Les médias ont beaucoup parlé de lui. Louis de Gouyon Matignon est une personnalité singulière dans le paysage politique français.

Louis de Gouyon Matignon

Depuis quelques années déjà, il sillonne les routes de France pour aller à la rencontre des gens du voyage et son engagement m’a marqué au point que j’ai voulu le rencontrer. Rendez-vous était donc donné un vendredi après-midi, dans une brasserie située à quelques dizaines de mètres du Panthéon. Sympathique, bavard et plein de convictions, Louis m’a surpris, tant sa spontanéité passionnée pendant notre discussion a pris le pas sur la structure d’une conversation politique classique. Lui et moi avons le même âge mais pas la même façon d’interpréter le monde, même si certains de nos centres d’intérêt sont similaires ; il ne croit plus en la politique, alors que j’y crois encore ; il n’aime ni la philosophie, ni la sociologie ; lui croit en l’action. Malgré ces divergences, je l’aime bien, Louis ; les causes qu’il défend sont justes, alors lui l’est certainement un peu aussi.

Qui es-tu ? Où as-tu été à l’école ?

Je suis étudiant en droit et j’ai 23 ans. Je faisais de la guitare. Je me suis investi politiquement pour défendre les gens du voyage, jusqu’à créer un parti politique pour prôner l’Europe, principalement. J’ai été scolarisé jusqu’à la 6ème à Saint-Louis de Gonzague. Puis deux ans à La Salle Passy-Buzenval. Puis, je suis parti en pension en Angleterre pendant deux ans. Puis, pour le lycée, je suis allé ensuite à Saint-Martin-de-France. Dans cette école, ce fut compliqué pour moi puisque j’étais la tête de turc de mes camarades.

Qu’est-ce qui posait problème ? Ta particule ?

Pas du tout, puisque la majorité des élèves scolarisés là-bas vient de milieux très favorisés. Le problème, c’est qu’il s’agissait, pour la plupart, de petits cons du XVIe, qui jouent un peu aux rebelles, qui fument des pétards, qui sortent en boîte pour dépenser 1500 euros dans des bouteilles de champagne pour ensuite les répandre sur leurs copines. Je n’étais pas du tout habitué à cette culture et à cette façon de vivre. J’ai plutôt reçu une éducation stricte, en Angleterre par exemple ; j’étais moins dans la consommation, le vulgaire, l’ostentatoire ou l’argent qu’eux. Ce fut un choc pour moi mais cela m’a permis de voir ce que signifiait s’en prendre plein la gueule, et ça m’a permis de trouver la force de m’engager plus tard en faveur des gens que la société généralement marginalise. 

As-tu passé ton bac là-bas ?

Non, puisque ma mère sentait que ça devenait de plus en plus difficile pour moi à Saint Martin de France. Je rentrais à la maison avec des marques sur le visage ; je me faisais taper dessus ; c’était très difficile à vivre. Je n’en parlais pas à mes parents parce que c’est toujours délicat d’évoquer ce genre de choses quand on a 16 ou 17 ans ; j’avais un peu honte ; j’avais peur qu’ils se disent « notre fils, c’est une merde, il se fait taper dessus ». Mon seul refuge, c’était la musique, et plus particulièrement la guitare que j’avais commencée à apprendre en Angleterre où j’avais découvert le rock et le métal, genre Deep Purple, Jimi Hendrix, etc. À Saint-Martin-de-France, j’ai découvert le jazz manouche grâce à un professeur de musique, donc logiquement Django Reinhardt. Puis j’ai passé mon bac ES à l’Institut de la Tour, dans le XVIe, comme mes sœurs. Avant d’arriver à la fac, j’ai un peu cherché pour savoir ce que je voulais vraiment faire de ma vie. Au départ, j’avais opté pour Berklee, à Boston, après avoir fait un stage de musique là bas. En parallèle, j’ai commencé à nouer des liens avec les gens du voyage en allant dans des cafés pour y jouer, comme à la chope des puces, rue des Rosiers à Saint Ouen, au Clairon des chasseurs à Montmartre, au café I vers la Gare de l’Est, à l’Atelier Charonne, etc.

Cette démarche n’était pas un peu motivée par le désir du jeune aristo qui souhaite s’encanailler dans les endroits populos ?

Pas du tout. Pendant les années folles, il y avait des excentriques qui vivaient avec des personnes marginales ou qui partaient en Afrique, comme s’ils étaient en mal de sensations fortes. Or, ce n’était pas mon cas. J’ai simplement cherché, en les défendant, à combattre la souffrance qui moi aussi m’avait frappée, celle de l’exclusion. J’ai redoublé ma première année de droit. Et je suis ensuite parti un peu partout en France à la rencontre des gens du voyage. 

Comment as-tu réussi à t’intégrer chez les Tziganes ?

