Magic Potion est un groupe originaire de Stockholm (Suède) qui avait fait paraître un premier EP en juin 2015, le dénommé Melt. Il est revenu cette année avec son premier LP et la fin de l’année approchant, je me suis dit qu’il était temps de lui consacrer un article (réalisé et publié en collaboration avec nos amis de Still in Rock).

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La musique de Magic Potion est assurément pop, mais bien malin celui qui saurait lui coller une étiquette qui corresponde exactement à sa musique. Il y a parfois un esprit garage, souvent un peu de slacker, mais aussi du lo-fi et des ballades quasi-romantiques.

« Milk » commence tout en paresse. La voix de Gustaf Montelius est parfaitement lancinante, Magic Potion ne nous prend pas par défaut, tout est bien qu’il est lent. On se souvient alors que l’un des premiers singles du groupe était « Booored » que l’on retrouvera d’ailleurs sur cet LP.

« Cola Boyys » est plus explosif, surement dans une volonté de ne pas laisser s’installer un faux rythme qui nous rappelle les artistes de pop spectrale. Vient alors « Deep Web« , également un titre présent sur son premier EP. A ce stade, on comprend que la voix de Gustaf est la véritable originalité de cet album, ce qui lui donne sa singularité. La musique qui l’accompagne est pour le moins classique, Real Estate & co sont déjà passés par là. Il y a tout de même un petit côté eighties qui en fait ce que des artistes français qualifient d’aqua pop.

« Yummi 1« , c’est l’un de ses morceaux un peu plus « slacker », parce que Magic Potion semble avoir descendu d’un cran son niveau de sérieux et parce que les accords de guitare sentent la pizza. Une fois encore, l’instru est classique et Magic Potion définit toute son identité à travers la voix de son chanteur. Et quelle efficacité ! Magic Potion ne tombe jamais à côté de la plaque, ses morceaux ont tous leur place dans cet LP, c’est aussi très fort. « Golden Power » vient clore la première face de cet LP avec une musique entre plus ’80, synthé à l’appui.

« Gemz » reprend le même rythme de croisière, Magic Potion est décidé à ne pas décoller de son canapé-pizza, et c’est très bien ainsi. On se fatigue toutefois un peu à l’arrivée de « Jelly« , non pas que le titre soit en dessous des autres, mais Magic Potion aurait pu y mettre un peu plus de bave de crapaud. La phase instrumentale tend vers un peu de musique psychée, le groupe aurait pu aller plus loin.

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« Cheddar Lane » ne dévie pas de la volonté bedroom pop du groupe. Le son semble avoir fondu sur un vieux radiateur à mi-parcours, comme si Ultimate Painting avait décidé de jouer dans un sauna. « Booored » relance la machine, Magic Potion semble avoir gonflé sa pop au hot-dog bien gras, et tout ça l’ennuie. « Peace Pipe » nous achève.

Au final, Magic Potion n’est jamais aussi bon que lorsqu’il embrasse son côté slacker. Les titres à l’image de « Booored » et « Yummy 1 » sont en cela de vraies réussites. L’album traine parfois un peu en longueur, mais surement est-ce aussi la volonté des Magic Potion, comme pour créer un état de léthargie dans lequel on aimerait rester.

Ce groupe frappe fort. Il y a une véritable singularité qui manque à beaucoup de formations. Cet album n’est pas parfait, mais il serait difficile d’en vouloir à ces Suédois qui ont le mérite de marquer l’année musicale avec une pop bubblegum-fondue qui semble avoir été collée sur un banc. Car là se trouve bien l’identité du groupe, reprenant beaucoup des sonorités de la scène bubblegum/power pop qu’il délivre avec toute la paresse du monde.

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