Un film de Pavel Giroud avec Armando Miguel et Yotuel Romero – Sortie le 17 août 2016.

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L’Histoire

Cuba, années 80. Horacio Romero, boxeur accusé de dopage, est contraint de devenir l’accompagnateur de Daniel, un jeune soldat qui a contracté le SIDA lors d’une mission en Afrique.

L’Avis

La santé publique et le sport étaient les deux étendards de la révolution cubaine. Avec le temps et le manque d’argent le régime castriste n’a pas pu continuer dans ces domaines. Ce film n’est pas sur la boxe, ni sur ce milieu carcéral où on mettait les sidaïques pour qu’ils ne contaminent pas la population, c’est une belle histoire humaine entre deux personnes qui étaient des modèles de la société cubaine. L’un était un soldat engagé dans la lutte révolutionnaire en Angola, l’autre un grand boxeur. Ils se retrouvent exclus car ils ont sali l’image du sport – le boxeur star, sous la pression sociale s’est dopé – et l’autre, l’armée, en ayant contracté le sida auprès d’une femme locale. Ils ont souillé la révolution castriste. Le sida dans les années 80 était une maladie des gays et mettre les séropositifs dans une sorte de sanatorium c’était protéger la société qui n’était pas prête à les accepter. C’est un film sur l’amitié, et surtout sur l’amour. Il n’y a pas beaucoup de films qui ont traité une relation amoureuse entre un homme sain et une femme porteuse de VIH, il n’y a pas beaucoup de film où un porteur du VIH ose dire qu’il ne regrette pas d’être tombé amoureux d’une femme en Angola qui était contaminée ! Le film de Pavel Giroud est une manière de réinterroger le passé de l’âge d’or de la Révolution avec un regard d’aujourd’hui. Les acteurs sont stupéfiants de justesse et la relation houleuse entre Armando Miguel et Yotuel Romero est dirigée subtilement par le réalisateur. Outre ces deux acteurs c’est tous les autres rôles qu’il faudrait citer.  Camila Arteche, la jeune et belle femme séropositive, est appelée à un grand avenir, Hollywood va sûrement l’accaparer, Yailene Sierra, le médecin militaire, est aussi très juste dans ce rôle difficile à tenir. Le sanatorium est un beau décor tropical ensoleillé où la tragédie du XXème siècle se joue inéluctablement. Pavel Giroud ne tombe jamais dans le misérabilisme, son film n’est pas un énième film sur le sida, il a une portée bien plus universelle sur la liberté, l’exclusion sociale, même s’il parle d’une époque précise à Cuba. Le travail sur le cadre, la photo et surtout la musique est déterminant pour offrir à ce film une force dramatique impressionnante. On peut être fier de savoir que le CNC a aidé à la production de ce film qui a été plusieurs fois plébiscité par les publics qui l’ont vu. Espérons qu’en France il en sera de même.

A propos de l'auteur

Réalisateur, journaliste

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