En défendant l’esclavage sexuel pratiqué par le Japon pendant la seconde guerre mondiale, le nationaliste Toru Hashimoto a provoqué la colère de certains pays de la région, qui étaient forcés de fournir ces jeunes filles à l’armée nippone.

Japon

La servitude sexuelle est-elle excusable en temps de guerre? La réponse serait oui selon Toru Hashimoto, le maire d’Osaka. Celles que l’on nomme avec euphémisme les « femmes de réconfort » étaient « nécessaires » pour maintenir la discipline dans les rangs de l’armée japonaise et pour « apporter du repos aux soldats qui risquaient leur vie sur le champ de bataille », a déclaré l’élu devant toutes les télévisions nippones.

Coréennes, Chinoises, Philippines, elles auraient été environ 200 000 à être réduites en esclavage par le Japon.

Un négationnisme récurrent

La reconnaissance, à demi-mot, par le pays de ses crimes de guerre est une source fréquente de tensions avec ses voisins asiatiques. La Corée du Sud a exprimé sa « profonde déception » à la suite de la déclaration du maire d’Osaka. « Il y a une reconnaissance mondiale […] du fait que la question des femmes de réconfort équivaut à des viols en période de guerre commis par le Japon pendant son passé colonial et sont une violation sérieuse des droits de l’homme ».

En 1993, le Japon avait esquissé des excuses pour la souffrance infligée à ses femmes. Des remords que l’actuel Premier ministre, Shinzo Abe, avait balayé d’un revers de main en 2007, en expliquant qu’il n’y avait aucune preuve que ces femmes aient été contraintes à quoi que ce soit.

Les thèses révisionnistes et négationnistes ne sont pas rares au Japon. L’an dernier, le maire de Nagoya a mis en doute le massacre de Nankin, perpétré en Chine en 1937, et où près de 300 000 personnes ont trouvé la mort. Le pays du soleil levant ne sait décidément pas comment gérer ses anciens démons.

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