Des BO de films qui tournent autour de personnages féminins.

« In The Fade », « I,Tonya », « The Crown », « Molly’s Game », « All The Money in the World », « The Post », « Outlander saison 3 », « The Shape of the Water », « Revenge » et aussi dans la comédie musicale « The Greatest Showman » sont tous centrés sur des femmes !

Même si Jackman a le rôle principal dans « The Greatest Showman », les femmes ont de très beaux rôles (Michelle Williams, Zendaya, Keala Settle). La chanson primée aux golden globes « This is Me » risque d’être oscarisée. Elle est chantée par la femme à barbe alias Keala Settle – Masculin/ féminin, Noir et Blanc sont mélangés, on est au XXIème siècle aux USA ! Quel cirque ! ….La musique est de Benj Pasek et Justin Paul (on leur doit la petite rengaine oscarisée « City of Star » de « La La Land » ; « This is Me » est sympathique sans plus, comme ce film qui s’inspire de la vie de Barnum. Les arrangements ne sont pas très inventifs, on est loin des comédies musicales d’antan (Atlantic / 20th Century Fox n° 7567865927).

Dans « The Shape of the Water » de Guillermo Del Toro, on retrouve une chanson qui a eu, elle, un oscar en 1943 – « You’ll Never Know » – interprétée par Alice Fay pour la comédie musicale « Hello Frisco Hello ».

Ici c’est la très grande chanteuse d’opéra, René Fleming, qui l’interprète. Des allusions aux cinémas des années cinquante et la présence de chansons très célèbres chantées par Edith Piaf, Carmen Miranda, Madeleine Peyroux, Catherina Valente, Andy Williams, sont saupoudrées tout le long du film. Même si le film se passe pendant la guerre froide, on est en 2018, et le transgenre est à la mode ; on y retrouve le thème de « This is Me » (voir plus haut). Les personnages principaux sont deux femmes (une noire, une blanche) et une bête (féminin /masculin ?)! Les hommes sont des salauds qui ne savent que violer, tuer. L’héroïne muette, mais pas sourde, préfère s’offrir aux nageoires et au pédicule magique de la créature qu’à ces salauds d’hétéros ! Il n’y a que l’homo qui accepte sa différence de nature amoureuse ! On ne peut que le remarquer Del Toro flirte énormément avec l’univers de Jean-Pierre Jeunet ; un hommage ?, un plagiat ? Même la musique excellente de Desplat, old fashion a des accents frenchy, so Montmartre ; vous avez dit Montmartre ? La rue Lepic par hasard ? Allez un peu d’accordéon pour rajouter du folklore année cinquante, « Amélie Poulain », « La Cité des Enfants Perdus » revisités … Du film on retiendra la musique de ce compositeur qui lui aussi a retrouvé les racines d’un certain cinéma d’antan. Ce cd est à placer à côté des musiques de Delerue, mais la nostalgie n’est plus ce qu’elle était ? (Decca B076K66S39).

Pour retrouver des musiques de films d’antan c’est le travail de fourmi que fait Music Box. Ici aussi les héroïnes sont à l’honneur dans ces trois bandes originales (MBR-131), composées par Luis Bacalov : « L’Art d’Aimer »  (1983) de Walerian Borowczyk, « Le Jeune Marié » (1983) de Bernard Stora et « Un Amour Interdit » (1984) de Jean-Pierre Dougnac. Le double CD est un condensé du savoir-faire du compositeur italo-argentin qui brasse avec brio plusieurs univers musicaux : des mélodies romantiques et empreintes de nostalgie pour « Le Jeune Marié », des thèmes lyriques et baroques pour « Un amour interdit » (magnifiques Brigitte Fossey et Emmanuelle Béart), une écriture violente et incisive pour « L’Art d’Aimer ».

Music Box édite aussi des compositeurs du moment et surtout Rob. Avec « Revenge », une héroïne est encore de la fête, enfin pas vraiment car ce qu’elle vit n’est pas une situation de tout repos ! Rob (« Maniac », « Le Bureau des Légendes », « Made in France »…) a composé la musique de ce premier film de Coralie Fargeat (MBR-134). Cette jeune réalisatrice qui avait fait un court métrage intéressant a pris des risques en renouvelant les codes du film de genre. Trois riches chefs d’entreprise quarantenaires, mariés et bons pères de famille se retrouvent pour leur partie de chasse annuelle dans une zone désertique de canyon. Mais cette fois, l’un d’eux est venu avec sa jeune maîtresse, une lolita ultra sexy qui attise rapidement la convoitise des deux autres, mais les choses dérapent. Dans l’enfer du désert, la jeune femme laissée pour morte, reprend vie et la partie de chasse se transforme en une impitoyable chasse à l’homme…Avec une musique électro particulièrement violente, Rob accompagne ce thriller sauvage avec talent (voir itv sur roads). Il a aussi composé pour Nicolas Boukrief « Un Ciel Radieux » (MBR 133) un film fantastique adapté d’un manga éponyme de Jirö Taniguchi. La partition est planante, hypnotique. Le film a reçu le prix de la meilleure musique originale au Festival de la Fiction TV de La Rochelle en 2017.

