La direction de Goodyear a annoncé la fermeture prochaine de son usine d’Amiens Nord. En colère, la CGT a appelé l’ensemble des salariés de France à faire grève le 12 février.

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« Arnaud Montebourg tu as dit que tu voulais éviter le pire. Mon pote, donc, tu prends ton copain Hollande et tu fais ton boulot ! » Le message qu’a envoyé Mikael Wamen, le syndicaliste en chef de chez Goodyear, a le mérite d’être clair: le gouvernement doit faire quelque chose pour sauver cette usine de pneus Amiénoise, car cette fois-ci, plus de 1.173 emplois sont menacés.

Mais c’est pourtant bien une page qui se tourne pour cette usine de la Somme en difficulté depuis cinq ans. Malgré les plans sociaux et la mise en place d’un système de  départs volontaires, Goodyear Amiens devrait bien fermé. Pourtant, ce n’est pas vraiment une surprise: la CGT avait refusé une offre en septembre dernier formulée par l’Américain Titan, et qui prévoyait notamment le maintien de 537 emplois pendant un minimum de deux ans.

« La fermeture de l’usine est la seule option possible après cinq années de négociations infructueuses », a expliqué dans un communiqué la direction précisant que le projet de fermeture avait été présenté au Comité Central d’Entreprise et fera l’objet, pour la forme, d’une consultation des représentants du personnel.

« Nous sommes pleinement conscients de la gravité de l’annonce que nous faisons aujourd’hui et des conséquences lourdes de ce projet pour les salariés, leurs familles et les communautés locales », a déclaré Henry Dumortier, Directeur Général de Goodyear Dunlop Tires France dans le communiqué. « Goodyear restera à l’écoute des initiatives qui pourraient être proposées par les parties prenantes, dans le cadre de la procédure entamée aujourd’hui », a-t-il ajouté en soulignant que « ce projet a pour objectif de sauvegarder la compétitivité des secteurs d’activité tourisme et agricole du groupe ».

Pour rappel, la production de pneus à Amiens Nord a engendré, en 2011, une perte cumulée de 61 millions d’euros…

Journée de grève le 12 février

Directement après l’annonce de la fermeture officielle du site, la CGT (via Mikael Wamen) a appelé à une journée de grève générale pour « l’ensemble des salariés d’entreprise en difficulté ».« L’ensemble du site sera en grève. On fera le déplacement ici-même (à Rueil-Malmaison) avec l’ensemble des salariés de Goodyear ». 

« Entre l’annonce et la fermeture, il y a de la marge. Ca fait six ans qu’on se bat contre 400, 800, 1.200 suppressions d’emplois, on va se battre et il y aura encore plus de monde », a de son côté ajouté Franck Jurek, délégué CGT et secrétaire adjoint du comité d’entreprise.

Les élus locaux s’indignent

De leur côté les élus de Picardie ont interpellé le gouvernement. Gilles Demailly, le maire PS d’Amiens, a estimé en fin de matinée que cette décision était « inacceptable .». « Goodyear ne peut pas partir comme ça en licenciant 1250 personnes » affirme-t-il en déplorant qu’avec une telle décision « la zone industrielle au nord d’Amiens sera en grande partie décapitée .»

« Nous sommes mobilisés et souhaitons des garanties, un dialogue social » a également déclaré  Pascale Boistard, député PS de la Somme. En bref,  les élus « en appellent au gouvernement pour que la décision unilatérale du groupe soit rejetée, et qu’une alternative prenant en compte les potentialités du site Goodyear d’Amiens (…) soit proposée. »

Le site semble donc désormais condamné, à moins qu’Arnaud Montebourg « et son pote Hollande » n’arrivent à sauver les 1.173 salariés menacés. Mais après de nombreux échecs en seulement quelques mois à la tête du « redressement productif », le héros Montebourg risque, une nouvelle fois, de ne pas pouvoir faire grand chose…

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