Who are the Anonymous ?

Arthur Beaufils 17/03/2012 0

anonymous guy fawkes 300x168 Who are the Anonymous ?

En près de deux mois, Anonymous est monté au front à de très nombreuses reprises et a été fortement médiatisé, aussi bien dans les journaux qu’à la télévision.

Révélation d’informations confidentielles concernant une aide de plus d’un milliard de dollars que Téhéran aurait accordé à Damas, revendication de la paralysie du site de la CIA, importantes manifestations dans les rues des grandes villes européennes afin de dénoncer l’imprécision du traité ACTA (Anti-counterfeiting trade agreement, en français, Accord commercial anti-contrefaçon) et le danger qu’il représente pour la liberté d’internet, attaque du site de l’Elysée et des serveurs du FBI pour venger la fermeture de MegaupLoad… Rien ne semble échapper au regard d’Anonymous.

Une entité qui se revendique « non affiliée » 

Présents sur tous les continents, ces hackers s’opposent aux décisions gouvernementales impliquant une quelconque forme de censure sur le net. Convaincus que la toile appartient aux internautes, ils refusent la moindre forme d’autorité ou de contrôle sur les informations qui circulent en ligne, et ce tout en dénonçant la violation de la vie privée engendrée par la collecte d’informations personnelles sur les réseaux sociaux. Il s’agit d’une collectivité plus que d’un groupe organisé. Il n’existe aucune hiérarchie ou leader, les décisions étant prises de façon commune sur des sites de discussions avant d’être relayées aux autres membres par le biais de vidéos postées sur Youtube ou de messages laissés sur des forums. En avril 2008, Chris Lander, un journaliste américain travaillant pour le Baltimore City Paper, les décrivait ainsi : ‘Anonymous est la première superconscience construite à l’aide de l’Internet.’ Et c’est bien de cela qu’il s’agit.

Chaque adhérant est autonome et libre de participer ou non aux attaques, pouvant se détacher du groupe quand bon lui semble. Il arrive ainsi que les Anonymes de certains pays se retrouvent en désaccord avec leurs pairs étrangers et décrient leurs actions qu’ils jugent non fondées ou sans rapport avec les fondamentaux politiques et philosophiques du mouvement.

L’aspect pratique…

Lors de leurs apparitions en public, les Anonymes dissimulent leur visage, exprimant ainsi un renoncement à leur individualité au nom d’une cause supérieure : la défense des droits des internautes. Ces masques sont tirés du film V pour Vendetta dont le personnage central, Guy Fawkes, est un activiste cherchant à détruire un gouvernement corrompu. Lors de ses exactions, il cache son visage derrière un masque paré d’un large sourire, déguisement repris dans la scène finale de l’oeuvre par une armée d’inconnus prenant possession d’un Londres fictif. Cette foule bien décidée à reprendre le pouvoir illustre à la perfection l’idéal du groupe Anonymous qui s’en est approprié le principal symbole. Sur un plan plus pratique, l’engouement pour ces masques rempli aujourd’hui les poches des revendeurs de produits dérivés dont les stocks, pourtant régulièrement réapprovisionnés, sont très vite vidés par les activistes.

Partisans du téléchargement illégal et du partage des informations, les membres d’Anonymous refusent le contrôle que les gouvernements cherchent à imposer sur la toile, et se présentent comme une armée protectrice du web. Ainsi, toutes les vidéos qu’ils postent sur YouTube se terminent par leur devise : ‘Nous sommes Anonymes. Nous sommes légion. Nous ne pardonnons pas. Nous n’oublions pas. Attendez vous à nôtre venue.’ Pour communiquer entre eux, ces personnes utilisent des sites de conversations en ligne tels qu’IRC (Internet Relay Chat), Mibbit ou encore 4Chan. Dissimulés derrière des pseudos et parfois même des VPN (Virtual private network) permettant de dissimuler leur adresse IP -ce qui pourrait permettre de les identifier- ils peuvent communiquer librement.

Une popularité croissante.

Ce mouvement qui rassemble de plus en plus de partisans et dont l’activité est en constante augmentation parle à l’inconscient populaire. Défenseurs des opprimés, ils prennent en un sens le rôle du héros dans un livre de science-fiction particulièrement réaliste, offrant une nouvelle fin au 1984 de Georges Orwell. Plutôt que d’échouer face à Big Brother, Winston Smith réussi à contrer et punir ce système qui cherche à entraver la liberté des citoyens.

18982 1 other wallpapers anonymous 300x187 Who are the Anonymous ?Ainsi, sur IRC, la grande majorité des internautes se disent en faveur de ces anonymes qui cherchent à protéger les libertés du net. Par exemple, pour Delta567 ‘ils ont le droit de manifester contre des lois qu’ils considèrent comme allant à l’encontre de leurs libertés fondamentales. La seule différence entre eux et des manifestants lambdas, c’est qu’ils agissent derrière un clavier et réussissent à se faire véritablement entendre’. Certains utilisateurs de ces serveurs nuancent cependant leurs propos en admettant que quelques uns des Anonymes ne sont sans doute rien de plus que des jeunes ne comprenant pas véritablement la portée de leurs actes et l’illégalité du hacking. DarkChevalier écrit ainsi que ‘l’image d’Anonymous est très séduisante, mais qu’il faut être conscient qu’en cliquant sur l’icône permettant de lancer l’attaque, ces idiots quittent le domaine du légal et sont pénalement punissables’.

Ce mouvement plait autant qu’il dérange et est tout autant philosophique que politique, bien que les membres se défendent de soutenir le moindre parti ou candidat. Cependant, il faut également considérer cet organisme pluricellulaire comme un phénomène de mode et de société, la formation d’une nouvelle catégorie sociale qui se sent flouée de ses droits : les enfants du net et donc, par définition de l’intangible. Cette partie de la population pour qui la loi ne parvient pas à suivre l’avancée de la technologie exige une certaine reconnaissance de la part des politiques et réclame le droit d’une liberté absolue dans l’univers qu’est l’Internet.

Par C. Bouju

Réagir à cet article »