Un livre de Philippe Meyer. Editions L’ÂGE D’HOMME, collection RUE FEROU; 279 pages.

ADOLPH HITLER

Oui, il y a eu de la résistance contre le régime nazi d’Hitler ! Même si ce ne fut pas un mouvement populaire coordonné – elle a été qualifiée de résistance sans peuple – elle ne peut être comprise tant le joug imposé par le totalitarisme nazi ne laissait peu de place aux actions individuelles. Mais elle n’a pas laissé indifférent l’Université, les hôpitaux, les milieux juridiques, les arts et les sciences économiques ; Elle s’y est montrée d’une grande vitalité mais s’est surtout affirmée que progressivement . On pourrait lui reprocher ses hésitations et ses nombreuses ratées concernant le nombre d’attentats manqués sur la personne de Hitler. La répression a été féroce et très peu de résistants ont survécu.

unnamedPhilippe Meyer, professeur de médecine, mais aussi historien, a écrit ce livre important et très bien documenté, pour nous faire connaître que très tôt des gens, même très jeunes, des institutions, des organisations politiques et même des militaires se sont révoltés contre les idées du national-socialisme, des attitudes du régime face aux juifs et des comportements démentiels d’Hitler et de ses sbires. Mais on se rend compte, à la lecture de ce livre, que toutes les nombreuses actions entreprises se sont terminées pour leurs auteurs dans des camps de concentration avec la mort au bout, ou qu’ils ont été fusillés ou simplement assassinés. Le livre est découpé en plusieurs chapitres où sont analysés les différents mouvements de résistance : celui de gauche, ceux religieux, ceux des juifs, ceux de la société civile avec des cercles et le fameux orchestre rouge, puis celui plus tardif de l’armée avec tous les attentats manqués comme le plus connu « l’Opération Walkyrie» et la réponse terrifiante des nazis. Cet attentat du 20 juillet 1944 a indiscutablement redonné à la Wehrmacht une noblesse perdue et convaincu le peuple martyrisé par la dictature et les combats, qu’il n’avait pas perdu toutes les valeurs qu’il s’était donné. 

Il fallait une incitation extrêmement forte, nous dit Philipp Meyer, pour admettre que 52 millions de victimes dans le monde dont 3 250 000 Allemands, et 3 300 000 victimes civiles, 6 millions de Juifs, des ravages considérables en Europe et ailleurs sur terre, avaient pu être programmés par un homme mis en place par des suffrages allemands. Cette reconnaissance de la résistance allemande, le sang de ses martyrs, a redonné à l’Allemagne un sens de l’honneur perdu, permis de mieux appréhender l’étude des causes du fascisme et d’en assurer un remède durable. Par la résistance intérieure l’Allemagne a acquis le droit à redevenir une nation honorable.  Que tous ceux qui sont contre l’Europe lisent ce livre et ils comprendront pourquoi il est nécessaire, pour une paix durable, cette unité essentielle qu’ont osée créer ceux qui ont souffert de la guerre et de la barbarie nazie. Ce travail minutieux effectué par Philippe Meyer permet de changer notre regard face à notre allié d’aujourd’hui. Un livre d’utilité publique.

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