« Goltzius and the Pelican Company » , réalisation de Peter Greenaway, avec F.Murray Abraham, Ramsey Nasr, Kate Moran, Lisette Malidor et Pippo Delbono. Sortie le 5 février 2014. Critique.

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Pays-Bas. 16ème siècle. Hendrik Goltzius est un célèbre peintre et graveur d’œuvres érotiques. Il aimerait ouvrir une imprimerie pour éditer des livres illustrés. Il sollicite alors le Margrave (Marquis) d’Alsace et lui promet un livre extraordinaire avec des images et des histoires de l’Ancien Testament regroupant les contes érotiques de Loth et ses filles, David et Bethsabée, Samson et Dalila, Saint Jean-Baptiste et Salomé. Pour le séduire davantage, il lui offre alors de mettre en scène ces histoires érotiques pour sa cour.

Voyeurisme, inceste, adultère, pédophilie, prostitution, nécrophilie sont les thèmes explicitement abordés dans le dernier film de Peter Greenaway. C’est un voyage imaginaire à travers les yeux du célèbre peintre baroque hollandais Hendrick Goltzius (1558-1617). Greenaway va mettre en scène Adam et Eve (le voyeurisme), Lote et ses enfants (l’inceste), David et Bethsabée (l’adultère), Joseph et la femme de Putifare (pédophilie), Sanson et Dalila (prostitution) et Salomé et Saint Jean Baptiste (nécrophilie). Petit à petit la fiction et la réalité s’interféreront pour terminer dans un bain de sang. Pour accompagner ces images et cette mise en scène délirante, rococo, obscène, magnifique comme sait le faire Greenaway c’est la musique du compositeur italien Marco Robino et son quintette Architorti que l’on entend et que l’on voit. Habillés dans des tenues du XVIème siècle les musiciens participent à l’action en jouant des compositions minimalistes de Robino. Aux recherches picturales de Greenaway, ce violoncelliste tente des expériences musicales pour ce réalisateur depuis 2004. Cette musique trotte dans la tête à la sortie de la projection. GOLTZIUS est un mélange somptueux avec du théâtre, de la musique. F.Murray Abraham et Ramsey Nasr sont étonnants.  Il faudrait citer tous les comédiens tant ils sont excellents. Ils ont été choisis dans toute l’Europe pour jouer ces scènes érotiques, cruelles, où l’on parle de sexe, de mort et donc de pouvoir. Tout cela est très visuel. L’image, toujours de Reiner van Brummelen, est à couper le souffle et malgré ses références picturales rien n’est intellectualisé. Dans cette orgie de mots, de musique, de violence, de scènes très crues, Greenway nous offre un cinéma total et très inventif. Non monsieur Greenway le cinéma n’est pas mort quoique vous en disiez vous en êtes la preuve.

A propos de l'auteur

Co-fondateur de Roads Magazine / Responsable de la rubrique Culture (sur twitter : @BonhommeVincent) / Web Designer (plus d'info sur : vincentbonhomme.github.io/resume/)

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