C’est dans un bar à l’allure de restaurant auvergnat de la fin du 20ème siècle que j’ai rencontré James, Vadim et Louis de Salut C’est Cool. Naviguant entre différents styles et univers avec dextérité, les 4 compères semblent hyper à l’aise dans leurs baskets compensées. Interview.

salut c'est cool

Alors, amitié et travail ça fait bon ménage ? 

Louis : Très bon ménage.

James : Je pense que l’inverse ne fait pas bon ménage.

Louis : Tout dépend comment tu considères le mot travail

Vadim : J’aime à penser que le plaisir et le travail c’est la même chose. C’est pas nécessairement comme ça dans tous les cas et c’est regrettable. Nous, ça va, c’est que du plaisir.

Louis : Tous les gens qui travaillent et qui font ça à rebrousse-poil, c’est horrible.

Vadim : C’est vrai qu’on est vraiment amis, ça aurait pu ne pas être le cas. Je pense qu’il y a des groupes où ils sont plus éloignés.

James : J’avais lu la biographie de Joey Starr, il disait exactement ça. Ils se retrouvaient, ils faisaient des trucs et après chacun sa life.

Vous êtes toujours 5 ? 

J : Maintenant on est 4 depuis cet été. Romain était charpentier et il ne se sentait pas vraiment à l’aise de faire des spectacles.

V : C’est pas ça la raison principale mais il n’est plus là pour plein de raisons qui restent obscures pour lui-même.

Vous faites quoi à côté du groupe ? 

J : Il y en a 3 sur 4 qui sont étudiants.

L : Je suis aux Arts-Déco mais là je suis en année de césure.

V : Moi je suis aux Beaux Arts et Martin est aux Arts-Déco de Strasbourg.

J : Martin qui n’est pas là d’ailleurs…

Côté musique, ça se passe comment pour la création ? 

V : On fait tous de la musique à la maison, il n’y a pas trop de schéma. Parfois, ça peut être un procédé d’écriture très classique, genre on écrit et on en fait peut-être un truc après. Il y a des membres du groupe, je ne citerai personne, qui font de la musique de manière instinctive et qui créent tout le temps. J’ai l’impression que James est comme ça, il est toujours en train de faire des trucs. Après, on fait des sélections, des discutions.

L : Y’en a qui créent plus que les autres.

V : Il y en a qui font plus la partie musicale. Après, un morceau de Salut c’est Cool, il est nourri de tout, c’est pas une seule personne qui fait le morceau. Enfin, ça arrive parfois quand on est tous là à dire que c’est trop cool et que c’est un morceau génial.

J’ai entendu que les paroles de la chanson « La Purée » venaient d’internet.

L : Ça vient d’un forum.

J : On a pris un texte qui était sur un forum pour en faire des paroles.

L : C’est un assemblage, tu prends un truc et t’en fais autre chose.

V : Les paroles étaient « ready-made ». Elles étaient déjà là.

L : En faire une chanson, ça les change de statut.

Vous avez toujours une caméra sur vous.

V : Moi oui. J’ai toujours mon appareil photo, quand je vois un truc qui m’intéresse, je prends soit une photo, soit un film. Pas trop de film quand je suis tout seul. Par exemple, cette aprèm, il y avait des enfants sur un banc qui lisaient un magazine avec des armes. Ils avaient un grand catalogue comme ça, et il y avait plein de flingues. Ils avaient l’air d’avoir huit ans, donc j’ai pris une petite photo.

Comment ça se passe pour les clips ? 

V : Ca dépend, soit c’est des trucs qu’on avait en stock parce qu’on est plusieurs à prendre des vidéo ou des photos de vacances, des souvenirs. Parfois, on fait des trucs pour faire un clip.

L : Soit on se dit on va faire un clip et on en fait un dans la journée. Pour « Simulateur de pêche », on s’est dit qu’on allait faire un truc qu’on n’avait jamais fait avant, c’est-à-dire un vrai scénario. Y’a un storyboard et tout.

J : Y’a une quantité de scènes où il faut tout pour que ça tienne.

L : On n’avait jamais fait ça.

J : D’ailleurs, ça donne un rendu bizarre parce que quand tu regardes le clip, t’oublies un peu la musique. T’es pas du tout dans le Simulateur de pêche.

L : Je trouve que ce collage est un peu trop complexe.

V : C’est marrant parce que tu peux entendre la musique en te disant les 3 petits cochons en te disant euh non, de quoi ça parle là ? Ca ne va pas du tout ensemble.

L : C’est un peu dérangeant. On dirait vraiment un gâteau à mille couches, un pain surprises.

Les chansons collent toujours avec le clip ? 

L : En général, oui mais pas pour « Simulateur de pêche ».