« In The Fade », est un succès critique mondial, la Palme d’or à Cannes aurait dû lui être attribuée pour certains. C’est la comédienne, Diane Kruger, qui a eu la Palme d’interprétation. Fatih Akin a choisi Joshua Homme pour la BO. (Milan 399 973 – 2). Leader du groupe Queens of the Stone Age, il réalise ici sa toute première musique de film. Fatih Akın déclare : « En écrivant le film j’écoutais beaucoup les Queens of the Stone Age. Leur musique a quelque chose de fataliste qui correspond bien à l’univers du film. J’avais en tête plusieurs de leurs titres que je voulais mettre dans le film, et le superviseur musical m’a alors suggéré de leur demander d’en composer la musique originale ». Dans « In the Fade », la vie de Katja s’effondre lorsque son mari et son fils meurent dans un attentat à la bombe. Après le deuil et l’injustice, viendra le temps de la vengeance. La musique électro acoustique, suit les méandres psychologiques de l’héroïne, une musique contemplative et angoissante. L’album comprend aussi The Bronze par Queens of the Stone Age, Anonymous Club par Courtney Barnett, The Blues par Hindi Zahra, Superhero par Faith No More et I Know Places par Lykke Li.

Avec « I,Tonya », (Milan 399 – 975 – 2) c’est une toute autre héroïne ! Le film raconte l’histoire de cette patineuse-star américaine des années 90, Tonya Harding (Margot Robbie), de sa jeunesse d’enfant battue par une mère alcoolique à ses succès sur la glace (la première à effectuer la difficile figure du triple axel) jusqu’à son implication dans l’affaire Nancy Kerrigan (une patineuse concurrente victime de coups et blessures qui se révélèrent avoir été portés à l’initiative de la famille Harding). La bande originale de « Moi, Tonya » joue un rôle majeur dans le déroulement du film, avec des titres comme le justement Devil Woman de Cliff Richard, Shooting Star de Bad Company ou encore le classique Dream a Little Dream of Me par Doris Day. La bande-son comprend également des airs de Heart, Fleetwood Mac, Dire Straits, Supertramp ou encore Siouxsie and the Banshees, ainsi qu’une sélection de compositions originales signées Peter Nashel. Ce compositeur est surtout connu pour son travail pour des séries de télévision. On lui doit la musique de « Grandes Espérances » et « Infecté ». Ses compositions soutiennent cette comédie dramatique, emportée par une Margot Robbie qui risque d’être en compétition pour les Oscars, une de plus !

C’est une héroïne féminine très célèbre que propose Netflix ! « The Crown » est l’histoire de la reine Elisabeth II. Cette seconde saison traite des relations du couple royal, de l’histoire personnelle et du passé difficile du duc d’Edinbourg, de l’éducation du prince Charles, des frasques de la princesse Margaret et son mariage avec Antony Armstrong-Jones. L’actrice anglaise Claire Foy a été récompensée aux Golden Globes. La musique est de l’écurie Zimmer. Le thème est du maître avec tous les défauts de ses qualités que l’on connaît. Rupert Gregson-Williams et Lorne Balfe ont composé la BO de cette série. Comme son frère Harry, il fait partie de l’écurie de Zimmer ainsi que Lorne Balfe et cela se sent dans leur écriture. Une musique qui s’écoute sans pour cela être passionnante. La série initiée par Peter Morgan (« The Queen ») est la plus chère jamais produite par Netflix, il reste deux saisons. (Sony 88985498702)

Une autre héroïne d’une série « Outlander » est Claire Randall (Caitrionia Balfe, plusieurs fois récompensée pour sa prestation) mariée à un descendant de capitaine des Dragons, Frank Randall. Elle se retrouve transportée dans l’Ecosse révoltée de 1743 et y rencontre l’ancêtre de son mari, le capitaine Jack Randall, la rébellion et l’un des guerriers des Highlands, Jamie Fraser. Elle se retrouvera partagée entre deux mondes et deux hommes que tout oppose.. La BO de Bear McCreary est toujours aussi intéressante pour cette saison trois. Avec des thèmes écossais emprunts de nostalgie, de romantisme, flûte et orchestre se répondent. La chanson du générique est une adaptation du poème Sing me a Song of a Lad that is Gone de Robert Louis Stevenson composée sur le thème de la chanson populaire écossaise The Skye Boat Song. La chanteuse Raya Yarbrough qui interprète ce générique est la femme du compositeur. Bear McCreary a été l’élève d’Elmer Bernstein, il est autodidacte et accordéoniste. Il a participé à plus d’une trentaine de BO et joue régulièrement dans le groupe de son frère Bt4. Pour la petite histoire, pour le dernier décollage de la navette spatiale américaine en 2011, il a été choisi pour composer la musique de la fanfare ! ( Sony 19075806972), une belle BO.

