On pensait que ce mercato hivernal allait se boucler sans grande surprise. C’était sans compter sur les Qataris. Un an après son transfert avorté, David Beckham rejoint le Paris Saint-Germain. Un CDD de cinq mois qui fait l’effet d’une bombe. Reste à savoir quel est le réel intérêt de la venue du joueur le plus classe de la planète  football.

David Beckham

Depuis plusieurs mois, le PSG ne cesse de faire parler de lui. La faute, entre autres, à un certain Zlatan Ibrahimovic. Une surexposition médiatique qui en agace plus d’un. Avec l’arrivée de David Beckham, l’overdose pointe le bout de son nez. Impossible néanmoins de passer à côté de cette nouvelle. Plus qu’un simple transfert, c’est une prouesse commerciale que vient de réaliser le PSG. En s’attachant les services du footballeur le plus connu au monde, le club de la capitale bascule – une nouvelle fois – dans un autre dimension. Libre de tout contrat depuis son départ des Los Angeles Galaxy, Becks vient donc de signer un CDD introuvable à Pole Emploi. Une pige de cinq mois, durant laquelle il ne touchera pas de salaire. Le joueur anglais a en effet décidé de faire des dons à des oeuvres de charité pour les enfants avec lesquelles travaille le PSG. Grande classe pour certains, ou simple manœuvre de communication pour d’autres, il n’en demeure pas moins que la démarche est plus qu’honorable. Impossible pourtant de considérer la venue du Spice Boy à Paris comme une mission humanitaire. Explications.

UNE MACHINE A FRIC

Il est bien loin le temps, où le jeune David Robert Joseph Beckham faisait ses gammes chez les jeunes pousses de Manchester United. Loin aussi le temps, de l’adolescent pré-pubère sans style. Entre temps, quelques années se sont écoulées et Victoria Caroline Adams, de son nom de jeune fille, est passée par là. En 2010, le magazine FORBES estimait les revenus de la famille Beckham à hauteur de 45 millions de dollars. Il n’est point dépréciatif de considérer le couple le plus classe d’Angleterre comme une marque. Mieux encore, un empire. Financièrement, c’est une mine d’or pour le club de la capitale. Une sorte de vache à lait dont compte bien profiter le Paris Saint-Germain.

La marque Beckham s’exporte aux quatre coins du globe. De Singapour à Los Angles en passant par Abidjan, la star anglaise est un produit qui se vend. Egérie de nombreuses marques (Emporio Armani, Pepsi, H&M…), la star anglaise fait vendre tout et n’importe quoi. Avec une fortune estimée en 2011 à 157 millions d’euros d’après FourFourTwo, on comprend dès lors un peu mieux le refus de l’ancien joueur du Real Madrid de toucher son salaire au PSG. D’autant plus que les revenus du merchandising suffisent à faire le bonheur du joueur et du club.

David Beckham, entouré entre autres, de Gary Neville et Paul Scholes. La fameuse génération surnommé "Class of 92"

David Beckham entouré, entre autres, de Gary Neville et Paul Scholes. La fameuse génération dorée : « Class of 92 »

UN AMBASSADEUR PAS COMME LES AUTRES

A l’aube du fair-play financier, la venue de l’ancien capitaine de la sélection anglaise est tout sauf anecdotique. Grâce à la vente de maillots (comptez 110 euros pour s’octroyer le précieux sésame), le PSG va sacrément renflouer des caisses déjà bien remplies. A titre d’exemple et pour se rendre compte de l’impact de la signature d’un joueur comme Becks, lors de ses quatre années sous la tunique du Real Madrid, le club espagnol a touché 460 millions d’euros grâce à la seule vente des maillots du joueur.

Depuis l’achat du Paris Saint-Germain par les Qataris, la politique du club n’a cessé d’être axé sur l’international. Malgré le passé plutôt glorieux du club, le PSG souffre d’un manque de reconnaissance. La faute à des résultats – ces dernières années – trop souvent décevants et à une absence systématique en Ligue des champions. Car il faut bien se l’avouer, en dehors de l’hexagone, le PSG ne fait rêver personne. Grace à la manne financière des qataris, la donne est en train de s’inverser. Thiago Silva, Lavezzi, Ibrahimovic. Une pluie de noms qui dénote de la politique nouvelle du club. Se faire un nom et briller sur la scène européenne. Quoi de mieux alors que la venue du footballeur le plus connu sur la planète terre. L’ancien joueur de Los Angleles dispose d’une aura dont aucun autre joueur dispose. Un véritable coup de maître de la part des dirigeants parisiens.