Un gitan m’a dit un jour : « Louis, sais-tu pourquoi tu as été accepté parmi nous ? Parce que il romeno », ce qui signifie « tu es un mec comme nous, tu es malin » ; c’est un très grand compliment ; ça veut dire, pour eux, que j’ai un truc particulier, je suis différent.

Es-tu croyant ?

Oui, j’essaye. Je suis chrétien, mais j’ai une position assez œcuménique ; je ne suis ni catholique, ni protestant, ni orthodoxe, je suis juste chrétien. Je lis la bible et j’essaye de m’en inspirer spirituellement et philosophiquement. Je me réfère là aux enseignements des Lumières qui furent fortement marqués par le Christianisme.

Comme Rousseau ?

Pas que lui. Voltaire critiquait en réalité le système en place qui usurpait le christianisme. Cette époque coïncide d’une certaine façon avec la fin du christianisme prédominant et la naissance du protestantisme. En réalité, ce que Calvin et Luther ont amorcé dès les XVe siècle a ensuite été repris par les penseurs des Lumières, comme Descartes. Les abus de l’Église étaient courants à cette époque là. Je pense notamment à César et Rodrigo Borgia pour illustrer ce que je suis en train d’expliquer.

Mais Descartes a quand même fini isolé, coupé du monde, loin de ses amis, pour partir à la recherche d’une quête intérieure quasi mystique…

Nous sommes tous appelés à une quête mystique. C’est la quête de la métaphysique : « Où va-t-on ? Qui sommes-nous ? Dieu existe-t-il ? Pourquoi la souffrance et la douleur ? Pourquoi défendre les autres ? Pourquoi ai-je ce besoin d‘aller constamment vers les autres ? » Parce que je veux vivre, et l’on ne vit qu’à travers les autres, pas tout seul. Freud a fait sa psychanalyse seul, mais entretenait en réalité des relations épistolaires avec certains confrères.

Que voulais-tu devenir quand tu étais enfant ?

Quand j’étais jeune, j’avais deux rêves : soit devenir astronaute pour pouvoir descendre sur Terre et porter les écussons fièrement du mec qui est allé dans l’espace, soit Pape. Je trouvais que Jean Paul II était vraiment le maître. Une image de lui m’a d’ailleurs bouleversée ; quand il est descendu de son avion en Israël, je crois, et qu’il a embrassé le sol, ça, je ne l’oublierai jamais ; c’est une image sublime. D’une certaine manière, le christianisme m’intéressait par son élégance, son panache, son histoire. En revanche, jusqu’à ma rencontre avec les gens du voyage, mon attrait pour le christianisme se limitait à quelque chose de culturel et historique plutôt que spirituel. Eux m’ont permis de développer l’aspect spirituel de mon intérêt pour cette religion, principalement parce qu’ils entretiennent une relation très forte avec Dieu.

Comment as-tu commencé la politique ?

Entre 18 ans et 20 ans, je suis devenu l’assistant parlementaire de Pierre Hérisson, sénateur UMP de Haute Savoie, parce qu’il s’occupait des gens du voyage sur un plan national : il présidait la commission consultative qui leur était dédiée. J’étais le plus jeune au Sénat. Pierre Hérisson est un notable de province, pas un homme politique de premier plan; il se contente de gérer ses petites affaires de loin entre Paris et la Province. Aujourd’hui, je demande à ce que le Sénat soit aboli. Je l’avais rencontré dans un rassemblement évangélique de gens du voyage. J’ai commencé à travailler pour lui par un stage de deux mois, puis il m’a embauché pour un an, mais j’ai été viré dès le mois d’avril, car je commençais vraiment à rentrer en opposition de manière récurrente avec d’autres parlementaires de l’UMP. Puis, j’ai publié mon premier ouvrage au sujet de la culture tzigane à l’âge de 20 ans, préfacé par Jack Lang, Pierre Hérisson et Marcel Campion, alors que je rentrais en deuxième année de droit. Puis est venu rapidement un deuxième livre, Gens du Voyage je vous aime, aux Éditions Michalon. C’est à ce moment là que j’ai commencé à intervenir régulièrement dans les médias.

Que penses-tu de la politique actuelle en France ?

Il y a une décadence de la classe politique en général. La droite était autrefois plus cultivée. Même la gauche connaissait mieux ses sujets ; ils connaissaient l’Histoire. Aujourd’hui, les seuls qui maîtrisent l’Histoire sur l’échiquier politique français, c’est l’extrême droite. Le monde politique actuel ne m’intéresse pas vraiment.

C’est sûr qu’elle est loin l’époque du Général de Gaulle ou de François Mitterrand.

Mitterrand a des rues entières à Genève et ça, personne ne le dit ; il a beaucoup triché ; c’était un vrai voyou. Il s’est aussi acoquiné avec le régime vichyste pendant la seconde guerre mondiale.

C’est faux, il s’est quand même échappé à trois reprises du stalag dans lequel il avait été enfermé, puis, dès qu’il a pu, il a rejoint les réseaux gaullistes, sous le nom de Morland, entre autre…

Mais il a reçu la Francisque ! Tous les vichystes n’ont pas eu la Francisque.

