Casanova Variations, un film de Mickael Sturmiger avec John Malkovitch, Veronica Ferres, Victoria Guerra et Fanny Ardant. Sortie en salle le 19 novembre 2014.

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Le pitch

« Viva la libertà ! » s’écrie Casanova, seul dans sa demeure, avant de s’évanouir. Lorsque la belle et mystérieuse écrivaine Elisa von der Recke vient lui rendre visite, elle insuffle à nouveau un peu de vie chez le  vieil homme. Casanova Variations, un film qui capture le mythe du plus grand séducteur de tous les temps, Giacomo Casanova. Son histoire est racontée à la fois de sa dernière demeure et sur scène, à travers des extraits d’opéra livrant ainsi ses aventures, ses passions et sa peur de la mort.

L’avis

Michael Sturminger est un metteur en scène qui cherche constamment à créer de nouveaux ponts entre la musique classique et le théâtre contemporain. En 2006, ses expérimentations l’avait conduit à créer un opéra original, I Hate Mozart («Je hais Mozart»). Par la suite, il en avait créé deux autres avec le concours de John Malkovitch: The Infernal Comedy et The Giacomo Variations. Son premier film Whore’s son, avec l’actrice russe Chulpan Khamatova, avait reçu de nombreux prix, et, en 2008, le documentaire Malibran Rediscovered avec Cecilia Bartoli avait été diffusé sur Arte. Casanova Variations, c’est l’adaptation de sa pièce qu’il a mise en scène pour le grand écran. Un mélange de cinéma, de musiques, de théâtres, de littérature. C’est une histoire qui « pille » les plus grands chefs-d’œuvre des opéras de Mozart à savoir  Le Nozze di Figaro, Don Giovanni et Così fan tutte – Elle s’inspire aussi des pages du manuscrit autobiographique de Casanova qui contient 5000 pages. Le scénario fait de la liberté un véritable leitmotiv. En tant que réalisateur, Michael Sturminger s’amuse à changer sans cesse de genre et de transposer des œuvres célèbres dans un autre contexte, de les employer sous une nouvelle forme. On est dans le théâtre total et qu’importe d’où viennent les extraits qu’emprunte le réalisateur pour créer son film. L’œuvre d’opéra devient du théâtre, les scènes réalistes de l’opéra (il faut avouer que l’on se perd un peu si on n’a pas une connaissance des opéras et du personnage de Casanova lui-même). Mais ce serait une erreur de ne pas se laisser emporter par ce mélange des genres et d’essayer de décortiquer chaque scène. D’ailleurs, comme le dit le titre du film, ce sont des variations autour de Casanova. John Malkovitch – étonnant – joue à être Casanova et devient le personnage à son tour. C’est la magie du masque. Tout le film est un effet miroir sur les dernières années de Casanova et celle d’un acteur qui joue Casanova mais qui porte le nom de Malkovitch. C’est un film pour mélomane, pour ceux qui aiment Mozart, le théâtre, le théâtre dans le théâtre (à la Pirandello), et surtout ceux qui aiment Malkovitch. Plusieurs bonnes raisons pour se laisser entraîner dans ses variations ou l’on se perd avec délice.

A propos de l'auteur

Co-fondateur de Roads Magazine / Responsable de la rubrique Culture (sur twitter : @BonhommeVincent) / Web Designer (plus d'info sur : vincentbonhomme.github.io/resume/)

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