Alors que sa mise aux enchères, finalement avortée, avait provoqué un véritable tollé, le « Slave Labour » de Banksy refait surface, mais peut-être pas pour longtemps. Le pochoir sera présenté lors d’une vente privée à Londres, le 2 juin. Une nouvelle polémique est lancée.

Banksy

C’est un garçon aux pieds nus, penché sur sa machine à coudre, qui confectionne une guirlande aux couleurs de l’Union Jack. Baptisé « Slave Labour », le pochoir a été réalisé il y a un an sur un mur du nord de Londres par Banksy, l’artiste des rues le plus célèbre et insaisissable d’Angleterre.

Attaque à peine voilée du tapage médiatique autour du Jubilé de diamant de la reine, l’œuvre a été délogée de son mur en février dernier pour être mise aux enchères, 500 000 dollars, dans une galerie de Miami. Devant la désapprobation populaire, la vente a été annulée au dernier moment, et depuis, nul ne savait ce qu’était advenu du pochoir.

Sa trace a été retrouvée à Londres, où le Sincura Group le proposera de nouveau à la vente à Covent Garden, le 2 juin prochain.

À qui appartiennent les graffitis de Banksy ?

Cette affaire relance la question de la propriété intellectuelle des oeuvres de street art. Car, même si Banksy a toujours clamé que ses créations appartenaient à tout le monde, il ne peut pas empêcher son travail de circuler sur le marché des enchères internationales. Dépassé par son succès, l’artiste Bristolien a dû se résoudre à confier à Pest Control le soin d’authentifier ses créations, mais reste évasif quand il s’agit de donner son avis sur cette marchandisation. Sur son site internet, à la question « Que pensez-vous des salles de vente qui mettent aux enchères du street art ? », il s’est contenté de répondre en citant Matisse. « J’étais très embarrassé quand mes toiles ont commencé à atteindre des prix élevés ; je me suis vu condamné à ne devoir peindre à l’avenir que des chefs-d’œuvre ».

« Give our Banksy back »

BanksyII

La nouvelle a pris de court les habitants du quartier de Tottenham, qui s’étaient largement mobilisés en février dernier pour récupérer leur Banksy. Alan Strickland, conseiller municipal de l’arrondissement de Haringey, a affiché son désir de lancer une nouvelle pétition pour que le pochoir retrouve sa place initiale. Il a ajouté que « cette œuvre d’art a été donnée à la communauté pour la divertir », et que cela serait « rageant de ne plus pouvoir l’admirer qu’à des réceptions huppées, alors qu’elle appartient aux habitants du nord de Londres et non pas à un propriétaire privé ».

La dernière chance de conserver l’oeuvre sur le sol anglais?

Tony Baxter, le directeur de Sincura Group, a quant à lui déclaré que la maison de ventes avait « récupéré le garffiti légalement », et que le présenter à Londres était la dernière chose à faire pour espérer le conserver sur le sol britannique : « Il est important que les gens sachent que nous sommes de leur côté. Comme tout le monde, nous voulons que cette œuvre reste dans sa ville d’origine. Nous espérons trouver un acheteur qui en fera don à un musée londonien ».

Ce que Tony Baxter a oublié de préciser, c’est que cette mise en vente a été décidée d’un commun accord avec une acheteur privé aux États-Unis, et à moins que Sincura trouve un nouvel acquéreur, « Slave Labour » reprendra un aller simple pour l’Amérique dès le 3 juin.

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