Le jean Levi’s sera bientôt ringard et Arnaud Montebourg avait – peut-être – raison : Vive le « Made in France » !
Olivier Le Bas

Olivier Le Bas

Tous les jours en France et ailleurs dans le monde, des marques de vêtements se créent tandis que d’autres disparaissent. Le marché de l’habillement est saturé, les géants du secteur contrôlent la concurrence et étouffent toute tentative de création dissidente. Pourtant, certains parviennent tout de même à se démarquer de leurs rivaux grâce à des idées simples. L’évidence sourit aux curieux et Olivier Le Bas, 22 ans, pontaudemériens, n’a pas manqué l’occasion s’emparer d’une bonne idée que d’autres, s’il ne l’avait pas fait, n’auraient pas hésité à exploiter dans un futur plus ou moins proche. Le jean « Made in Normandie », nom d’un lion, en voilà un brillant projet !

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Interview :

Comment t’es venue cette idée de fabriquer des jeans en Normandie ?

L’idée de ce projet, je l’ai eue il y a un an environ quand, en achetant un jean d’une grande marque reconnue, j’ai pris conscience que même un jean « français » qui coûte plus de 150 euros était fabriqué au Bangladesh ! Alors, j’ai consulté plusieurs usines en Normandie pour me renseigner au sujet de la possibilité de fabriquer un jean en France, puisqu’à cette période là, nous étions en plein dans le « boom » du « Made in France. » Le responsable de l’usine Kiplay, que j’avais contacté pour lui exposer mon projet, a été directement séduit par l’idée, et il m’a proposé de le rencontrer dans la foulée.

Pourquoi avoir choisi de baptiser ton projet « Atelier de la Venise Normande », outre le fait que tu sois originaire de Pont-Audemer ?

Quand on crée une marque, un produit, il est indispensable d’associer une image qui puisse correspondre au projet en lui-même. Le mot « atelier » me paraissait pertinent, puisqu’il véhicule une notion de qualité, et dans notre cas de « fait en France ». Puis, il fallait quelque chose de simple, efficace et positif, et Pont-Audemer me plaisait beaucoup ; c’est une ville que j’adore. Chemin faisant, en parlant autour de moi de ce projet, j’ai pris conscience que l’idée plaisait aux personnes de mon entourage qui approuvaient aussi l’abréviation « AVN ».

Tu sais probablement que « AVN », c’est aussi une marque porno…

Oui, j’ai vu ça en enregistrant la marque à l’INPI. Mais sincèrement, ça ne me dérange pas du tout.

Vous êtes donc trois à l’origine du projet. Qui fait quoi ?

À l’origine, j’étais seul, et rapidement, j’ai eu une quantité de travail trop importante. Je savais qu’Arthur (Cochin) était graphiste ; je lui ai donc demandé de réaliser quelques visuels pour AVN. Il était lui aussi très intéressé par le projet et c’est ainsi que je lui ai proposé de me rejoindre. Il fallait aussi un photographe ; j’ai demandé à Quentin (Petit).

Pourquoi as-tu choisi le jean comme premier produit pour lancer ta marque ?

Je porte souvent des jeans, de préférence simples à la coupe droite et ajustée, en toile brute « selvedge », donc je me suis fait « mon propre jean ». Il semblerait que ce genre de jeans plaît aussi à beaucoup d‘autres personnes, donc l’idée me semblait fertile.

Est-ce le même principe que tu as appliqué aux portefeuilles et aux ceintures ?

Pour fabriquer les jeans, il fallait trouver un fournisseur de cuir afin de réaliser les badges situés à l’arrière des pantalons. C’est donc le même cuir qui est utilisé pour les portefeuilles et les ceintures. Il n’y a quasiment pas de perte ; nous ne gâchons rien ! Et puisque nous avions choisi le modèle du financement participatif – via KissKissBankBank – pour lancer AVN, nous pensions qu’il était intelligent d’offrir à nos premiers clients des produits moins chers que le jean.

D’où viennent la toile et le cuir utilisés ?

J’ai appelé des fournisseurs un peu partout en Europe et j’ai eu du mal à trouver des usines qui puissent accepter de produire les petites quantités que je leur demandais. Donc la toile vient de l’usine Candiani, située en Italie près de Milan – qui est réputée pour être l’une des usines de tissage les plus respectueuses de l’environnement d’Europe. Concernant le cuir, il provient d’une tannerie allemande.

À terme, rêves-tu d’installer toute la production de vos produits en Normandie ou à Pont-Audemer ?

Évidemment. Ce serait génial si une partie de la production pouvait être réalisée en Normandie et à Pont-Audemer plus particulièrement.

As-tu pour projet de fabriquer autre chose que des jeans ?

Nous y pensons déjà. Prochainement, nous allons commencer à réfléchir sérieusement à d’autres produits que les jeans. Mais l’esprit de la marque sera identique : il s’agira de pièces simples, de bonne qualité et fabriquées en Normandie.

T’imaginais-tu fabriquant de vêtements quand tu étais plus jeune ?

Pas du tout ! J’ai simplement vu en ce projet une expérience intéressante à tenter, en plus des études. Quand je me lancerai vraiment dans la vie professionnelle, peut être que là, je me projetterai complètement comme fabriquant de vêtements à temps complet, mais pour le moment, c’est un peu prématuré. D’une manière générale, je ne suis pas vraiment intéressé par la mode, mais puisque nos produits sont des choses assez « basiques », ça ne me pose absolument aucun problème d’évoluer dans cet univers là.

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Les produits AVN sont disponibles via KissKissBankBank [Atelier de la Venise Normande]

Une réponse

  1. LEFLEMME

    Bonsoir
    Etant moi mème de trouville ; un peu pro du denim je veux bien m’entretenir avec vous si vous avez des besoins.
    Cordialement
    B LEFLEMME

    Répondre

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