A l’occasion de leur tournée française, je me suis rendue au concert des manceaux The Dead Mantra. Rencontre.

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Parti de Paris en direction de Lille puis de Liège, le groupe Shoegaze est ensuite descendu vers le sud de la France avant de terminer sa tournée d’une dizaine de jours en terre lyonnaise. Nous décidons de nous entretenir à bord de leur van, garé devant le bar dans lequel ils se produiront deux heures plus tard. C’était l’occasion de faire un bilan sur le Nemure Tour et de leur album du même nom, sorti en septembre 2014, du succès critique – justifié et mérité – de ce superbe, album, de leurs volontées artistiques et personnelles. C’est un groupe soudé et drôle qui se livre à moi.

Pouvez-vous commencer par vous présenter ?

Paul : Paul, guitare et chant.

Pierre : Pierre Hamelin, fils de Francis et de Marianne, actuellement batteur.

Louis: Louis, fan du Seigneur des Anneaux, ayant appris par coeur toutes les répliques de Gandalf.

Pierre : C’est faux en plus. C’est moi espèce de batard.

Louis : Je le fais depuis des années Pierre. Actuellement guitariste.

Henri : Henri, moi je suis bassiste et je ne dis pas de bêtises.

Paul : et Thibault, technicien son et seule personne capable de nous supporter une semaine entière.

Comment se passe la tournée ? Vous avez commencé il y a une petite semaine.

Pierre : Comme je te le disais, on a deux sujets de discussion, on est revenu à des besoins primaires, c’est à dire la bouffe et faire caca.

Paul : C’est un peu l’essentiel de nos journées. Sinon super bien. Après il y a des dates comme hier soir où c’est la plantade totale. On a fait 12 entrées au total mais je suis pas sûr qu’il y ait eu 12 personnes.

Henri : On a fait 12 entrées et ce n’est pas beaucoup dans une salle qui peut en accueillir 60.

Paul : C’est inquiétant quand tu es sur scène et que tu peux compter le nombre de gens qui sont là. Il y a des dates où il n’y a personne mais c’est cool quand même, c’est marrant.

Henri : On a pas trop le temps de découvrir les villes, c’est pas du vrai tourisme en fait. Par contre le QI baisse et on est sincèrement désolé, ça fait cinq jours qu’on traîne ensemble et que personne vraiment de l’extérieur nous parle donc on a des formes de running gag qui font qu’on passe pour des vieux relous.

Paul : Pour faire l’intéressant, Henri lit des livres dans le van. En ce moment il lit Houellebec tu vois.

Henri : Je m’intéresse à l’actualité tout simplement. Après j’enchaîne avec le prix nobel de la littérature, et bientôt je me ferai un petit Dostoïevski.

Paul : Globalement ça se passe bien, les orgas des concerts ont été supers cools. On n’a pas d’anecdotes de oufs pour le moment, à part qu’on a failli dégueuler pendant le concert à Liège. On a jouer sur un bateau, on a dû faire un morceau en moins. Je n’étais pas très bien, Pierre me regardait en me disant que ça ne va pas, et pendant le dernier morceau ça tournait vraiment trop. Pierre était pas bien, moi j’ai cru que j’allais dégueuler sur scène, pas terrible.

Vous n’aviez pas prévu que vous pourriez avoir le mal de mer ?

Paul : Ben non ! On avait déjà joué sur des péniches au Mans mais là ça bougeait vachement. C’est la seule anecdote intéressante. Et on a mangé une carbonade flamande.

Louis : On a perdu un maroilles en route.

Henri : C’est très musical tout ça. On était au marché, il n’y avait pas grand monde. Je voulais acheter un maroilles parce que j’aime bien ça et je me suis dit que ça ferait un peu chier les gars comme ça allait puer. Mais je pensais que ça ne puerait pas trop. Donc j’en ai acheté un entier à quinze balles, vraiment c’était un gros pavé, et on l’a mis dans le van et ça puait la mort. Vraiment c’était impossible. Je pensais que ça allait passer alors je commence à m’endormir. Je dors une heure et je me réveille et je demande à Pierre « ça va? » et il me hurle dessus que je suis un enculé, que c’est dégueulasse. Il s’est un petit peu énervé, donc j’ai mis le maroilles à la fenêtre en arrivant et il se trouve que je l’ai retrouvé dans l’eau de pluie. 15 euros, un délicieux maroilles bien fumant.