V : Si, pour « Simulateur de pêche », on a pensé aux 3 petits cochons et on s’est dit que ça serait génial. Et ensuite, on a écouté la musique et à chaque moment on s’est dit : tiens il se passe ça. Pas par rapport aux sens des paroles, plus par rapport à la musique. Ça ne met pas la musique en avant, et c’est ça qui est marrant aussi.

J : En même temps, si les gens sont en soirée, tac ils mettent l’ordinateur. Du coup, les gens qui sont au fond du salon, ils sont là, ils dansent sur « Simulateur de pêche ». Les gens qui sont près de l’ordinateur, ils sont collés à l’écran. Ceux qui sont dans la cuisine, ils entendent juste les basses, ils perçoivent autre chose.

V : La musique est une sorte de bonus.

J : Pour les extraits de film, c’est quand on est entrain de regarder un truc. C’est vraiment lié à la musique, on trouve que ça va bien ensemble.

Vous êtes hyper présents sur internet… 

V : On fait des concerts, c’est pas sur internet. On fera peut-être des CD un jour, mais c’est vrai qu’on est très présents sur internet, on aime vraiment ça. Dans les vidéos, on montre parfois qu’on sort d’internet, quand on est dans la rue et qu’on joue avec les objets qu’on trouve.

Vadim, tu as fait la vidéo « Allez viens« . Cela a été un tremplin pour Salut c’est cool ? 

V : Y’a pas de lien avec Salut c’est cool. Cette vidéo a servi de socle promotionnel pour Salut c’est cool. On s’en est servi pour élargir notre public. Comme on a vu que c’était une vidéo qui buzzait, on a mis dans la description « Au fait, nous c’est Salut c’estcCool » avec des petits liens.

C’est simple de porter le mulet en 2014 ? 

V : C’est très facile de porter la coupe mulet à notre époque. Pourquoi, tu voudrais qu’on soit discriminés ?

L : J’ai l’impression qu’on vit dans une époque assez tolérante.

J : L’excentricité est la bienvenue aujourd’hui. Mais il y a quand même des histoires glauques, où il y a des gens qui se font attaquer parce qu’ils sont différents. J’ai lu des trucs sur l’entre-deux guerres, où ils disaient que les gens étaient hyper tolérants. Mais bon, ça dépend où t’habites aussi. On a de la chance d’habiter dans une grande ville assez cosmopolite, où les gens s’en foutent de leur prochain.

V : Partout où on va, on n’a jamais eu de problèmes.

Vous avez fait la première partie des Naive New Beaters il y a longtemps, c’était comment ? 

J : Ca ne s’est pas très bien passé. Notre concert était à 20h, les gens étaient là pour voir les Naïve et pas nous.

L : C’était une de nos premières collaborations avec Wart. J’ai l’impression qu’ils ne savaient pas très bien juger notre musique. On est passés beaucoup trop tôt.

J : C’était pas du tout le même style quoi.

L : Aujourd’hui, je pense que la programmation serait un peu différente, ça se passerait mieux je pense.

C’est quoi vos projets pour 2014 ? J’ai entendu parler de Reggae Dub et d’Opéra-Techno. 

L : Ah oui c’est vrai ça.

V : On fait pas mal de reggae mais on ne sort pas grand chose dans ce style. Je pense que c’est plus facile de rater, de ne pas être sur.

J : On voudrait faire de beaux morceaux de reggae mais on n’y arrive pas trop.

Qu’est-ce-que vous n’aimeriez pas qu’on dise de vous ? 

J : Qu’on fait de la musique de merde.

L : J’aimerais pas qu’on se moque de mes amis et de ma famille.

V : J’aimerais pas qu’on m’aime au second degrés.

J : Qu’on dise qu’on est cyniques ou ironiques.

Salut c’est cool… 

V : La montagne.

J : Ah salaud.

V : Tu peux dire la mer.

J : Voilà maintenant que tu l’as dit, t’en a dit deux… Salut c’est cool, en jaune.

L : Salut c’est cool… de rajouter des mots après.

Vous avez prévu quelque chose de spéciale pour votre concert du 15 mars à La Maroquinerie ? 

V : Pas encore, mais ça va être très particulier.

J : On sait déjà qu’on va faire un long concert.

V : En première partie, il y aura « révolution musicale ».

J : Le concert ça sera plus comme une fête qu’un concert avec un début et une fin.

L : Comme une fête de village.

Y’aura du saucisson ? 

J : Pas trop, parce que je suis un peu végétarien.

V : Pour des gros événements, on peut acheter une grosse quantité de bananes ou de pommes. Une importante quantité de saucisson, c’est un peu moche.

L : C’est vrai que les fruits, ça a des formes beaucoup plus marrantes.

V : Et puis les fruits de saison, c’est là pour pas longtemps.

Un truc à rajouter ? 

L : Vous voulez jouer au flipper ? On peut faire une partie ensemble.

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