« Molly’s Game » (Sony 8895486792) et « All The Money in the World » » (Sony 19075816502) ont pour compositeur, un musicien à la mode, Daniel Pemberton. Ici aussi ce sont deux femmes qui ont les rôles principaux. Deux histoires vraies, deux histoires fortes, interprétés par Jessica Chastaing pour le premier et Michelle Williams pour le second. Deux BO à l’opposé l’une de l’autre. Autant celle de « Molly’s Game », sortie de son contexte n’a aucun intérêt en cd, autant celle du film de Ridley Scott est magnifique. On est dans une sorte d’opéra de Verdi ou dans du Brahms avec des accents de Rota. Normal on est en Italie pour ce drame inspiré de l’enlèvement du petit fils du milliardaire Paul Getty. On a surtout parlé de ce film avec l’affaire du « balance ton porc made in USA » et Kevin Spacey. On espère revoir ce très grand acteur sur les écrans ! Va –t-on interdire les films de Chaplin, Flynn, Polanski et autre Woody Allen ?

Ce « House of Cards » n’a rien à voir avec la série d’où a été évincé « Kaiser Saucé » alias Spacey ! C’est un film de John Guillermin, 1968, qui fait partie d’une BO Music Box (MBR-124). Trois bandes originales de films, inédites, composées par Francis Lai / Christian Gaubert (ce dernier a brillamment arrangé et dirigé les superbes mélodies du compositeur) sont édités sur un double album qui regroupe trois films produits par le studio Universal : « House of Cards » (John Guillermin, 1968), « Three Into Two Won’t Go » (Peter Hall, 1969) et « Berlin Affair » (David Lowell Rich, 1970). Un cd pour des collectionneurs !
On peut se demander pourquoi la BO de « Call Me By Your Name » film de Gaudagnino est sortie en CD ( Sony 88985484392) ? Pour retrouver Love My Way le succès du groupe The Psychedelic Furs ? Luca Guadagnino n’a jamais brillé par son emploi de musiques originales…Attendons d’entendre ce que Thom Yorke du groupe Radiohead a écrit pour le remake de « Suspiria ». Goblin versus Thom Torke ?

« Le Sens de la Fête » est une belle comédie du tandem Eric Toledano & Olivier Nakache. Ils ont choisi du jazz ethnique from Israël – Avishai Cohen – pour soutenir leur film. Du jazz pourquoi pas, c’est une bonne idée, Cohen, pourquoi ? Plusieurs morceaux n’ont pas grands intérêts jazzistiquement mais donnent une certaine énergie. On aurait aimé une vraie BO de jazz ; on a de très bons jazzmen en France. Sur le CD ( Sony 88985486222)on retrouve quelques morceaux « fonctionnels » sympathiques interprétés par Earth Wind & Fire, Boys Town Gang, Rednex, Candi Staton, Olivier Cheatham. Ne boudons pas notre plaisir, ce CD s’écoute même si ce n’est pas du bon Cohen.

« The Post » de Steven Spielberg avec son compositeur attitré John Williams et un beau rôle de femme avec Meryl Streep, c’est un trio gagnant ! Williams fait du Williams, on le reconnaît tout de suite mais ce n’est jamais pareil ! Ici on est loin des fanfares, de l’explosion de l’orchestre, il offre une musique plus sombre, plus intime, avec un piano inventif qui est celui de Randy Kerber. On ne parle pas souvent de cet artiste mais il a travaillé avec tous les compositeurs et avec de nombreux chanteurs. Orchestrateur, compositeur, pianiste, il a plus de 800 films à son actif ! A dix neuf ans il accompagnait Bette Midler, puis des nominations comme s’il en pleuvait tout le long de sa carrière ont contribué à ce qu’il devienne incontournable. Musiques populaires ou films il a travaillé avec les plus grands du show bizness et du cinéma. Avec Williams (pianiste de jazz à ses débuts), dans cette BO de « The Post », on l’entend directement au piano dans deux magnifiques thèmes ; mais toute la BO est un vrai plaisir d’invention, de musicalité. On ne se lasse pas d’écouter ce CD (Sony 19075811342) !

Au mois prochain…

A propos de l'auteur

Co-fondateur de Roads Magazine / Responsable de la rubrique Culture (sur twitter : @BonhommeVincent) / Web Designer (plus d'info sur : vincentbonhomme.github.io/resume/)

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