Paul : On attend le résultat des caméras infra-rouges mais on pense que c’est Pierre qui a fait ça.

Vous avez organisé votre tournée seuls ?

Paul : Oui. Ca fait cinq ans qu’on joue, donc il y a des endroits où on a déjà joué, on a quelques contacts, on connaît des gens par des potes ou par Facebook. Booker une tounée tout seul ce n’est pas compliqué mais c’est super chronophage. Après par contre on se retrouve avec des dates où on ne fait pas du tout de tunes. On arrive à équilibrer en ayant quelque part des meilleures conditions, on équilibre avec les dates qui se passent bien.

Le but c’est de rembourser la tournée ?

Paul : On a la location du van à payer, on a fait un peu de merch, donc ça aide un peu dans ce genre de dispositif là, mais le but c’est de profiter, on sait qu’on gagnera pas d’argent.

C’est la première fois que vous faites une tournée comme celle-là ?

Henri : Ouais, on avait fait que deux ou trois jours avant. On avait pris le van aussi.

Paul : On est vraiment des gens peu organisés globalement et c’est la première fois qu’on fait un vrai truc.

Est-ce que votre label Cranes Records vous aide ?

Paul : Ils ont fait des tee-shirts, ils ont pressé des nouveaux disques. C’est mieux d’avoir les disques sur nous pour que les gens ne commandent pas sur internet et qu’ils économisent les frais de port.

Pierre : Après le label nous aide psychologiquement on va dire. Mais vu que c’est Paul qui avait les contacts pour la tournée et pas Cranes c »était plus logique que ce soit Paul qui s’en occupe. Ils n’ont pas les moyens de nous aider, s’ils avaient pu ils l’auraient fait mais ils ne peuvent pas. Et ils sont peut-être encore moins organisés que nous. Ils peuvent pas se permettre et je le comprends tout à fait.

Henri : C’est un tout petit label, qui aide un petit groupe.

Ils vous ont donc pressé des vinyles.

Paul : On en a cinquante avec une pochette différente. Elle est argentée, elle n’est plus dorée.

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Quelle était l’idée du visuelle de la pochette (Une cathédrale ndlr) ?

Paul : C’est Cranes qui s’en est chargé.

Henri : On est leur muse. C’est vraiment ça, c’est à dire qu’esthétiquement ils s’inspirent de ce qu’on fait et ils nous proposent une version alternative.

Paul : On a un deal assez intéressant dans le sens où ils se nourrissent vachement de la musique et les deux marchent bien. Je pense que leur univers visuel cohabite bien avec la musique. C’est peut-être hyper con mais comme on est avec eux depuis longtemps, ça fait trois ans, quand tu es sur le même label depuis trois ans, c’est comme lorsque tu sors avec une meuf depuis un moment, il y a des choses… si tu restes autant de temps ensemble c’est qu’il y a des raisons.

Tu compares la relation avec ta copine avec ton label ?

Paul : Non mais si ça marche bien ensemble c’est qu’il y a des atômes crochus. Il y a des groupes qui ont fait des trucs chez Cranes qui passent moins bien, nous on a un truc assez évident dans notre relation. Et le visuel est venu très vite en plus.

Avez-vous comme objectif de faire un concert dans une cathédrale ?

Henri : Ca serait bien mais ce n’est pas notre ambition première. On voulait faire un truc à l’Abbaye de l’Epau. C’est pas un but en soi mais c’est un truc qui nous plairait.

Paul : C’est marrant, l’imagerie un peu religieuse est venue assez naturellement, à la fois de notre côté et du côté du label qui a joué là-dessus. C’est drôle parce qu’il y a quelque mois j’ai changé les infos de la pages Facebook, de dark pop shoegaze à gregorian shoegaze. Je crois que même ici, à Toulouse, sur les trucs avec les concerts de ce mois-ci c’est noté Gregorian Shoegaze alors que c’est une grosse connerie à la base. Mais oui, jouer dans une cathédrale j’aimerais bien, mais ça dépend laquelle parce qu’il y en a qui sont moches.

Pierre : A la cathédrale d’Evry ça serait tellement cool ! Il faut savoir qu’elle n’est pas en croix mais en rond. Et elle est en briques oranges. Elle ressemble à un énorme pot de chambre, et avec les arbres, on dirait qu’elle a des poils pubiens! Ils ont fait ça en rond je crois parce que soit disant la religion catholique rassemble, genre venez tous dans mes bras. C’est quand même Jean-Paul II qui a consacré cette église !

