D’après la Tribune, le député de la gauche radical Syriza et figure de la résistance grecque Manolis Glezos, réclame 1000 milliards d’euros a l’Allemagne. La raison? Cette modique somme représenterait les dommages et intérêt que l’Allemagne doit à la Grèce pour la seconde guerre mondiale. Une demande complètement farfelue qui sonne comme un coup d’épée dans l’eau pour Berlin.

Quand l’endetté se veut créancier

En Mai 1941, Manolis Glezos quelques jours après l’occupation d’Athènes, montait en haut de l’Acropole pour décrocher le drapeau nazi. 71 ans plus tard, dans un contexte de crise sans précédent, ce même monsieur, évalue a 1000 milliards d’euros la dette de l’Allemagne envers son pays.

Lors de la conférence internationale de Paris en 1946, un indemnisation de 7 milliards de dollars avait été décidée pour compenser les dommages causés par l’occupation allemande en Grèce de 1941 à 1944, une des plus dures en Europe. L’homme de 88 ans n’accepte pas l’idée que l’Allemagne prête de l’argent à son pays alors que selon ce dernier, c’est elle qui lui en doit. Cette question d’indemnisation s’est invitée dans le débat public. Dans une Grèce en pleine tempête électorale,  l’extrême gauche, notamment Syriza et le parti communiste KKE ont souvent rabâché cet argument dans leur campagne. Tout comme le petit parti de droite des Grecs Indépendants  qui réclamait officiellement 70 milliards d’euros à Berlin. Ils ont obtenu dimanche 7,5 % des voix et 20 députés.

« Ce n’est pas nous qui devons de l’argent aux Allemands, c’est eux qui nous en doivent »

Selon Manolis Glezos les 7 milliards de dollars de 1946 représentent aujourd’hui 108 milliards d’euros, si l’on prend en compte l’inflation. A ce calcul quelque peu saugrenu, il ajoute le remboursement d’un prêt forcé de 3,5 milliards de dollars imposé à la Grèce occupée par l’Allemagne nazie. Ce qui fait 54 milliards d’euros puis « Si l’on ajoute un taux de 3 % par an, on arrive à une dette de 1.000 milliards d’euros ». Enfin, il conclut ironiquement sur le fait qu’il ne seront pas très pointilleux sur les intérêts…. L’espoir fait vivre.

« tout le monde veut son argent »

Bien sûr, Berlin ne partage pas l’avis ce résistant hellène. Bien que le gouvernement berlinois accepte la responsabilité de l’occupation, il se considère comme quitte. 70 ans plus tard, qu’est ce que peut faire l’Allemagne de plus?

D’après la Tribune, l’Allemagne ne reconnait pas l’accord de Paris de 1946. À cette époque, le pays n’existait même pas, puisque la RFA a été crée en 1949. Ensuite, la Grèce a officiellement reconnu le traité « 4+2 » de 1990. Ce dernier représentait la réunification allemande comme une valeur « de traité de paix ». Aucune allusion à des dédommagements n’est mentionnée dans ce traité.

La Grèce a également reçu l’équivalent de 25 milliards d’euros de machines et matériel prélevés sur l’Allemagne nazie. Les gouvernements grecs de l’après-guerre n’ont jamais vraiment réclamé les sommes du traité de 1946. Ces gouvernements d’après-guerre se sont par la suite essentiellement consacrés à lutte contre le communisme plutôt que de chercher à grappiller de l’argent. De plus, la Seconde Guerre Mondiale n’a aucune relation direct avec la situation économiquement dramatique dans laquelle se retrouve  actuellement la Grèce.

Conclusion : Les quelques énervés de ces partis d’extrêmes gauche et les nationalistes peuvent encore attendre longtemps avant de voir un centime de cette dette colossale. Ironie de le situation, cette polémique arrive au moment où le gouvernement grec demande à ses bailleurs de fonds de l’UE et du FMI deux ans de plus (jusqu’à fin 2016), pour assainir ses comptes. Cela impliquerait la demande d’un nouveau prêt de 16 à 20 millards d’euros.  Frappée de plein fouet par la récession et le chômage, la Grèce a besoin de ce délai pour tenter de rétablir son économie.

 

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