Goodbye Honolulu est un groupe originaire de Toronto qui vient de faire paraître un premier album, Heavy Gold, via Fried Records. Et on vous dit ce que l’on en a pensé (article réalisé et publié en collaboration avec nos amis de Still in Rock).

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Parce que la période estivale rime souvent avec une mauvaise musique comme « tube de l’été », je me suis dit que le moment était venu de casser cette dynamique et de vous présenter cette formation qui emprunte définitivement tout ce que l’on veut entendre dans une musique d’été : du surf, des doo-woop, une petite pop garage et quelques mélodies que l’on passera en fond sonore de notre plage mentale.

Le groupe revendique des influences que l’on connaît aussi bien que notre chambre d’adolescent : Ty Segall, Pangeza, Weezer, les Growlers, Bass Drum of Death, Nirvana, Bleached et j’en passe… Si on ne les retrouve pas toutes, il est certain que le spectre de leurs créations règne en maître dans un LP qui ne peut donc prétendre à révolutionner quoi que ce soit. Mais that’s not the point.

« Bum Me Out » est le premier single du groupe. L’introduction est efficace, ce morceau est l’un des plus heavy de l’album et il a ainsi l’avantage de nous faire immédiatement plonger dans la musique de Goodbye Honolulu. Si les voix ne sont pas toujours bien placé, on pardonne au groupe une exécution à parfaire du fait d’une mélodie infaillible. « Hardly Speaking » est volontiers plus surf pop, assurément un titre pour le mois de juillet (on me signale qu’il est paru en mars dernier…). Le groupe nous exhorte de nous sentir mal, parce que l’amour c’est méchant. Certes, mais l’on préferera se concentrer sur quelques doo-wop qui empruntent au spirit de Shannon and the Clams.

Vient alors « Lorry Can’t Love« , un titre plus léger. Surtout, il ne crée aucune surprise et l’on peine ainsi à s’y attacher. « Le Mans » ne fait pas vraiment mieux, et le chant en français est une surprise… dont on se serait probablement bien passé. Goodbye Honolulu conserve une partie de son entrain mais l’on se dit qu’il peut plus.

La Face B attaque avec « Fever« . Le groupe va enfin chercher une instru’ un peu plus fouillée, et ça fonctionne aussi bien qu’on l’aurait pensé. La voix nasillarde à la Growlers est également la bienvenue, on se croirait dans un film de série B, le Re-Animator du rock’n’roll. « No Fear » en rajoute une couche, associant le surf des premiers instants de cet LP avec le creepy amoureux d’un autre slasher. En voilà un qui aurait pu intégrer notre mixtape Summer Swamp.

« Another Weirdo » fait ce que le groupe avait échoué à exécuter sur « Lorry Can’t Love » : du cheesy qui parle d’amour et d’estime de soi, une pop garage qui cherche à passer avec sa seule mélodie. On s’étonnera que le groupe ne cite pas la clique de Fidlar comme influence de premier plan. Tout est là, du refrain téléphoné à la guitare 1% stoner qui vient décoller la queue de rat de son propriétaire.

Bonne nouvelle, Goodbye Honolulu nous réservait l’un de ses meilleurs titres pour le final. « Slip Inside Your Mind » est plus punk que le reste de l’album, créant ainsi la jolie petite épopée qui vient conclure notre écoute. La production est à revoir, mais l’intention est là.

Au final, les titres premiers morceaux sont suffisamment accrocheurs pour que l’on veuille écouter tout l’album mais il faut attendre la face B pour trouver quelques un des plus beaux spécimens. Le groupe s’essaie à quelque chose de plus noir sur le final, ce qui lui réussi plutôt bien.

Il y a encore du chemin à faire avant que Goodbye Honolulu devienne un pilier du genre. La pop garage recèle de grands noms et la musique à tendance surf n’est pas en manque. Peut-être le combo stoner / surf est le chemin à prendre, parce que tout aussi novateur que prometteur. D’ici là, on continuera à se délecter de ces morceaux d’été en attendant la suite avec impatience.

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Créateur et rédacteur de www.stillinrock.com

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