Du 18 au 23 mai 2018 au GAUMONT OPÉRA.

Trois jours, treize films offerts aux parisiens de la sélection officielle. Cinq de ces films ont été récompensés mais ce n’est pas hélas ceux qui sont les plus enthousiasmants.

La caméra d’or  « Girl » de Lukas Dhont avec l’incroyable acteur Victor Polster est vraiment le seul film qui est impressionnant. Il a été refusé à la compétition pour la Palme ! Il était dans la sélection Un Certain Regard ! Curieuse cette sélection,  qui sert le nième film inintéressant, de l’Iranien Jafar Panahi – « Trois Visages », prix pour le scénario ??? où tout sonne faux, tout est surjoué, bidon. Est-ce parce qu’il est assigné à résidence dans son pays qu’on le sélectionne ? Que dire aussi dans la sélection française d’ « Un Couteau Dans le cœur » de Yann Gonzalez ! Ce réalisateur avait commis le film le plus involontairement comique de 2013, « Rencontres d’après minuit » avec en prime la « bite » de Cantona !  Avec son couteau sex toy, il fait passer les films de José Bénazeraf  pour des chefs – d’œuvres ; lui au moins citait des philosophes entre deux fausses baises ! Ici aussi il y a une bite qui « tue », aussi fausse que celle de rencontre. Fremaux a dû fumer la moquette en sélectionnant ce film.

Comment peut-on penser que ce film est du cinéma à la marge en 2018 ?! On est loin du cinéma « à la marge » de Kenneth Anger ou des films de cul gay de Cadinot des années 80.  Les films français n’ont pas été appréciés par le jury, aucune récompense et ce n’est pas Les Filles du Soleil d’Eva Husson qui relevait le niveau. Pourtant « Bang Bang » donnait envie de voir ses prochains films ! « Asako » de Hamaguchi, sans l’exotisme japonais, serait un mauvais Lelouch, « The House That Jack Built » n’est pas du bon Lars Von Trier, juste un pétard mouillé.

« Une Affaire de Famille » de Kore-eda, un bon cinéaste, est une Palme d’Or sympathique, un peu long, un joli film amoral. « Capharnaüm » de la Libanaise Labaki, prix du jury, est un film racoleur, fait pour faire pleurer avec une musique putassière insupportable ! Un film très douteux sur la manière dont la réalisatrice s’est servi de deux enfants, les héros du film ; on est loin du cinéma néoréaliste italien. « Dogman » est un bon film de Matteo Garrone et a reçu le prix d’interprétation masculine pour Marcello Fonte. Il le méritait.

Les films qui auraient dû être récompensés sont les meilleurs de la sélection de ce festival : « Les Eternels » de Jia Zhang-Ke est passionnant, trop long comme tous les films d’aujourd’hui et avec une actrice, Zhao Tao, exceptionnelle, « Burning » de Lee Chang-dong est un film brillant qui a reçu le plus de meilleures critiques internationales. Mais le jury ne l’a pas vu. « Leto » de Kirill Serebrennikov aurait dû avoir la Palme d’Or ; c’est un film à voir et revoir, il est filmé dans un magnifique noir et blanc et raconte l’histoire de rockers russes qui ont existé. Le réalisateur n’a pu venir à Cannes étant assigné à résidence en Russie…

Voilà ces projections montrent un festival de Cannes très pauvre et très médiocre au niveau du palmarès. Cannes est en panne, boudé par les Etats Unis et se fait doubler par d’autres festivals tels que Toronto, Venise ou Berlin. Un mauvais constat.

 

A propos de l'auteur

Réalisateur, journaliste

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