Heriberto Lazcano, un des plus grand chef du cartel mexicain, a été tué dimanche par les forces de l’ordre dans l’état de Coahuila. Alors que le Ministère de la Marine se félicitait de l’assaut mené par ses hommes, moins de 24 h après, le corps de celui qu’on surnommait «le bourreau», a été enlevé par un commando armé dans un établissement funéraire.

Le principal chef du cartel des Zetas, Heriberto Lazcano Lazcano, aurait été tué dans un affrontement avec les forces de l’ordre dans l’Etat de Coahuila, proche de la frontière avec les Etats-Unis, a indiqué lundi le ministère mexicain de la Marine.

Selon Le point, une patrouille de Police circulait dans la zone à bord de véhicules officiels « lorsqu’elle a été accueillie par des grenades lancées depuis un véhicule en mouvement, raison pour laquelle la patrouille a dû se défendre contre cette agression».

Quelque heures plus tard, l’identité du chef d’un des groupes criminel les plus importants du Mexique « avait pu être établie par ses empruntes digitales et les photos du cadavre ».

Mais selon le quotidien Reforma, le corps du chef des Zetas, aurait été enlevé le lendemain par un commando armé.

Les Zetas, le cartel le plus puissant du Mexique

Les Zetas, une organisation créée à la fin des années 1990 par des militaires d’élite, déserteurs de l’armée mexicaine, s’étaient d’abord mis au service du cartel du Golfe, une des principales organisations de narcotrafiquants du Mexique.

Avec à leur tête ce nouveau chef, Heriberto alias le bourreau, Los Zetas s’étaient émancipé du cartel du Golfe pour mener leurs propres affaires: trafic de drogues et d’êtres humains, extorsion, kidnapping, assassinats… La DEA américaine les considère alors comme « le groupe le plus avancé technologiquement, le plus sophistiqué et violent de tous les groupes paramilitaires ».

La violence franchit un palier fin 2006, lorsque le président Calderon lance une nouvelle guerre contre les cartels de la drogue. Une guerre qui a, depuis, fait plus de 40 000 victimes sans sembler affaiblir le moins du monde le cartel des Zetas ni aucun de ses rivaux.

Heriberto Lazcano Lazcano, surnommé « le bourreau », est soupçonné lui-même d’avoir tué une centaine de personnes, notamment le journaliste Francisco OrtizFranco en 2004, qui enquêtait sur le trafic de drogue.

Le Mexique: un règne de terreur

Le quotidien des Mexicains est celui d’un pays pillé, exploité, pris en otage par les trafiquants les plus sanguinaires de la planète, avec la complicité des élites du pays, toujours plus riches et plus puissantes, qui maintiennent la population dans un état de pauvreté parfois effroyable.

Plus de 50 000 morts et 20 000 disparus depuis 6 ans. Corruption généralisée, guerre des cartels de la drogue, l’effondrement de la société mexicaine se produit à l’ombre d’un mur immense derrière lequel les Etats-Unis défendent leurs seuls intérêts :  le commerce généré par les trois partenaires de la zone de libre échange entre le Mexique, les Etats-Unis et le Canada qui atteint désormais le chiffre d’un trilliard de dollars.

Selon Stéphane Trano, journaliste politique et essayiste, officiellement « Washington ne se soucie pas des affaires intérieures d’un pays « ami » dans lequel ses agents agissent pourtant par centaines au nom de la lutte anti-drogue, employant des pratiques douteuses comme le montre le scandale actuel lié aux investigations concernant l’« Opération Fast and Furious. »

Un président aux mains des Cartels ?

Elu dans d’étranges conditions président du Mexique en Aout dernier, Enrique Pena Nieto a promis de poursuivre la lutte contre les cartels et de rompre avec les moeurs historiques de son parti en la matière. Corruption, connexions douteuses, le parti Révolutionnaire Institutionnel qu’il represente a pourtant largement participé de la montée en puissance des cartels.

Conçu par Plutarco Elías Calles sur le modèle du fascisme italien, le PRI n’était jamais devenu une dictature à proprement parler, mais un système étudié et imité partout, qui, grâce à ses évolutions constantes a pu s’adapter à toutes les évolutions du contexte par un subtil mélange de cooptation et de répression.

Selon Marianne sur la question de la lutte anti-drogue « reste le passage à l’acte. » En effet, le PRI a « un passif relativement lourd en la matière. Ce parti a dirigé le pays de 1929 à 2000, et c’est essentiellement grâce à l’existence de connexions occultes entre certains membres du PRI et les trafiquants que des groupes de mercenaires se sont installés dans le pays, professionnalisant et militarisant le trafic de drogues, pour faire régner peu à peu la terreur dans le pays » explique l’hebdomadaire.

Source : AFP, Le Monde, Le Nouvel Obs, Libération

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