Seulement, pour recevoir la Francisque, il fallait en faire la demande, et cela lui a permis de commencer à organiser quelques réseaux de résistance sans être découvert trop rapidement. Il se couvrait ainsi…

Bien sûr… Et le fait de continuer à voir Maurice Papon alors qu’il était Président de la République, tu penses que c’est normal ?

[Papon a été inculpé en 1983 de complicité de crime contre l’humanité, Louis fait donc probablement allusion à Frédéric Bousquet…]

La seule chose que je reconnais à François Mitterrand, c’est qu’il était un homme d’État qui possédait une vraie stature présidentielle. Il avait compris qu’à terme, en politique, la force prédominerait sur les idées. Il était un peu trop verbeux, mais il était quand même plus cultivé que la majorité des autres personnages politiques.

Comme Charles de Gaulle, non ?

De Gaulle était moins verbeux ; il faisait moins de phrases. Mitterrand faisait des phrases presque parce qu’il n’avait que ça à faire valoir, alors que de Gaulle n’en avait pas besoin lui ; il était le vainqueur de la seconde guerre mondiale. Pour Mitterrand, c’était plus compliqué, il n’avait pas derrière lui autant de force…

Parce qu’il était le Président de tous les Français et pas seulement de ceux qui l’avaient élu ?

Ça, c’est une réplique typique de journaliste moderne.

C’est, faux, l’équilibre des forces, ça date de Machiavel [Le Prince, 16X]…

Pour moi, être le Président de tous les Français, c’est un truc récent que disent tous les journalistes. Tous les Présidents sont les présidents de tous les Français.

Sarkozy a échoué à cela, par exemple…

Non, il n’a pas échoué. Le problème est plus complexe que ça, et je ne veux pas rentrer dans ce débat là.

Pourquoi défendre spécifiquement les gens du voyage, et pas une autre cause ? Les gens du voyage ne détiennent pas le monopole de la marginalisation. Était-ce parce que le créneau était libre pour toi ?

Pas du tout. C’est la guitare qui m’a amené jusqu’à eux originellement. Maintenant, il y a d’autres causes que je souhaite aussi défendre…

Comme l’Europe ?

Oui, et aussi l’Afrique. Il faut renforcer les liens entre l’Europe et l’Afrique, entre la France et l’Afrique. J’y crois à la Françafrique.

Sans les diamants ?

Pas de diamants, pas de Giscard, pas de Bongo.

Pourtant, on n’a jamais eu la preuve que ces diamants ont vraiment existé, ou plutôt qu’il aient eu une quelconque valeur marchande. Peut-être ne s’agissait-il que des brillants de pacotille…

La seule chose que je sais, c’est qu’il n’y a jamais de fumée sans feu.

Cette réplique là est aussi celle qu’utilise les complotistes pour justifier leurs positions…

Oui, sauf que les complotistes ont une vision déformée de la fumée et de la taille réelle du feu ; ils modifient la réalité. Regarde, par exemple, quand ils voient que le tracé de la marche du 11 janvier représente, en réalité, le contour de la frontière israélienne, c’est un peu tiré par les cheveux comme interprétation. Ils me font marrer les complotistes ; ça pourrait même être une discipline sociale.

Pourquoi as-tu choisi de suivre des études de droit ?

Je souhaite devenir avocat. J’aimerais devenir docteur en droit, pour pouvoir me pencher sur la question des libertés fondamentales et du droit européen. Mais pour le moment, je ne sais pas trop encore. Le droit m’intéresse et j’aime le milieu universitaire, même si je suis plus un homme d’action qu’un intellectuel.

Comment tes camarades à la fac perçoivent-ils ton engagement ?

Je n’ai aucun ami à la fac, ou en dehors de la communauté des gens du voyage. J’ai juste quelques copains. À la fac, les jeunes de mon âge ne me parlent pas parce que je pense qu’ils sont un petit peu jaloux de moi. Les autres étudiants se fichent un peu de ce que je fais parce qu’ils ne sont pas forcement sensibles à ce genre de cause

Pourquoi sont-ils jaloux de toi ?

Parce que je suis présent dans les médias et que ça « brille » un peu. Quelque part, je fais ce que tout le monde voudrait faire, c’est-à-dire défendre une cause, donner un sens à sa vie.

Ton nom pose-t-il problème ?

Mon nom n’a pas beaucoup d’impact aujourd’hui, en dehors du milieu journalistique ou intellectuel. Or, tu n’es pas sans savoir qu’il y a de moins en moins de gens qui sont cultivés. Et les gens que je côtoie à la fac ne sont pas forcement des individus brillants qui sont au courant de ce genre de choses. Autrefois, on imaginait que faire du droit nécessitait une certaine culture générale et historique. Or, désormais, tout le monde fait du droit ; ça n’a plus rien de spécial ; tu peux même sortir de nulle part et devenir président de la République.

