Menés au score à deux reprises, les Bleus se sont finalement imposés en Biélorussie (4-2). Une victoire qui assure à la France sa place en barrages mais qui n’ôte nullement des doutes bien ancrés.

France-Biélorussie

Il n’y a rien de rationnel dans le football. Face à la Biélorussie, l’équipe de France s’est chargée de légitimer ce fait. Complètement à la rue en première mi-temps et menés au score à deux reprises pendant le match, les Bleus ont eu le sursaut d’orgueil tant attendu pour s’éviter une nouvelle désillusion. Quatre jours seulement après son mutisme face à la Géorgie (0-0), on a longtemps cru que les Bleus allaient poursuivre leur traversée du désert. En plein doute, la fébrilité devient contagieuse. Epargné jusqu’à présent, Hugo Lloris sombre à son tour et se troue sur un corner et une tête de Filipenko à la demi-heure de jeu. A cet instant, on comprend que le mal est bien profond. Et le Brésil ne ressemble plus qu’à un vulgaire mirage.

Ribéry, la France forte

Au retour des vestiaires, sans doute galvanisé par le discours de Patrice Evra à la pause d’après ses propres mots, Franck Ribéry se charge de sonner la révolte en transformant un pénalty obtenu par ses propres soins. A défaut de rassurer qui que ce soit, cette égalisation a au moins le mérite de balayer le triste record datant de 1924 (500 minutes sans marquer). Dans l’incapacité de créer un semblant de jeu et ce malgré le retour du 4-2-3-1 prometteur, les Bleus s’exposent aux contres biélorusses. Emmenés par un Hleb, toujours aussi facile balle au pied, les locaux reprennent l’avantage sur une nouvelle boulette du capitaine français suite à une frappe en dehors de la surface de Kalachev.

Sonnés, les ouailles de Didier Deschamps s’en remettent une nouvelle fois au meilleur joueur UEFA de la saison. Bien servi par Mathieu Valbuena, Franck Ribéry s’offre un doublé. Sept minutes seulement après son entrée en jeu, Samir Nasri se charge d’extirper la France du piège biélorusse, en inscrivant la copie conforme de son but polémique face à l’Angleterre à l’Euro. Paul Pogba – précieux dans l’entrejeu – se charge de faire le break à un quart de la fin d’un match aussi déroutant qu’inquiétant.

Un collectif en berne

Si la France, grâce à ce succès, assure à 99% sa place de barragiste, il n’enlève en rien les inquiétudes qui planent sur elle. Défensivement, rien de nouveau à l’horizon. Le brouillard s’est même installé au dessus des cages d’un Hugo Lloris habituellement irréprochable. Dans les couloirs, Gael Clichy – préféré à Patrice Evra – a été trop timide. Tout comme Bacary Sagna, pas aidé par un Dimitri Payet, transparent et incapable de peser sur un flanc droit laissé à l’abandon. Au milieu, Paul Pogba a eu le mérite de donner un semblant de vitesse et de mouvement à un jeu français qui en manque cruellement. Idem pour Matuidi, qui malgré son déficit technique, ne cesse par ses courses et sa disponibilité, d’offrir un liant entre le milieu et l’attaque.

Pour le reste, Ribéry s’est enfin vêtu de son costume de patron des Bleus, capable sur des initiatives personnelles, de forcer le destin. Valbuena et Nasri, à l’aise au cœur de ce 4-2-3-1, se sont chargés de réanimer un jeu trop souvent dénué de créativité. Sur le front de l’attaque, enfin, Giroud n’a fait que confirmer ce que l’on savait déjà. Les Bleus sont dans l’incapacité d’alimenter leur attaquant de pointe. Si le Gunner a au moins le mérite de ne pas dézoner comme Benzema, il peine à s’offrir de réelles situations de buts.Frustrant.

Au final, tenter de trouver un semblant de logique à ce match reviendrait à déchiffrer les expériences capillaires de Benzema. Une chose est sûre, les Bleus ont su réagir au contraire d’agir. Une nouveauté dans cet amas d’interrogations que suscite l’Equipe de France. Le chantier collectif paraît trop grand à moins d’un an de la Coupe du monde. Dès lors, les Bleus doivent se rendre à l’évidence. Cette équipe n’est jamais aussi mal à l’aise que lorsqu’elle doit faire le jeu. Difficile à accepter, mais nécessaire pour qu’un nouveau rêve bleu ne se transforme pas une fois de plus en cauchemar.

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Journaliste Sportif

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