UN FOOTBALLEUR AVANT TOUT

Et l’aspect sportif dans tout ça ? Voilà la question qui taraude le monde médiatique depuis hier soir et qui divise par la même occasion. La majorité des acteurs du football sont en tout cas,eux, enthousiastes. C’est le cas du président de la Ligue de football professionnel, Fréderic Thiriez. « C’est une bonne nouvelle pour Paris, pour le football français et pour la France en général. C’est un vrai feu d’artifice dans le ciel de ce mercato d’hiver. C’est aussi un gros coup de coeur ». Même son de cloche du côté de Samuel Eto’o, qui se dit confiant. «Si Carlo Ancelotti et Leonardo le font signer, c’est parce qu’il a quelque chose à apporter au club.». A 37 ans (38 ans en mai prochain), l’apport sportif de l’ancien numéro 7 suscite des interrogations. Après six saisons passées à L.A., entrecoupé de deux prêts au Milan AC (2009 et 2010), le bilan est plutôt à l’avantage du Spice Boy. En 124 matchs avec le club américain, Beckham a inscrit 21 buts et à délivré 42 passes décisives, sa spécialité. Force est de constater que le niveau de la MLS réduit considérablement la nature des performances de l’ancien d’United. Mais au-delà des statistiques, qu’en est-il vraiment de la forme physique du désormais papy de la Ligue 1 ?

Une chose est sûre, au cours de sa belle et riche carrière, David Beckham s’est illustré par son professionnalisme et son irréprochable hygiène de vie. A des années lumières des strass et paillettes qui entoure le people qu’il est, le joueur de foot est et restera un exemple pour ses coéquipiers. Jamais avide d’efforts et doté d’une véritable intelligence de jeu, la star anglaise est un « top player », qui n’a cessé de forcer l’admiration de tous les grands qu’il a croisé. Connu de son vivant pour ses déclarations piquantes, Georges Best – l’autre numéro 7 légendaire de United – a quant à lui une autre vision de David Beckham. « Son pied gauche ne lui sert à rien, il est mauvais de la tête, il ne sait pas tacler et il ne marque pas souvent. À part ça, il est pas mal. »

Que ce soit à Manchester United, où il fait figure de légende, au Real Madrid des Galactiques et au Milan AC, Becks s’est d’abord illustré par ses performances sur le terrain. Il reste aujourd’hui le joueur de champ le plus sélectionné de l’histoire de l’équipe d’Angleterre (115 sélections). Dans un groupe jeune et inexpérimenté comme celui du PSG, l’apport du moins psychologique d’un Beckham est impossible à nier. Face aux joutes européennes qui attendent le club de la capitale, l’expérience de l’Anglais est un plus non négligeable. Si Zlatan Ibrahimovic pousse les autres joueurs à se dépasser, David Beckham devrait lui faire figure de modèle, d’exemple à suivre. Un sens de la discipline et de l’irréprochabilité que peut transmettre Becks à certains joueurs comme Verrati, Menez ou Pastore.

LA LIGUE 1 N’ AIME PAS LES VIEUX

« Je n’ai jamais eu autant d’offres dans toute ma carrière ». A la question de savoir si il avait eu d’autres pistes que le PSG, Beckham n’a pas détourné le regard. Si il a affirmé avoir refusé des propositions de clubs anglais pour la seule et bonne raison que « J’ai toujours dit que je ne voulais pas jouer dans un autre club anglais que Manchester United », le Spice Boy a toujours la côte même à 37 ans. Pourquoi donc cette méfiance et fixation sur l’âge du joueur ? Tout simplement car la France, et plus précisément la Ligue 1 n’aime pas les vieux. Un peu réducteur comme vision lorsque l’on sait que Javier Zanneti (39 ans), Ryan Giggs (39 ans), Paul Scholes (38ans), ou encore Francesco Totti (36ans) font encore les beaux jours de leurs clubs respectifs. Si l’âge n’a pas d’effet sur le talent, c’est  encore plus vrai dans le cas d’un David Beckham irréprochable depuis le début de sa carrière. Même si cette pige parisienne ne verra pas l’ancien ailier mancunien dans le rôle d’un titulaire, il est d’ores et déjà certain qu’il répondra présent lorsque Ancelotti fera appel à lui. Même à 40 piges, le pied droit magique de Becks continuera de faire des miracles. Sur un coup-franc à 30m ou juste pour délivrer des transversales dont il a le secret, l’ancien Red Devil sait encore vendre du rêve. Et puis pendant que la Ligue 1 se fait piller par la Premier League, comment ne pas se réjouir de l’arrivée d’un joueur comme lui.

En pleine tourmente à la suite des révélations concernant le « Qatargate » par France Football, le Prince se donne un peu d’air avec la signature de Beckham. En déclarant « Rêvons plus grand » le PSG vient de passer des paroles à l’acte. Avec la star anglaise, c’est même le rêve qui devient réalité.

Petit cadeau : les plus beaux coups francs de Becks. Plaisir.

 

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Journaliste Sportif

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