Laurent Obertone est l’auteur du moment qui dérange. Son livre choc, « La France Orange Mécanique » a bouleversé une bonne partie de l’opinion publique, malgré le fait qu’il soit l’un des plus vendus en ce début d’année 2013. Dans un entretien accordé à Roads Magazine, il revient sans langue de bois sur les raisons qui l’ont poussé à écrire ce livre, ainsi que sur les réactions qu’a suscité la parution de cet ouvrage. 

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Comment vous est venue l’idée d’écrire ce livre?

J’étais journaliste en province pour un petit hebdomadaire où je m’occupais des faits divers. À force de fréquenter les tribunaux et les policiers, j’ai pris conscience qu’il y avait quelque chose de différent à raconter au sujet de la délinquance en France que ce que l’on entend d’habitude dans les médias nationaux. C’est donc avec l’idée d’apporter une vision différente des « faits divers », en adoptant le point de vue des victimes et des policiers, que j’ai écrit ce livre. Je trouve qu’on écoute pas assez ce que ces gens là ont à dire, et que généralement, on parle trop souvent des délinquants. J’ai donc choisi de mettre l’accent sur la réalité d’une agression, ainsi que sur la réalité des chiffres, car les actes « barbares »sont de plus en plus courants: tous les jours en France, il y a 13 000 vols, 2 000 agressions et 200 viols. La délinquance est un phénomène de société incontournable que, pour le moment, on contourne.

Dès la préface, l’éventualité que ce livre dérange est évoquée par Xavier Raufer. «Je vous préviens tout de suite Laurent, vos questions vont singulièrement vous compliquer l’existence. » Aviez-vous vraiment prévu toutes ces réactions négatives à votre encontre (Aymeric Caron, Médiapart, etc…) ?

Effectivement, comme Xavier Raufer l’écrit dans cette préface, il y a plusieurs périodes après la publication d’un livre de ce genre. D’abord, il y a le silence: on étouffe la sortie du livre et personne n’en entend parler. Les médias auraient pu en rester là. Seulement, le livre s’est très bien vendu malgré cela, et le silence a été brisé. À partir de ce moment là, il y a donc eu un déchaînement médiatique à mon encontre. À la base, je pensais que les critiques se cibleraient exclusivement sur le contenu du livre, mais finalement, c’est plus moi qu’on a attaqué. Xavier Raufer avait donc prophétisé juste.

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de manipuler les chiffres?

Ces chiffres ne sont pas les miens: ils proviennent de l’Observatoire national de la délinquance. Des données fiables : un haut-fonctionnaire européen, le commissaire Mohamed Douhane, le sociologue Laurent Mucchielli ou encore le ministre Manuel Valls ont reconnu que ces résultats étaient proches de la réalité.

Mais vos détracteurs ne vous accusent pas d’avoir falsifié les chiffres, ils vous accusent d’avoir mis en avant dans votre livre uniquement les statistiques qui vous arrangeaient, et donc d’avoir « travestit » la réalité…

Peut-être que si je m’étais intéressé aux vols d’autoradio, qui sont en baisse, pour mettre en perspective ce que j’avançais, on ne m’aurait pas reproché d’être malhonnête… J’ai simplement pris les chiffres les plus marquants, ceux de l’ultraviolence, qui préoccupe le plus les gens, comme les viols et les agressions violentes par exemple. Globalement, il n’y a aucun doute: la violence a augmenté en France depuis cent ans. En enquêtant au sujet de la délinquance, on observe qu’il y a quelques années, il y avait très peu d’agressions dites « gratuites ».

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Dans ce livre, vous prenez clairement position contre les associations comme SOS racisme, etc…  Ne pensez-vous pas que ces associations protègent tout de même certaines communautés vulnérables à juste titre ?

Effectivement, certains militants dans ces associations pensent vraiment oeuvrer pour une égalité entre les minorités et la majorité, mais dans les faits, je constate malheureusement que ces associations s’efforcent surtout d’empêcher les débats sur des sujets comme la criminalité et la surreprésentation de certaines communautés. Malheureusement, ils le font souvent violemment.

Par exemple, actuellement, le but du jeu, c’est de m’interdire de parler à défaut de ne pas pouvoir me faire condamner. Si mes propos sont condamnables, pourquoi ne portent-ils pas plainte contre moi? Ils ne le font pas. C’est donc la preuve qu’il n’y a rien de condamnable dans ce que je dis. Seulement, sous prétexte qu’ils veulent imposer aux gens une certaine idéologie, ces associations veulent me faire taire. La seule chose qui m’importe, c’est la vérité. Je ne peux donc pas écrire un livre de ce genre en tenant compte des recommandations du MRAP et en supprimant les propos qui éventuellement les gêneraient. Sinon ça ne serait plus la démocratie, n’est-ce pas?