Paul : Quelle horreur, comment ils ont pu faire un truc pareil. On dirait une SMAC, les SMAC ressemblent à ça. C’est très bizarre et vilain. Donc non on ne jouerait pas dans celle là, mais à la Cathédrale du Mans pourquoi pas.

Ca serait un peu la consécration pour vous.

Henri : Ca serait un peu « et si monsieur le maire du Mans » de Jean-Luc le Ténia. « Donnez la médaille du mérite! » dans sa chanson « si tu me quittais des yeux« . D’ailleurs quand Jean-Luc le Ténia est mort, Didier Wampas l’a repris à Paris, et il a juste remplacé Le Mans par Paris, il n’a rien compris ! Ce qui est important c’est que Jean-Luc le Ténia parle du Mans.

Est-ce que finalement ça vous a pas plus aidé qu’autre chose de venir d’une ville où il ne se passe pas grand chose ?

Henri : On nous a dit qu’on jouait sur ce côté-là, et on nous l’a reproché, alors que ça fait à peu près deux ans et demi qu’il se passe plein de nouveaux trucs au Mans. C’est quand même assez étrange. Alors que lorsqu’on était au lycée, il ne se passait putain de rien, ou alors personne ne nous a contacté ou bien personne ne voulait nous voir.

Paul : Quand on a commencé on était pas dans les bons cercles parce qu’on faisait partie des plus jeunes qui faisaient de la musique au Mans et qu’on ne se mélangeait pas trop avec les mecs qui étaient fans de Toto ou d’Incubus. Non c’était Kreposuk le groupe au Mans quoi. Nous on ne se mélangeait pas trop à ça et à côté il y avait une scène hardcore hyper bien au Mans et on était trop jeune, ou on ne connaissait pas ces gens là.

Henri : Ou trop mauvais.

Paul  : Aussi. Mais par contre dans l’absolu il se passe de plus en plus de trucs vraiment chouettes au Mans, mais on ne va pas non plus s’empêcher de dire que c’est une ville déprimante et tous les gens qui y habitent le pensent. Ce n’est pas parce que ta ville est moche et déprimante que tu ne peux pas aimer y vivre ou aimer y faire des soirées. On y rentre hyper souvent.

Henri : Attention parce que là quelqu’un va te dire « Ouais mais le vieux Mans quand même !« . Le vieux Mans c’est quatre rues, quatre putain de rues dans le vieux Mans, putain.

Revenons à Nemure. Pourquoi avoir décidé de mettre en image Mxeico ?

Henri : On a décidé à notre place.

Paul : Pour le coup c’est notre label qui voulait le faire et ça tombait hyper bien. L’éminence grise de Cranes c’est Ragnar et Denis, et à ce moment là Ragnar était en stage à Tijuana, et il a écouté le son avec un pote à lui là bas qui est réalisateur, Ricardo Silva. Il a voulu taffer sur ce morceau et Ragnar pensait que c’était une bonne idée aussi, donc c’est un peu eux qui ont décidé et le fait que le titre du morceau tombe sur un truc tourné au Mexique ça tombait particulièrement bien. Si on avait voulu le faire exprès je pense qu’on aurait pas pu faire aussi bien.

Henri : Putain je n’y avais jamais pensé.

Vous vous attendiez à ce retour ? Pas mal de médias en ont parlé.

Henri : C’est quelque chose qui reste assez confidentiel mais ça nous a fait plaisir en tout cas.

Louis : Enfin à notre échelle c’est quand même assez conséquent, par rapport à ce qu’on faisait avant.

Paul : On s’y attendait. La première fois que je l’ai reçu chez moi, je me suis dit que le mec était doué, mais il y a plein de clips qui sont supers jolis et je ne m’attendais pas à prendre une grosse claque dans la gueule en fait. J’avais pas imaginé ça pour un mec qui faisait un clip pour nous en liberté totale, le mec a fait ce qu’il voulait, je ne pensais pas qu’on pourrait se prendre une claque. Et ça colle bien avec le morceau, une fois qu’on a vu le clip on s’est dit qu’il y avait moyen qu’il marche bien. On est pas des pros de l’image donc ce n’était pas calculé.

Plus globalement, l’album en lui-même a été plutôt encensé.