Es-tu heureux ?

Oui, vraiment, j’en suis sûr.

Même si tu n’as pas, comme tu viens de me le dire, une vie sociale typique d’un jeune de ton âge, c’est-à-dire avec des amis, des sorties, etc. ?

Je ne peux pas. Quand on fait des choix, on doit accepter d’en subir les conséquences. J’ai passé un contrat avec moi-même, ou plutôt avec mon destin qui me permet, d’une certaine façon, de réussir à n’être sensible qu’à la seule question de l’engagement. Je ne peux pas être avec les autres de mon âge ; ça ne m’intéresse pas, je ne m’entends pas bien avec eux. J’ai toujours été avec des gens soit plus âgés ou soit plus jeunes que moi ; j’occupe un rôle de grand frère, de protecteur avec les jeunes dont j’apprécie la candeur. Avec les plus jeunes ou les plus âgés, il y a une notion de respect qui s’instaure automatiquement et que je ne retrouve pas avec les gens de mon âge.

Aujourd’hui, il est exact de dire qu’à part la question du Front National quand elle est abordée d’une manière à charge ou un peu scandaleuse, la politique n’intéresse plus beaucoup les Français. La question de l’Europe, par exemple, n’est vraiment pas populaire ; tout le monde s’en fout.

Le Front National fonctionne et intéresse les gens parce que c’est le seul truc dynamique en France, comme le sont, par exemple, Podemos en Espagne et Syriza en Grèce. Les gens qualifient souvent le FN comme un parti d’extrême droite, ce qu’il est en France mais pas en Europe ; il suffit de le comparer à Aube Dorée pour voir qu’il n’est pas vraiment d’extrême droite.

Quel est ton projet politique à terme ?

En ce moment je termine un peu mon engagement auprès des tziganes pour pouvoir ensuite me concentrer exclusivement sur la question européenne. Ma mission était de leur donner de la visibilité, ce que j’ai réussi à faire, je crois, mais dans le contexte actuel, cette problématique ne fédère pas assez. Je continue tout de même à travailler en parallèle sur ce sujet, en publiant d’autres ouvrages ou en créant une maison d’édition, ce que je suis en train de faire en ce moment, ou un film, Otarné, qui va sortir bientôt. Mais si j’ai la chance, un jour, de pouvoir être retenu dans l’Histoire, j’aimerais que ce soit grâce à la question européenne ; c’est un sujet central aujourd’hui.

Que pensent tes parents de ton engagement ?

Ils sont fiers de moi ; ils me soutiennent vachement ; je vis encore chez eux.

Quelle Europe prônes-tu ?

Une Europe très forte, fédéraliste, soit au niveau national, soit au niveau régional, dans laquelle on décentraliserait le pouvoir sur le modèle allemand qui passe d’abord par les régions [landers], puis un centralisme supranational et supra étatique.

Et économiquement, quelle Europe voudrais-tu mettre en place ?

En réalité, aujourd’hui il existe une Europe économique des marchés. Or, je pense qu’il faut rapidement qu’on puisse être en mesure de mettre en place une Europe politique, sociale, culturelle et militaire. Pour faire simple, il faut que l’Europe devienne un pays fort, donc doté d’une armée.

Tu souhaites donc les États-Unis d’Europe ?

Bien sûr. Il faut une police et une armée européenne. Il faut que l’Europe soit aussi harmonisée juridiquement et fiscalement ; il faut un Président de l’Union européenne avec des ministres européens ou des ambassades européennes à l’étranger. Puis, je rajouterais quelques mesures un peu gadgets, des symboles, comme une carte d’identité européenne, un permis, des plaques d’immatriculation, etc. qui permettent aux citoyens de se sentir plus européens.

C’est vrai que dans la marche du 11 janvier, on n’a vu aucun drapeau européen…

C’est une erreur stratégique. Daesh ne s’attaque pas spécifiquement à la France mais à l’Occident ; ils nous voient comme des croisés ; ils sont restés dans une logique de guerre de conquête. Là où ils sont vraiment durs, injustes, c’est qu’ils sont antihistoriques. Tu ne brûles pas et tu ne décapites pas des gens au XXIe siècle. À la limite, si tu souhaites être dur, tu assassines des gens mais il faut le faire avec les règles de l’Histoire. Tu sais pourquoi ? Simplement parce qu’on n’en est plus là. Ces choses nous renvoient au Moyen Âge et à une conception de l’Homme qui est très basse. Que Daesh fasse la guerre à l’Occident et à la liberté de pensée peut se concevoir, mais qu’ils tuent des gens de la sorte c’est inadmissible. Et ce qui s’est passé début janvier en France n’était pas un acte terroriste. C’était un assassinat. Un acte terroriste, c’est différent, ça consiste à terroriser la population. En général, c’est un acte aveugle, avec une bombe dans un train, par exemple. Mais tuer des gens de manière aussi précise n’est pas un acte terroriste au sens commun. C’est une nuance importante.

