saignants des corps, la scène de cache cache dans le vaisseau entre l’Alien et les cosmonautes paniqués, le combat final, remake de celui de Ridley avec la bête…

Bref tout cela, ça fait quarante ans qu’on nous le ressert. La partie la plus intéressante du scénario est finalement le combat manichéen entre les deux androïdes David celui qui a mal tourné du début du film (revoir « Prometheus ») et Walter le gentil GO du Convenant. Les deux « robots » sont joués bien sûr et magnifiquement par Michael Fassbender, aperçu dans la franchise précédente. Le pseudo discours philosophique et existentiel à la « Blade Runner » entre Fassbender et Fassbender est toujours aussi cul cul. Le film aurait pu s’appeler « Alien, Walter vs David » ! On ne s’attache à aucun des personnages et c’est bien dommage. Ridley, please come back.

On n’est quand même bien loin du fantastique et terrifiant  « Alien le huitième passager » et les trois suivants. Bon on ne va pas bouder le plaisir des accrocs à la série, on regarde ce spectacle galactique avec sympathie, sans trop s’ennuyer, sans surprise, on est impressionné par les trucages délirants qu’on peut réaliser aujourd’hui, mais de nombreux blockbusters les utilisent aussi.

Le film aura sûrement un oscar pour ses effets spéciaux. La musique de la nouvelle coqueluche d’Hollywood Jed Kurzel est efficace ; le suspens est absent et on devine vite la fin. De votre côté, si vous voulez trembler de peur c’est alors « L.I.F.E » qu’il faudra aller voir. Il paraît même que la franchise nous en prépare deux autres. On a déjà eu « Alien vs Predator », on attend donc avec impatience « Alien vs Batman » et « Alien vs Superman ». On en tremble d’avance.

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A propos de l'auteur

Réalisateur, journaliste

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