Paul : C’est ça qui est intéressant dans la tournée, c’est qu’il y a un truc un peu différent, et si tu veux heureusement qu’on partait pas dans cette mentalité là. Quand tu as un papier dans les Inrocks et dans plusieurs autres magazines nationaux et que tu arrives et que tu joues devant 12 personnes à Bordeaux, tu relativises ta célébrité. Mais ça fait plaisir parce que ça veut dire qu’il y a une reconnaissance.

Louis : Je pense que par rapport à avant il y a vraiment quand même des gens qui écoutent ce qu’on fait et qui viennent. À Bordeaux un mec était tout seul et il kiffait vraiment.

Paul : Il commence à y avoir des gens qu’on ne connaît pas, qui ne sont pas des potes de potes, qu’on ne connaît ni d’Eve ni d’Adam. Il y a des gens qui sont prêts à se déplacer.

Louis : C’est un grand saut, même si ce n’est que deux personnes à un concert.

Il y a eu cette petite affaire avec les Inrocks. (Le groupe a été pendant plusieurs semaines en première place du Top des internautes sur les Inrocks.com, mais leur nom n’est pas apparu sur le top final.) C’est important ou ce n’est pas important ?

Paul : Ca nous a fait surtout beaucoup rigoler. En même temps il y a plein de nos potes qui ont voté.

Henri : Il y a des gens qui ont voté 15 fois, moi-même j’ai voté 30 fois, et j’en ai un peu honte. Ils m’en ont presque voulu, mais à titre personnel j’arrive pas à prendre ça au sérieux.

Paul : Ca faisait trois semaines qu’on était tout en haut, des trucs bougeaient dans le top mais pas nous. Mais comme on est des gros casses couilles, si je tombe sur un mec des Inrocks je manquerais pas de le lui rappeler.

Pierre : Mais c’était un troll, point barre, qu’ils nous aient enlevé c’est encore plus drôle mais bon. On est pas vexé tu vois.

Paul : De toute façon, à partir du moment où on a encore les captures d’écran de nous avec le sexe posé sur le visage de Mac Demarco, on est content.

Henri : C’est peut-être complètement con mais le classement s’affichait après que tu ais voté pour un groupe. Je pense que lorsque tu avais voté pour un groupe ça l’insérait dans le top 10 pour que les gens continuent à voter.

Paul : C’est un complotiste.

Henri : Oui, et cela dit, ils ne nous disent pas tout.

Paul : Non mais les Inrocks c’est un ballon de baudruche, ça nous a juste fait beaucoup rigoler.

Henri : C’est une frite en mousse si tu veux.

Tout à l’heure Paul tu disais que vous n’aviez pas pensé au côté religieux de votre musique. Au final c’est assez prédominant dans l’album.

Paul : La plupart des morceaux ne parlent pas de ça en plus. Mais oui, et ce n’est pas un truc qui est fréquent dans la scène shoegaze.

Henri : Il y a quelque chose de très religieux dans notre musique. La religion catholique est basée sur la crainte de Dieu, et nous on a peur de notre public et de notre propre musique, donc il doit y avoir quelque chose là-dessus.

Pour toi, le public est comparable à Dieu ?

Henri : Non c’est une connerie. Mais il y a une sorte d’idéal quand tu fais de la musique, et cet idéal pourrait être ça, mais c’est comme lorsque tu fais quoique ce soit. On disait à une fille à Liège que le mystique ce n’est pas que le religieux. Un stade de foot est mystique tout comme une église l’est.  Un truc transcendental en fait.

Personnellement, je trouve que la plus mystique de vos chansons est « 1996 ».

Henri : C’est Louis qui l’a composé.

Louis : Non c’est pas vrai.

Henri : C’est toute la puissance de Louis.

Paul : C’est le morceau composé le plus ensemble. Louis est arrivé avec une idée de base et on a vraiment tout contruit autour ensemble.

Louis : On l’a beaucoup retravaillé en studio aussi.

Henri : Même les ingés son ont construit le morceau après que nous on l’ait fait. C’est à dire qu’on est arrivé à la première salve d’enregistrement, le morceau n’était pas concret, pas correct, il manquait une guitare, etc. Et Louis a été chez l’ingé son, Thibault, pour ajouter des trucs et remodeler la chose.

Paul : C’est la musique qui génère ça, moi ça me fait plaisir que tu aimes ce morceau parce que c’est l’un des textes les plus perso de l’album. C’est un morceau qui parle à aucun moment de trucs trop flous. C’est juste un morceau qui parle d’enfance, et qui est le seul que j’associe à des vrais trucs.