Penses-tu que l’Europe a pour rôle d’intervenir face à Daesh ?

C’est sûr. On doit fédérer autour d’un projet politique commun, parce que la lutte antiterroriste est justifiée quand elle est portée à un niveau d’entraide commune qui permet de faire véritablement front face à une menace réelle. Aujourd’hui, pourquoi les gens se tournent-ils vers l’extrême droite ou Daesh ? Parce qu’ils n’ont pas de meuf, pas d’argent, et parce que personne ne les aime ou les aide à s’intégrer. En revanche, si l’on a un projet qui puisse nous porter sur un plan moral, au moins, il n’y aura plus ni extrême droite ni Daesh.

Penses-tu que l’Europe soit aussi une civilisation ?

Elle est une civilisation dans le sens où elle promeut des valeurs civilisatrices, ou tout du moins des valeurs culturelles qui sont bénéfiques. Tout le monde peut aspirer à être européen du moment que tout le monde souhaite aspirer aux valeurs de l’Europe. C’est pour cette raison que je crois beaucoup à l’entrée des pays du Maghreb ou de la Turquie dans l’Union Européenne. Être européen, ce n’est pas être blanc, porter les jeans pour les hommes, des jupes pour les femmes, avoir lu Schopenhauer et Rousseau ou avoir des grands-parents qui ont participé à la seconde guerre mondiale. Pour faire simple, si demain en Asie, des asiatiques sont fans de Bach, de Rousseau, ou de Kant, ça fera d’eux des Européens. C’est sur ce point que je combats l’extrême droite qui se trompe ; ils n’ont pas compris qu’aujourd’hui, les enjeux sont globaux et communs, pas locaux. L’Europe, c’est le berceau de tout, ainsi que le bassin méditerranéen dans son ensemble, grâce à la Grèce, à Rome, à l’ancien Empire Ottomans, ou à l’Égypte des pharaons ou de Cléopâtre.

Il serait pourtant délicat aujourd’hui d’intégrer l’Egypte, par exemple, à l’Europe, puisque l’État islamique est en Libye, ou l’Algérie, puisqu’il semblerait que les plaies de la décolonisation ne soient pas encore totalement pansées…

Pour l’Algérie, il s’agit d’un problème différent : la France doit dire pardon, j’en suis persuadé ; elle doit régler ses problèmes avec l’Algérie. La France n’a pas su aider les populations musulmanes algériennes. D’une manière générale, les musulmans sont encore exclus des sphères politiques et sociales. C’est pour cela que les jeunes « rebeus » en veulent à la France.

Ce qui se dit aussi dans parmi les jeunes musulmans, c’est qu’il existe une sorte de « magistère moral » des juifs en France. D’ailleurs, l’antisémitisme a rarement été à un niveau aussi élevé, et ce particulièrement parmi les jeunes musulmans qui se sentent exclus du système…

Ceci est un problème beaucoup plus récent. Et c’est quelque chose de différent…

Pourtant, il s’agit de faire un tour en banlieue pour entendre certains propos assez choquants à l’égard des juifs…

C’est à cause de Dieudonné et Soral ça. Mais fondamentalement, ce n’est pas ça le problème principal en France aujourd’hui. Pour moi, le message que l’on doit adresser aux jeunes de banlieue issus de l’immigration, aux blacks et aux rebeus, c’est « on vous aime, vous êtes Français ». Ce n’est pas plus compliqué que ça.

Où te situes-tu politiquement ?

Les vieux clivages n’existent plus aujourd’hui. Regarde les taux de participation aux élections… La politique n’existe plus. Ça ne sert à rien de se branler intellectuellement car les choses sont simples : la France, qu’elle le veuille où non, va continuer à aller vers l’Europe, puisque l’Histoire nous montre que les pays se distillent dans des unions de plus en plus globales et centralisées. Aujourd’hui, le combat des européens contre les nationalistes est identique au combat que pouvaient mener, il y a quelques siècles, les régionalistes et les nationalistes. Le seul clivage qui existe à présent se situe entre ceux qui ont des idées et ceux qui n’en ont pas.

C’est un peu populiste ce que tu dis là…

C’est populiste parce qu’aujourd’hui, c’est l’extrême droite qui incarne ces valeurs. Mais si demain un parti plus modéré se met à incarner ces valeurs et à dire ces choses, ça ne sera plus populiste.

C’est une pratique populiste et ancienne que de dénigrer systématiquement la contemporanéité… 

Ça ne sert à rien de faire des phrases pour faire des phrases. Il suffit de mettre en place ce que j’ai énoncé précédemment pour régler tous ces problèmes : intégration, Europe et culture.

Mais concrètement, au delà des « grandes idées », que proposes-tu pour réformer l’Europe ? Quelle est ta ligne politique ?

Je n’ai pas de ligne politique ; je fais de la politique avec de la force et des grandes idées comme tout grand homme fait de la politique. En clair, je n’ai pas de ligne politique, j’ai une vision et je laisse les lignes politiques aux hommes de parti. Je suis juste pragmatique, parce que ça ne veut rien dire « avoir une ligne politique ».