La Corse est-elle un faux problème ? Quand on compare les chiffres que vous mettez en avant, il paraît évident qu’il faudrait plutôt se pencher sur le cas des Bouche du Rhône ou de la Seine Saint Denis…

C’est exactement ça! La cas de la Corse est un bel exemple de désinformation orchestrée par le pouvoir médiatique. On préfère focaliser de cette manière l’attention des gens sur la Corse, comme ça on les distrait et ils ne s’intéressent plus aux problèmes qui les concernent. Évidemment, les règlements de comptes, qui sont nombreux en Corse, doivent être condamnés. Cependant, il n’empêche que concernant les statistiques officielles de la criminalité, les chiffres de la Corse sont bien meilleurs que la moyenne nationale, et surtout bien meilleurs que ceux de la Seine-Saint-Denis. Si vous donnez le choix aux gens de choisir s’ils préfèrent vivre en Corse ou en Seine-Saint-Denis, je pense que ils choisiront la Corse… Mais je peux me tromper.

Selon vous et les chiffres que vous avancez, la misère ne va pas de pair avec la délinquance. Peut-on simplement répondre à cette question en mettant en avant le choc des civilisations? (exemple islam/chrétienté)

Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il y a un choc des civilisations entre l’islam et la chrétienté. Cependant, je pense que l’islam est un élément d’agrégation identitaire pour certaines personnes issues de certaines cultures, qui est souvent utilisé comme un prétexte pour des groupes marginaux, presque tribaux au sein de notre société, qui ne demandent qu’à se regrouper entre eux pour se trouver une sorte d’identité. On observe que l’islam est un vecteur très fort de cette identité « antisociale » pour « le groupe. »

Quelles sont donc les causes de la délinquance?

Historiquement, les grandes villes ont toujours été un peu plus criminogènes que les campagnes, mais pas dans les mêmes proportions qu’aujourd’hui. Par exemple, un pays comme le Japon, qui est ultra-urbanisé, est extrêmement peu criminogène. Donc l’excuse de l’urbanisation qui serait la cause principale de la délinquance ne tient pas. Pour moi, l’idée générale est de dire que, si la société est un groupe domestiqué qui obéit à des autorités diverses (parentale, scolaire, judiciaire, etc…) et que certains individus au sein de cette même société perdent tout repère moral, cela aboutit à la formation de groupes sauvages,non domestiqués, qui se regroupent entre eux. Ces personnes ont donc très souvent une morale fondamentalement différente de la notre, basée sur la violence. Si, par exemple, l’acte de gloire ultime est de tabasser un membre de notre société, cela pose effectivement un grave problème de cohabitation. S’il n’y a plus aucune autorité judiciaire ou morale dans notre société, ces marginaux ne rentreront jamais dans le rang, car, pour le moment, ils ont un intérêt à se comporter comme ils le font. Tant que l’on aura pas compris ça, tant que l’on continuera à les « caresser dans le sens du poil », et que l’on considérera qu’il faut surtout aider et comprendre les délinquants au lieu de les punir, les choses ne changeront pas. C’est d’ailleurs ce qui se passe dans beaucoup de « familles modernes », où l’enfant n’a plus aucune limite, or, plus on fait ça et plus l’enfant devient fou et se met à chercher les limites violemment. C’est un peu le schéma général de la criminalité.

Avec seulement des Français autochtones, on imagine difficilement les résultats des équipes nationales dans le domaine du sport… Ne pensez-vous pas que le sport est un vecteur d’intégration efficace, bien que caricatural ?

C’est possible. Quand j’étais journaliste, je me souviens avoir reçu une note interne qui recommandait de ne plus parler de la diversité uniquement dans les pages faits divers et dans les pages sports… C’est assez drôle. Sinon, il est effectivement possible que cela aide beaucoup de jeunes gens et de familles à s’intégrer, mais le problème, c’est qu’on a en France une immigration de plusieurs millions de personnes, et que le sport ne suffit pas à secourir tout le monde. Et puis le statut de joueur de foot n’est pas toujours enviable…Pour moi, il y a surtout un problème de quantité. Est-il possible pour un pays d’assimiler autant de gens en si peu de temps, surtout dans un contexte de crise? Les familles d’étrangers qui arrivent en France sont souvent issues d’un milieu ouvrier, or l’industrie française est en pleine décrépitude….

La politique de la Garde des sceaux, Christiane Taubira, va complètement à l’encontre de ce que vous préconisez dans votre livre. Avec la suppression des peines plancher et l’individualisation poussée à l’extrême des jugements (chaque cas est unique et mérite une attention particulière), pensez vous que la France se dirige désormais encore plus rapidement vers une catastrophe ?