D’ailleurs 1996 correspond à quoi ?

Paul : ça correspond à l’année où je suis partie de là où j’habitais avec mes parents quand j’étais gamin, à côté de Montauban.

Henri : D’ailleurs si tu écoutes bien tu entends « Near Montaubaaan! ».

Paul : Non mais je parle d’une forêt, et je peux t’envoyer un preview de l’endroit dont ça parle, et tu verras une forêt et c’est l’endroit où j’allais jouer avec mon grand-père. Et c’est un morceau vraiment personnel. Après c’est peut-être le fait qu’on soit tous les quatre et qu’on joue tous les quatre qui fait qu’il se dégage quelque chose de particulier.

Henri : Moi en tout cas je vois la nostalgie. Je pense que c’est une chanson nostalgique. Mais la nostagie ce n’est pas de la tristesse, c’est réconfortant.

Paul : Ce sont des sentiments, dans le morceau je m’adresse à mon frangin, de trucs dont je ne lui ai jamais parlé.

Henri : Je savais même pas.

Vous faites une musique post-punk, dans la vie vous l’êtes un peu ?

Pierre : Punk ? Mais tellement pas, je suis en école de commerce. Mais c’est ça qui est bien. Moi j’aime me dire que non. On est tous étudiants et en plus même si on parle beaucoup de caca etc, on est très propre. On est assez bourgeois au final. Après la musique c’est une sorte d’échappatoire mais ça ne veut pas dire que j’aime pas ce que je fais à l’extérieur de la musique. C’est une échappatoire.

Henri : C’est un bon exutoire.

Pierre : Mais on est tous punks à notre manière. Moi par exemple quand je vais chier, je ne vais pas mettre de sent-bon après tu vois.

Henri : Un vrai kepon.

Paul : Le plus punk d’entre nous c’est Henri normalement. Henri est beaucoup plus punk. Quand il arrive au milieu d’un groupe qu’on ne connaît pas, il crache par terre. Non on est pas vraiment des punks. Même sur la musique en elle-même. On se prend pas trop la tête. Si on devait être un peu punk, c’est que pour nous notre trajectoire idéale n’est pas de faire une résidence dans la SMAC chez nous, de faire la tournée des TransMusicales et tous les gros festivals et toutes les salles de France tu vois.

Pierre : Tu me proposes les Trans j’y vais.

Paul : Moi aussi mais je pense qu’il y a beaucoup de groupes qui commencent avec cette idée là, d’arriver direct à faire tous les tremplins à la con, le Printemps de Bourges, etc.

Henri : Les tremplins c’est bien mais il ne faut pas te manger le plafond tu vois. Mais c’est vraiment ce que je pense en plus, c’est ça les tremplins.

Paul : On n’est pas dans une professionnalisation à la con.

Pierre : Et la musique ça gagne rien. Je suis sûr que même Fauve ils gagnent rien.

Louis : Ils gagnent, ils ont rempli 14 Bataclans d’affilé.

Pierre : Mais ça dure combien de temps ? C’est comme être joueur de ligue 2, tu flambes pendant trois ou cinq ans, tu achètes une Ferrari mais après tu n’es plus rien, tu termines commentateur sportif.

Louis : Ouais enfin là on est dans un jumper citroën qui ne démarre pas le matin.

Pierre : Mais mec c’est aussi bien putain, on vit ensemble ! De quoi tu te plains !

Quels sont vos projets après la tournée ?

Paul : L’idée c’est de ressortir un truc vite.

Henri : Enfin vite pour nous ça veut dire à la rentrée prochaine éventuellement.

Paul : On a passé tellement de temps sur l’album, et c’était vraiment cool mais on a envie de ré-enregistrer un truc sans passer deux ans dessus. Je pense qu’on a tous eu un petit passage à vide au moment où l’album est sorti, on était tous pas très bien, tous pas trop dans un super bon mood au niveau du groupe. On a eu un espèce de baby blues, on a laché un truc tellement gros. Là du coup on a hyper envie de faire de la musique ensemble. C’est le but globalement. Comme je te le disais tout à l’heure, notre but n’est pas de faire des SMAC et de trouver des tourneurs et devenir pros.

Henri : Bizarrement c’était plutôt ça au tout début. C’est plus le même accomplissement.

Paul : On part en tournée faire de la musique mais si on était un peu organisé on aurait pu juste partir en vacances. Ça nous permet de passer du temps ensemble. On a une vraie relation.

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