Leader de Junip depuis bientôt 15 ans, José Gonzalez jongle entre son groupe et sa carrière solo. Après avoir signé une partie de la BO du film « La vie rêvée de Walter Mitty » avec Ben Stiller, cet argentin exilé en Suède sort son 3ème album solo l’automne prochain. Interview.
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Au tout début, vous étiez trois (José Gonzalez, Elias Araya, Tobias Winterkorn). Comment vous êtes vous rencontrés ?

A la fin des années 1990, on a commencé à faire des démos guitare-voix en trio. On venait de différents groupes mais on a senti qu’on pouvait faire un nouveau genre de musique ensemble. Donc on a pensé le groupe Junip comme un groupe acoustique avec des guitares, des percussions et des synthétiseurs. C’est comme ça que nous avons commencé. Mais ensuite, il y a eu pas mal d’années où nous n’avons pas joué… Quand nous avons sorti notre premier album il y a quelques années, c’était comme si on recommençait tout une nouvelle fois.

Ça vous énerve quand on vous demande pourquoi vous avez passé 11 ans sans sortir d’album ?

En fait l’explication est simple. On faisait tous les trois autre chose à côté et Junip n’était pas un groupe actif pendant beaucoup d’années. On en parlait beaucoup entre nous mais on n’avait pas vraiment de projets. On avait des chansons qu’on aurait pu sortir en album mais on n’en était pas satisfaits à 100%.

Vous n’êtes que plus que 2 maintenant ( Elias a quitté le groupe) ?

Oui, mais on a l’impression d’être un groupe de 6 ou 7 membres. Quand nous avons sorti l’album « Junip » nous étions 3, mais sur scène on s’est retrouvés à 6. Mais c’est vrai que sur le papier nous ne sommes que 2.

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Cette transition n’est elle pas trop dure ?

Quand Elias est parti, Tobias et moi avons réfléchi à ce que l’on devait faire. On avait ce nouvel album ( « Junip ») et on avait vraiment envie de le jouer en live. C’était difficile de trouver des batteurs qui jouaient de la même manière que lui. On a fait la tournée avec deux gars différents : un Norvégien et un Américain de LA. Ils avaient chacun un style particulier. C’était fun de voir comment les versions des chansons changeaient en fonction du batteur. Mais il y avait des chansons qu’Elias jouait mieux que tous ces types. Donc dans un certain sens, il me manque.

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Vous avez aussi bossé avec Barbarossa.

Il faisait les percussions et les chœurs. Je l’ai rencontré quand je faisais des shows solos en 2004. Il faisait mes premières parties. J’avais pensé à faire appel à lui pendant beaucoup d’années. Quand nous avons fait cet album live, je l’ai contacté. Nos 2 voix se mélangent très bien ensemble.

Comment se passe l’écriture des chansons ?

Pour Junip, on commence toujours par la musique et on fait des démos, des chansons instrumentales en imaginant qu’il y aura des mélodies et des paroles plus tard. La plupart du temps, j’écris les mélodies et les textes chez moi. J’essaye d’écrire pour que les paroles deviennent lyriques, avec des métaphores intéressantes et colorées. J’aime écrire des choses plus personnelles, malheureusement on ne sait pas toujours de quoi ça parle. J’adore quand le message n’est pas tout de suite évident à comprendre.

Vous avez réalisé une sorte de court-métrage en deux parties pour vos clips (« Line of Fire » et « Your Life your Call »).

On a contacté Mikel Cee Karlsoon  qui est un réalisateur avec qui on avait déjà travaillé avant. On savait qu’il pouvait faire quelque chose d’intéressant pour nos chansons. On avait un temps et un budget limités. Il a eu l’idée de faire les deux vidéos en un week-end. Il savait qu’on allait sortir ces deux chansons séparément en single. Il a crée une histoire qui connectait « Line of Fire » et « Your Life, Your Call » ensemble. Le résultat est très intéressant et surtout très … scandinave ! On lui a donné carte blanche, on a vu l’histoire et ensuite le résultat. Il utilise cette technique de scènes qui reviennent en boucle. Ça montre comment les relations peuvent stagner et que dans la vie, les choses peuvent se répéter encore et encore.

Vous avez aussi participé à la BO de « La Vie Rêvée de Walter Mitty » avec Ben Stiller.

