Du 11 juin au 18 juillet 2016. Prélude jeudi 12 mai à 20h30.

FAO-Visuel 2016

A Auvers-sur-Oise, terres d’artistes, Pascal Escande continue l’aventure – 36ème saison – de ce festival avec  cette année un hommage à Gounod avec le « Saint François d’Assise ». C’est au très moderne conservatoire Jean-Baptiste Lully de la ville de Puteaux que le festival a débuté avec le récital de deux magnifiques musiciennes, dans tous les sens du terme, Anastasia Kobekina, violoncelliste et Anna Fedorova, pianiste. Le concert a commencé par « Phantasiestücke pour violoncelle et piano op.73 » de Schumann. Ces trois pièces de fantaisie pour clarinette et piano, op. 73, ont été écrites en 1849. Bien qu’ils aient été à l’origine conçus pour clarinette et piano, Schumann a proposé que la partie de clarinette pourrait également être effectuée à l’alto ou violoncelle. C’est ce que l’on a entendu ce soir là.

Dans la première pièce Anastasia Kobekina a su rendre cette sorte de mélancolie, qu’exige ce mouvement, Anna Fedorova, en accompagnement, était très à l’écoute de son amie; dans la deuxième fantaisie c’est l’énergie qui était sous les doigts de ces interprètes et leur dialogue était parfait ; pour la troisième la technicité hors pair de ces deux jeunes femmes a fait sonner l’exubérance, la frénésie de la passion qui doit être exprimées dans le final. Le concert, à peine débuté, Anastasia Kobekina et Anna Fedorova avaient déjà conquis le public !

Anthony Girard est un compositeur dont les modes lui importent peu. Ce qui l’inspire avant toute chose c’est la poésie. En partant d’un texte de Marc Aurèle il a écrit une très belle et courte œuvre « L’Ame du Monde ». Mystère et paix intérieure c’est ce qu’ont réussi à faire passer les deux interprètes. Un climat de douceur de sérénité a enveloppé l’auditoire.

Avec la « Sonate pour violoncelle et piano en sol mineur, op.19 » de Serguei Rachmaninov c’est un tout autre climat qui régnait sur scène. Elle a été composée en 1901, Rachmaninov a écrit peu pour  la musique de chambre. Dès le début de la sonate on est transporté dans un monde tragique ; pendant que le violoncelle joue une mélodie intimiste, grave, le piano est tourmenté, puis vient ensuite un magnifique dialogue, moins tendu, entre les deux instruments suivi par un andante où l’on retrouve toute la douceur et la tristesse de Rachmaninov emprunt si souvent à la dépression. Le final est jubilatoire. Pour interpréter une telle pièce il faut une vélocité, une technicité,  et une émotivité que possèdent ces deux jeunes interprètes. Cette œuvre a été filmée dans un concert précédent et un DVD existe. Voilà deux superbes artistes à suivre passionnément !

Patricia Petitbon, Les sœurs Labèque, Gautier Capuçon, Jérôme Ducros, le Quatuor Van Kuijk, Philippe Jaroussky, Jean Rondeau…toute une pléiade d’artistes va se produire à Auvers-sur-Oise pendant un mois. Il faut y aller !

Pour plus d’informations festival-auvers.com

A propos de l'auteur

Réalisateur, journaliste

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.