C’est faux. Par exemple, ne serait-ce qu’être néolibéral définit déjà une certaine ligne politique… 

Ça ne veut rien dire « être néolibéral ; ce genre de thématique n’intéresse uniquement que les gens comme toi qui aiment réfléchir et se prendre la tête sur des concepts abstraits.

La pensée, c’est l’essence originelle de l’Homme et de la vie… 

Ce que les gens comme toi ne comprennent pas, c’est qu’il n’y a plus de lignes politiques du tout. Si, pour toi, ce qui définit une ligne politique c’est d’être pour ou contre le mariage pour tous ou pour ou contre les entreprises, « cimer », ça ne vole pas haut.

Que fais-tu si demain tu deviens président de la République ?

Si demain j’arrive au pouvoir demain, je décentralise tout en cassant l’Assemblée nationale et le Sénat ; je crée ensuite des assemblées régionales à partir des régions historiques et artificielles. Plus le politique se rapprochera du peuple, et plus les choses seront tangibles et dynamiques. Je fais tout ça en une semaine. Il suffit d’appeler les présidents des Conseils régionaux et de demander l’avis à deux ou trois géographes et historiens du droit pour leur demander la méthodologie. Puis, j’adopte une position au niveau interétatique européen qui va dans le sens d’une Europe renforcée en prônant une constitution et une sécurité sociale européenne ainsi qu’une harmonisation des programmes scolaires au niveau européen.

Donc tu « européises » tout ? 

Exactement, et une fois que j’aurai terminé cette tâche, je me retirerai.

À Colombey-les-Deux-Églises ?

[Rire] Non, à Hossegor. La politique c’est ça. Ce n’est rien d’autre. Dernièrement, je discutais avec un mec qui me questionnait aux sujets de mes idées sur le mariage pour tous ou sur les syndicats. Et je lui ai expliqué que ce n’était pas ça la politique.

Encore une fois, ce n’est quand même pas la même chose d’être anticapitaliste que d’être néolibéral. Tu ne peux pas écarter ces grands marqueurs idéologiques d’un revers de main aussi facilement… 

Ça ne veut plus rien dire d’être anticapitaliste en 2015. Regarde le score du NPA, ça ne représente plus rien….

Justement parce que le FN a siphonné les voix dans les milieux populaires ou ouvriers, au détriment de la vraie gauche…

Le FN n’a pas du tout siphonné cet électorat là ; il a siphonné un électorat que l’on qualifie d’ouvrier mais qui, en réalité, ne se revendique pas comme tel.

Ce n’est pas vraiment une révélation que de dire qu’il n’y a plus d’ouvriers en France

C’est vrai. En réalité, le FN n’est pas le premier parti ouvrier, c’est le premier parti chez les pauvres en France. Arrêtons avec ces termes de merde comme « prolétariat » ou « ouvrier ». Les électeurs du Front National sont des pauvres, économiquement et culturellement. « Venez à moi vous qui êtes fatigués et chargés et je vous donnerai du repos », Matthieu 11 : 28. Voilà ce que propose le FN aujourd’hui au peuple ; ils ne sont pas cons et ça marche et en plus ils sont dans l’air du temps, puisque nous sommes dans une période dans laquelle les valeurs et les repères s’estompent et se perdent. Tu pourrais me dire : « Pourquoi Mélenchon ne cartonne donc pas comme Podémos ou Syriza ? » Parce qu’il n’est plus dans l’air du temps.

Quel est le problème avec la politique actuelle ?

Les gens n’ont plus d’idées en politique. Or, c’est grâce aux idées que l’on a une force et une vision en politique. Et c’est aussi pour cela que, depuis quelques années, les gens se désintéressent de la politique. On a plus d’hommes ou de femmes qui ont des visions. Or, dans l’Histoire, il y en a eu souvent. Personne en France ne se rend aujourd’hui compte de l’importance de l’Afrique. Toute ma vie, j’ai croisé des gens qui n’avaient pas d’idées. Quand je rencontre des journalistes qui me disent « c’est bien de défendre les Roms », je trouve ça affligeant et j’ai envie de leur répondre que la guerre c’est mal et que la paix c’est bien.

Pour toi, qu’est-ce que la grandeur ? J’ai vu une liste dans laquelle tu citais Daniel Cohn-Bendit, Charles de Gaulle, François Mitterrand, Jean-Marie Le Pen et Jean-Luc Mélenchon comme des modèles…

J’ai effectivement dit ça à un journaliste de Konbini. Depuis, j’ai un peu évolué mais je réitère globalement ce que j’ai dit : pour moi, ce sont des personnalités fortes et différentes qui m’ont marquées. Moins Mélenchon, parce qu’il est moins intéressant que les autres et qu’il n’est plus dans le coup. Qu’est-ce qu’un homme fort et providentiel ? C’est ce dont on a besoin aujourd’hui.