C’était assez cool. J’ai été contacté directement par Ben Stiller. Il filmait en Islande et écoutait Junip en même temps. Il a pensé que ça collerait parfaitement avec le film, que ça fonctionnerait en osmose. Alors, j’ai commencé à travailler avec Theodore Shapiro qui a composé la plupart des chansons du film. On a fait de la musique ensemble, et on a fini par utiliser 2 chansons de Junip et par en écrire de nouvelles aussi.

Comme « Stay Alive ».

Oui, j’ai fait beaucoup de démos qui n’ont pas fini comme chansons. Le film était pratiquement fini et 21th Century Fox voulait une chanson qui pourrait être utilisée dans le film mais aussi comme bande-son pour la promo. C’était la période où j’étais en tournée avec Junip donc « Stay Alive » a été écrite par Ryan Adams et Theodore Shapiro. Ensuite, j’ai enregistré la chanson à New York.

Vous êtes satisfait du résultat ?

J’ai beaucoup aimé le film. J’étais aussi content de pouvoir jouer « Stay Alive » en live quelques fois. Même si je pense que ce n’est pas mon style à 100%, je la trouve vraiment cool. Mon ambition était de faire quelque chose que Ben Stiller aimerait.

C’est un bon équilibre pour vous votre carrière solo et le groupe Junip ?

Oui, j’ai passé beaucoup de temps avec Junip ces derniers temps. L’an dernier était en quelque sorte consacré à la promotion et à la tournée pour l’album « Junip ». Cette année, je travaille sur un nouvel album solo mais je continue la tournée avec Junip. J’aime pouvoir alterner ma carrière solo, Junip, les enregistrements, les tournées… Pour le moment, c’est un très bon équilibre.

© Credit Kiara Andreasson

© Kiara Andreasson

Tu es le personnage principal d’un court-métrage « The Extraordinary-Ordinary Life of José Gonzalez ».

C’est un documentaire. C’était au moment où j’enregistrais « In Our Nature ». C’est Fredrik Egerstrand et Mikel Cee Karlsoon qui ont décidé de me filmer pendant mes enregistrements et la tournée. C’est plus un portrait personnel qu’un documentaire sur la musique.

C’était compliqué de se faire filmer dans des moments personnels ?

C’est un challenge. J’adore Mikel et Fredrik en tant que personnes mais quand tu te fais filmer, tu te rends compte de ce que tu fais vraiment. C’était un peu difficile parfois. Mais en fin de compte, les scènes qu’ils ont utilisées dans le documentaire sont celles où je ne me souviens pas que j’étais filmé.

Avec le recul, comment tu vois les deux albums que vous avez faits avec Junip,  « Fiels » et « Junip »?

Je les trouve vraiment cools tous les deux. Fields a un truc que nous n’avons pas remis dans le deuxième album particulièrement pour les chansons « Without You » et « In Every Direction » qui sont mes chansons préférées.  Je préfère quand même « Fields », même si on a réussi à trouver des univers intéressants sur « Junip ».

Et pour la suite ?

Pour le moment, je me concentre sur mon 3ème album solo qui sortira à l’Automne. Je fais aussi ce que je sais faire de mieux : enregistrer des albums et partir en tournée. C’est très cool donc je vais continuer dans cette voie-là. Mais la vie est très longue donc je suis sur que j’aurai le temps de faire des projets à côté comme des collaborations, des films ou des documentaires. Pour les prochaines années à venir, je vais juste me concentrer sur la musique et profiter de la vie.

Comment ça se passe en Suède ?

Il y a beaucoup de choses cools en Suède. C’est l’un de ces pays où nous avons un niveau de vie assez élevé. Je pense que ça se voit chez les gens. Là où je vis, Göteborg, c’est une ville de taille moyenne où il y a plein de cultures différentes, de bars. Il fait beau au maximum deux mois dans l’année, donc c’est déjà pas mal. J’ai déjà pensé à déménager même si je ne fais pas de recherches actives pour le moment. A force d’aller partout pendant les tournées, je commence à me lasser de la Suède. Mais d’un autre côté j’ai mon studio et mes amis ici… Concrètement, ce que j’aimerais faire c’est vivre une partie de l’année ailleurs et les 6 mois restants ici.

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