Un documentaire de Jim Jarmusch, avec James Osterberg (aka Iggy Pop) et The Stooges. Sortie le 1 février 2017.

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L’histoire

Apparu pour la première fois à Ann Arbor, Michigan, au cours d’une révolution contre-culturelle, le style de rock’n’roll puissant et agressif des Stooges a fait l’effet d’une bombe dans le paysage musical de la fin des années 60. Soufflant le public avec un mélange de rock, de blues, de R&B et de free jazz, le groupe au sein duquel débute Iggy Pop posa les fondations de ce que l’on appellerait plus tard le punk et le rock alternatif. « Gimme Danger », le nouveau film de Jim Jarmusch, retrace l’épopée des Stooges, l’un des plus grands groupes de rock de tous les temps.

Gimme Danger présente le contexte dans lequel les Stooges ont émergé musicalement, culturellement, politiquement, historiquement et retrace leurs aventures et mésaventures en montrant leurs inspirations et les raisons de leurs premiers défis commerciaux, jusqu’à leur arrivée au Panthéon du rock.

L’avis

« Gimme Danger » est un des titres de l’album Raw Power sorti en 1973. Cet essai comme désire l’appeler Jim Jarmusch,  c’est le mélange de l’eau avec le feu. Iggy Pop – le barge – qui veut faire disparaître la soupe des 60’s est ici filmé par le plus esthète des réalisateurs. Au centre du dispositif mis en place par Jarmusch, c’est James Osterberg. Autour de lui, on trouve ceux qui ont participé de près ou de loin à l’aventure des Stooges. Le souffre est offert non pas par la réalisation assez sage du docu à l’américaine, mais par l’intervention des musiciens qui ont fait la légende du groupe (les frères et la sœur Ashton, Mike Watt, Steve Mackay, Danny Fields, James Williamson et bien d’autres).

Jim Jarmusch est avant tout un musicien avant d’être ce réalisateur dandy désabusé, typiquement New Yorkais. Son univers musical, lui, est plus « post punk » d’où son admiration pour The Stooges.  Son cinéma va à l’encontre de sa musique. Il se trouve face à une problématique et il n’arrive pas à la résoudre tant il est totalement en admiration face à ce groupe. C’est une lettre d’amour qu’il nous propose.

Nous, spectateurs, qui connaissons ou pas le groupe, on apprend énormément sur l’univers barré des Stooges, à travers des archives peu connues et des interviewes passionnantes. On comprend notamment à quel point il a pu influencer toute une génération de musiciens et inventé, malgré lui, un style de musique. On conçoit que ces jeunes gens étaient paumés, bordéliques, incultes musicalement et ont réussi à imposer un style qu’ils ont petit à petit et avec beaucoup de difficultés fait exister.

Jarmusch leur donne la parole et c’était peut être la meilleure façon de filmer une époque et les défis qu’ont lancé les Stooges à un monde musical en place et qui ronronnait. Oui, dans ce film ce sont des « ugly memories » que nous raconte Jarmusch tout simplement.

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