Tu y crois à cette notion d’ « homme providentiel » ?

Bien sûr qu’il faut un homme providentiel à ce pays. L’homme providentiel, c’est un homme qui sera vrai, qui aura des failles, qui ne mentira pas et qui aura quelque chose de noble en lui, au point de défendre les gens dans la rue.

Qu’est-ce qui différencie donc les hommes de la liste que tu as faite des autres leaders politique ?

Cohn-Bendit ne joue pas dans la même catégorie que Le Pen, que Mitterrand ou que de Gaulle en terme de vision et d’idées. Je dirais même que Mitterrand n’était pas l’égal de de Gaulle ou de Le Pen mais ça n’engage que moi. De Gaulle, le maître, avait une grande vision. Et c’est la même chose pour Le Pen qui, comme de Gaulle, avait une vision. Jean-Marie Le Pen avait une vision de la place que doit occuper la France dans le monde en plus d’avoir une conception de la politique différente de celle de la politique des partis…

Dominique de Villepin aussi, si l’on se base sur tes critères, avait une vision de la place que doit occuper la France dans le monde…

Sauf que Villepin n’a pas du tout le même parcours que Le Pen. Il n’a ni le même panache ni la même force que JMLP. Avoir une vision, c’est avoir de la force. Or, quand tu veux faire croire que tu as une vision et, qu’en réalité, tu n’as pas de force, les gens s’en rendent compte. Un mec comme Villepin, il lui manque la force alors que Le Pen l’avait. Le Pen provoquait les gens à l’épée !

Que faut-il pour qu’un homme providentiel puisse émerger à part des caractéristiques psychologiques particulières ?

Je pense que cela tient aussi au contexte. Quelqu’un de trop à droite aujourd’hui n’émergera pas ; ce n’est pas dans l’air du temps. Pour émerger aujourd’hui, il faut avoir beaucoup de personnalité et comprendre comment les choses sont vraiment. Tu sais, toutes les grandes questions appellent des réponses simples. Ce sont les questions sans solution qui appellent des réponses compliquées. Quand il y a un problème, il y a toujours une solution. Quand il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème.

Parfois, il arrive qu’il y ait plusieurs solutions, et c’est comme ça que le jeu politique prend vie…

C’est la raison pour laquelle je dis qu’il n’y a plus de politique : c’est parce qu’il n’y a plus de problèmes.

Que faudrait-il donc pour réenchanter la politique actuelle ?

Un homme providentiel fort qui remette un peu d’ordre dans toute cette merde.

 Penses-tu que tu vas réussir en politique ?

Je ne sais pas si je vais réussir en politique. Mais je n’ai rien envie de faire d’autre.

En quoi crois-tu ?

Je crois beaucoup à la décroissance, au financement participatif ou à collaboration citoyenne, même si je n’aime pas trop ces termes parce qu’ils sonnent trop « gauchiste ». Il faut calmer l’élan du capitalisme et il faut que l’économie soit davantage encadrée par la politique. Il faut revenir à des bases un peu plus saines.

Comment as-tu fait pour construire le parti européen grâce auquel tu t’es présenté aux dernières européennes ?

Je me suis tourné vers le peu de copains que j’avais à la fac pour lancer des appels sur les réseaux sociaux. On a réuni un budget total pour ces élections de 2700 euros, ce qui n’est vraiment rien.

Pourquoi ne rejoindrais-tu pas un parti déjà existant, pour éventuellement le reconstruire si besoin est, et ensuite pour parvenir à te faire élire ?

Je n’en ai pas envie parce que je ne souhaite pas me salir et me polluer. Les gens qui gravitent dans le monde politique actuel sont des affairistes, des arrivistes et des gagne-petit. C’est pour cela que je ne sais pas encore si mon avenir s’inscrira, à terme, dans la politique. Sinon, les gens les plus proches de mes idées actuellement, ce sont les centristes de l’UDI et EELV. Or, c’est difficile de monter une révolution avec ces gens là.

Mais ce n’est pas en étant avocat que tu parviendras à changer le monde…

C’est la raison pour laquelle je crois aux forces de l’esprit et que je ne vous quitterai pas. L’action politique risque cependant de beaucoup changer dans les années à venir. Les vieux partis vont s’estomper et disparaître. Et moi, je suis plus dans l’action. Ce qui me ferait envie, ce serait de réaliser des actions fortes. D’ailleurs, Je voulais prendre l’Assemblée nationale avec des jeunes, mais c’est compliqué à faire ce genre de chose…

Tu manquais de jeunes ? 

