Dans de nombreux pays, le cannabis thérapeutique est déjà synonyme d’anti-douleur. Mais pour la première fois au Parlement Européen, les vertus thérapeutiques du chanvre seront en discussion à l’occasion d’une conférence scientifique.

Le 19 octobre prochain se tiendra dans l’enceinte du parlement européen de Strasbourg la première conférence scientifique sur les propriétés du cannabis en médecine intitulée par ces organisateurs : Avancées pharmacologiques et utilisations thérapeutiques des Cannabinoïdes en médecine.

Organisée par Action Sida Ville, I CARE et l’Union Francophone pour les Cannabinoïdes en Médecine, des médecins, des chercheurs en pharmacologie, des horticulteurs et des consommateurs y prendront la parole afin de vanter les vertus du cannabis sur le plan médical.

Parmi ces intervenants, on retrouvera le Docteur Marko Van de Velde, ministre de la santé aux Pays Bas. Ce dernier exposera les 10 ans d’expérience hollandaise en matière de cannabis thérapeutique. Le autres associations presentes s’appuieront sur des études américaines et allemandes pour affirmer que l’utilisation du chanvre peut soulager des pathologies comme le Sida, les troubles déficitaires de l’attention, le cancer, la chimiothérapie, les colites, l’épilepsie, mais aussi toutes sortes de douleurs chroniques…

La France sera également de la partie pour cet événement, avec la présence de Bernard Bucher, membre du CNRS. Il détaillera en profondeur l’action des cannabinoïdes sur la douleur. En travaillant avec des scientifiques Anglais et Suedois, il a réussi à isoler une molécule issue du Cannabis.

Cet analogue soulagerait la douleur, sans pour autant activer les récepteurs au cannabis. L’intérêt de cette découverte : une efficacité identique à celle du paracétamol, sans ses effets secondaires particulièrement néfastes sur le foie… Concrètement, cette découverte pourrait  donner l’équivalent d’une aspirine, mais à base de cannabis:

« Elle ouvre des perspectives intéressantes dans le développement de nouveaux antalgiques cependant on en est encore loin. Dans une phase de recherche sur ce type de substance, la concrétisation pourrait prendre encore quelques années”.

Des patients français apporteront également leur témoignage.

Une conférence symbolique

La tenue de cette conférence dans un lieu aussi symbolique ne signifie pas le retour dans un jour prochain du cannabis dans le Vidal (base de donnée regroupant les différents médicaments) comme au début des années cinquante. Toutefois elle représente un espoir pour les malades en souffrance qui n’ont pas d’autres choix que de transgresser les lois pour se procurer cette plante considéré comme un médicament chez un beaucoup de nos voisins européens.

“Dès qu’on parle de cannabis, il y a un amalgame entre le débat strictement médical et celui sur les drogues.” explique Sébastien Béguerie, membre de l’UFCM et organisateur de cette conférence.

Et conclut que « le but de ces conférences est essentiellement de sensibiliser le public. Nous nous tournons aussi bien vers le personnel médical que vers la communauté politique. En France, on a dix ans de retard par rapport aux pays étrangers, nous sommes un pays complètement obsolète !

À ce jour, compte tenu de l’évolution des connaissances scientifiques dans le domaine des cannabinoïdes, l’usage médical du cannabis devient de plus en plus toléré, voire légal dans un nombre grandissant de pays : le Canada, l’Australie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande, l’Espagne, et 14 États américains (Californie, Arizona, Alaska, Hawaii, Maine,   Nevada, Oregon, Washington, Washington D.C., Michigan).

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