Je trouve que les décisions que prend le gouvernement actuel sont très inquiétantes. Beaucoup de magistrats ont désormais pris conscience que la solution (même si c’est dur à admettre pour les Français) serait de copier un peu le modèle américain. Depuis trente ans, les Américains ont pris des mesures sérieuses de « durcissement. » Résultat: le taux de criminalité a été divisé par deux en emprisonnant beaucoup plus de délinquants. Il est donc évident que c’est la solution. À l’inverse, en France, on persiste à faire preuve d’angélisme et à entretenir la culture de l’excuse. Donner des responsabilités à Christiane Taubira, ça veut dire lui laisser le champs libre pour faire ses « conférences de consensus. » Quand on voit ce qui se passe actuellement, je pense que c’est un signal catastrophique pour les criminels et même pour les honnêtes citoyens. Je ne sais pas ce que cherche le gouvernement en faisant ça, mais je suis sur que ce ne sera pas bénéfique pour eux et la société.

Il y a quelques années, le gouvernement préconisait la construction de nouvelles prisons, alors que désormais, faute de moyens, Mme Taubira préfère désengorger les prisons existantes en condamnant moins de personnes, et en les libérant, si possible, plus rapidement.  Construire des maisons d’arrêt pour enfermer les sauvages de plus en plus nombreux, est-ce vraiment la solution ?

L’urgence, c’est de protéger notre société de ces « sauvages ». Le seul moyen de les mettre hors d’état de nuire, c’est donc de les enfermer. Dans une situation d’urgence, la solution serait donc de construire des prisons, ne serait-ce que pour pouvoir faire appliquer la loi. À l’heure actuelle, plus de 82 000 peines ne sont pas exécutées. Les magistrats font ce qu’ils peuvent pour désengorger les maisons d’arrêt: toutes les petites peines sont supprimées ou aménagées. À partir du moment où la justice n’a pas les moyens d’appliquer la loi, elle n’a aucune chance d’être vertueuse.

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Assumez-vous le fait que vous êtes devenu l’écrivain du moment du côté du FN ?

J’aurais vraiment aimé que d’autres personnes s’en emparent publiquement. Je pense que Manuel Valls a hésité, ainsi que d’autres politiciens, mais le fait que Marine Le Pen l’ai fait avant eux les a certainement découragé. Cependant, il est important de rappeler que l’insécurité n’a pas de couleur politique. D’ailleurs, il fût un temps où la gauche n’était pas effrayée à l’idée de punir des criminels. Aujourd’hui, malheureusement, c’est le contraire: quelque chose de moral à pris le pas sur la logique… Je ne pense pas que cela soit une bonne idée de traiter d’hérétiques ceux qui parlent de l’insécurité.

Laurent Obertone est-il un pseudonyme?

Oui, c’est un pseudonyme.

Pourquoi souhaitez-vous garder une certaine opacité sur votre véritable identité ? 

Il y a un côté esthétique. Et puis, mon vrai nom ne mène absolument à rien: je n’ai aucune existence publique préalable à ce pseudonyme. Je souhaite également protéger ma famille, puisque j’estime que j’ai le droit d’apparaître à la télévision sans avoir à communiquer mon adresse au monde entier. Mais si mon vrai nom était publié, il pourrait mener à l’adresse de mes parents par exemple. Donc pour le coup, c’est aussi une question de sécurité car j’ai reçu de nombreuses menaces.

Quel genre de menaces?

Les menaces proviennent essentiellement de personnes isolées, quasiment toujours sous couvert d’anonymat. Mais la plupart du temps, ils ne prennent pas les précautions nécessaires pour pouvoir vraiment rester anonyme. Il est donc facile de les retrouver par la suite. Ces gens là seront donc punis par la loi.

Souhaitez-vous toujours poursuivre en justice Mediapart pour l’enquête qu’ils ont réalisé à votre sujet ? 

Oui. La plainte a officiellement été déposée par mon avocat. Cela a pris un peu de temps car ce genre de plainte ce prépare assez minutieusement.

Donc vous n’êtes pas la personne derrière les pseudonymes « le Pélicastre jouisseur » et  « l’Ubiquiste »?

Absolument pas. Ces accusations sont des calomnies qui ont pour but de détourner les gens de ce livre.

Une fois la promotion de votre livre terminée, retournerez-vous à votre poste de journaliste en PQR, ou avez vous désormais d’autres aspirations?

Je me consacre à l’écriture. Je travaille sur un livre qui sera probablement publié pour la rentrée littéraire. Ce livre, très différent du premier mais au moins autant inflammable, est désormais mon seul objectif.

 

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