Oui, je manquais de gens qui avaient des couilles parce que s’attaquer à une institution de l’État est considéré par la loi comme un acte terroriste. Mais moi, faire de la prison pour mes idées, ça ne m’aurait pas dérangé. Rentrer dans l’Assemblée nationale et grimper sur le perchoir pour annoncer le changement, ça m’aurait bien plu. Mais le problème que tu vas avoir quand tu vas écrire cet article, c’est que tu vas me faire passer pour un marginal. Et tu sais pourquoi ? Parce que plus personne n’est comme moi aujourd’hui et les gens vont penser que je suis un fou. Je ne souhaite pas être un marginal, puisque mon but, c’est de faire de la politique et d’entraîner les gens vers de nouvelles choses.

Si l’Histoire ne se souvient pas de toi, penses-tu que tu auras échoué ?

Oui. Mon accomplissement se définira quand moi j’aurai jugé que j’aurai accompli ma tâche, donc quand je ne verrai plus de gens qui dorment dans la rue, qu’il y aura une concorde nationale rétablie et que d’autres personnes émergeront après moi avec d’autres projets. Mon grand combat, c’est la lutte contre l’exclusion. Je suis plus de gauche que de droite dans mes idées, mais je ne suis ni vraiment de gauche ni vraiment de droite. Le mariage pour tous je m’en fous. Par contre, il faut dire aux gens moches, aux déshérités, à ceux qui sont isolés en province, que je les aime et qu’on les aime. C’est ça la France et c’est ainsi qu’on va réussir. Mais personne ne le voit aujourd’hui alors qu’il suffit juste d’avoir un discours simple et fort pour changer le destin du pays. Représenter la France, c’est aller partout à la rencontre des gens, ne pas tricher, ne pas avoir de maîtresse, ne pas être « bling-bling », avoir de vraies visions, parler du peuple sans se cacher derrière le politiquement correct. J’en ai marre du politiquement correct !

Je ne comprends pas, qu’est-ce qu’avoir une maîtresse vient foutre là-dedans ?

C’est minable un mec comme Hollande qui a des maîtresses. C’est une très mauvaise image.

Je ne comprends toujours pas. François Mitterrand ou des Rois de France, tel que Louis XV, avaient des maîtresses et pourtant, ça ne les a pas empêché de gouverner le pays…

Oui, mais c’est minable. Qui se souvient de Louis XV dans l’Histoire ? Personne.

Si je t’en parle et que je suis né en 1990, c’est donc certainement que Louis XV fait toujours partie de l’Histoire…

Quand tu es président de la France tu n’as pas de maîtresse. Il manque une vision spirituelle dans la fonction présidentielle telle qu’elle existe aujourd’hui. Un homme providentiel, c’est quelqu’un qui ressemblera plus à un moine qu’à un homme politique, en terme d’abnégation notamment, ce qui signifie tout donner pour ce en quoi tu crois et pour ton pays.

Selon toi, un homme providentiel n’a donc, pour unique maîtresse, que la France…

Il doit plutôt s’occuper des gens qui souffrent, qui sont exclus, qui sont seuls, qui sont loin de chez eux, qui ont froid, qui sont moches, qui sont cons, qui n’ont ni travail, ni famille, ni avenir. Voilà mon intuition. Je suis donc plutôt à gauche avec des idées comme celles-ci. Et je n’aime pas les gens de droite. À la limite, je préfère plutôt les gens d’extrême droite aux gens de la droite classique parce qu’ils ont plus de culture et qu’ils croient en quelque chose. Les gens des partis du milieu ne croient en rien à part en eux. Et ça m’emmerde. Un [jeune] mec du PS, c’est comme un [jeune] mec de l’UMP : c’est un petit con qui va manger dans des restaurants, qui commande des sushis et qui dit qu’il faut aider les pauvres. Ce sont des enculés. Ils mangent pour je ne sais pas combien d’euros le midi dans des brasseries hors de prix alors qu’ils sont étudiants et qu’ils devraient se contenter de manger au CROUS et de fermer leur gueule. J’en croise tous les jours des gens comme ça. Et effectivement, c’est bien parce qu’il y a des gens pauvres que l’on doit se comporter comme des pauvres. On ne peut pas consommer comme on le fait tant qu’il y aura autant de pauvreté dans ce pays ; ce n’est pas ça être national, ce n’est pas ça être Français. Moi, à quinze ans, j’étais déjà auprès des gens les plus pauvres de France. Alors les jeunes bourgeois qui me donnent des leçons de morale, je les envoie chier ; quand ce type de personne aura accompli autant de choses que moi, il pourra la ramener, mais pas avant.

A propos de l'auteur

Journaliste, Gribouilleur, Novö Pandore, etc...

Une réponse

  1. Zarkov

    ITW très intéressante, bravo… Je l’aime bien, ce Louis-là, même si son obsession de « l’homme providentiel » me gêne un peu. En tout cas, chouette discours à contre-courant sur l’Europe, la modernité et le reste. Vivement que ce soit cette génération de jeunes Européens qui arrive aux manettes. Réflexion perso, sa vision de la “Françafrique” idéale me fait penser à “l’Afrance” du romancier de SF Stefan Wul.
    Note à l’auteur : c’est « René » Bousquet, pas « Frédéric », enfin quoi !

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