Un film de Mauro Herce. En salle le 5 octobre 2016.

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L’histoire

Embarqué pendant plusieurs mois à bord du Fair Lady, le réalisateur Mauro Herce livre un portrait hypnotique de ce gigantesque cargo et des marins qui l’habitent, submergés par un monde industrialisé dont ils ne semblent être que de simples engrenages.

L ‘avis

Prix spécial du jury à Locarno, ce film, sans dialogue, est un film rimbaldien. On est à bord d’une sorte de bateau ivre, enfermé dans la Méditerranéen, qui va de ports en ports emportant des marchandises pour les livrer quelque part. « Dead Slow Ahead » est la vitesse des navires la plus lente en marche avant, de ceux qui semble à la dérive alors qu’ils attendent leur future destination. Avec ce premier long-métrage Mauro Herce arrive à nous emporter dans un voyage sans fin, avec des images stupéfiantes, des sons étranges, dans un univers cauchemardesque, poétique. Le cadre, la couleur, l’ambiance sonore participent à cette sensation d’enfermement. Les quelques membres d’équipage sont comme des fantômes soumis aux exigences de ce monstre d’acier fatigué, rouillé qu’ils continuent malgré tout à entretenir. « Plus léger qu’un bouchon ce bateau danse sur les flots, frêle comme un papillon de mai, perdu sous les cheveux des anses, et l’on voit quelquefois ce que l’homme a cru voir ! ». Un film d’une étrange et fascinante beauté.

A propos de l'auteur

Réalisateur, journaliste

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