Ce récit, carnet de voyage de Virginie Luc, dans le monde des Roms, des lautari (musiciens), des tsiganes, est une plongée dans un univers que l’on connaît mal, qui a ses codes, ses coutumes, ses valeurs que seule une immersion totale peut nous faire découvrir. 

Fils du vent © STEPHAN CRASNEANSCKI

Photo tirée des « Fils du vent » © Stephan Crasneanscki X Virginie Luc

Suzanne Jamet pour le numéro 1 de sa collection, propose un livre d’actualité. Dans cet ouvrage court mais très dense, la journaliste-romancière nous raconte -avec une belle plume- ses rencontres avec ces gens de partout et de nulle part, des rives de la mer Noire, des Balkans, aux sources du Danube. Du 26 mars au 16 avril, elle a visité les lieux où se trouvaient les Roms. Virginie Luc décrit avec beaucoup de détails les sites, les gens, leurs façons de vivre, de souffrir et leurs manières de la recevoir: “chacun sa vie” lui lance t-on en guise d’au-revoir ! Il y a dans ce journal comme une étude ethnologique. De tradition orale, les Roms se racontent, chantent la douleur de leur peuple opprimé, que les nazis ont tenté d’exterminer, et qui aujourd’hui encore ne sont toujours pas les bienvenus dans certains pays.

“Les Tsiganes ont été, et sont toujours, les camisards, les résistants, de ce monde en galère.” (Tony Gatlif).

Quelques uns sont devenus célèbres grâce à leur don pour la musique. Leur chant est une manière d’être et raconte leur passé, il est aussi leur mémoire. Virginie Luc sait nous faire revivre les nombreux moments musicaux auxquels elle a assisté avec une écriture bien rythmée, si bien qu’on peut lui pardonner quelques afféterie, péché de journaliste. Ce livre nous ouvre les yeux sur ce peuple si détesté “ qui est parti depuis si longtemps sans être arrivé quelque part”….“Ils vivent chaque jour comme si c’était le dernier ou le premier”. C’est un livre salutaire qui devrait être offert à nos ministres de l’Intérieur. Une question reste en suspend : Est-ce que Virginie Luc a trouvé ce qu’elle cherchait ? Car dit-elle “Elle est partie depuis longtemps. Avant même peut être d’entreprendre ce voyage.” C’est une vision que l’on peut avoir de la collection “Rue Férou” initiée et animée par Suzanne Jamet. Alors longue route à cette jeune collection.

La mise page de ce livre est très agréable. Et pour terminer, la dernière phrase de la préface de Tony Gatlif résume parfaitement ce livre: “ Vous vous êtes fait contaminer par leur joie de vivre envers et contre tout…Vous avez été illuminée par leurs chants et votre voyage, vous le faites partager dans votre journal du Danube. J’aime les tsiganes et j’aime tous ceux qui les aiment

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unnamed« JOURNAL DU DANUBE »

Virginie Luc

Préface de Tony Gatlif

Collection “Rue Férou” – L’ÂGE D’HOMME

A propos de l'auteur

Co-fondateur de Roads Magazine / Responsable de la rubrique Culture (sur twitter : @BonhommeVincent) / Web Designer (plus d'info sur : vincentbonhomme.github.io/resume/)

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