Le soldat français du futur : FELIN

Arthur Beaufils 09/06/2012 0

La technologie est une composante essentielle de la guerre moderne. Drones, blindage réactif anti-char, fusils d’assaut qui tirent des « balles intelligentes », le matériel évolue avec un siècle d’avance. L’humain aussi doit donc s’équiper pour se protéger d’une technologie militaire de plus en plus implacable

L’Armée sera toujours présente en Côte d’Ivoire (opération Licorne), au Liban avec la FINUL, au Tchad (Epervier) et l’opération Atalante dans l’Océan Indien pour lutter contre la piraterie. Ce sont les principaux points de déploiements français dans le monde. Ces derniers constituent un risque majeur pour les soldats car se sont de réelles zones de conflits. Cependant malgré une réduction des budgets, la sécurité des soldats essaye d’être améliorée notamment grâce à la technologie.

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Soldats équipés FELIN

La France a misé sur le développement du système FELIN, lancé en 2004 pour un coût global de 1 milliard d’euros. « Fantassin à Equipements et Liaisons Intégrés », ce programme est conçu par Sagem Défense (groupe Safran). Un équipement à 23 000 euros l’unité qui pourra équiper à terme plus de 31 000 soldats du futur français.

Les russes intéressés par FELIN

L’Allemagne, l’Italie et l’Espagne ainsi que l’Angleterre mettent en place des programmes similaires. Les américains quant à eux ont aussi leur Futur Force Warrior avec l’étude d’un casque à ondes cérébrales pour permettent aux soldats de communiquer sans radios et le fusil XM25. Il tire des balles « intelligentes », contrôlées par émissions radio, qui atteindront l’ennemi où qu’il soit caché. Il allie l’efficacité d’un lance-grenade et d’un fusil sniper. La Russie quant à elle étudie de près le projet français dans son optique de renouvellement de sa puissance militaire dans les prochaines années.

D’après sa « notice d’emploi », le FELIN « améliorera de façon significative les capacités et la réactivité du fantassin dans l’exécution de ses actes réflexes. Le combattant pourra traiter de jour comme de nuit et en temps réel les objectifs observés. Au sein de la section d’infanterie, le système facilitera l’organisation des réseaux de communication. La capacité de transmission de données, d’images vidéo, en plus de la phonie, permettra d’améliorer le rythme de l’action. La protection balistique des combattants sera optimisée ».

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Tirs à couvert grâce à FELIN

La robustesse et la fiabilité de FELIN dans des conditions climatiques extrêmes va être optimisée. Le poids de cet équipement représente une surcharge de 10 kilos par rapport à la configuration « classique » du fantassin. Que se soit dans des zones urbaines ou bien le désert afghan, la mobilité est la clé de la réussite d’un combat. C’est qui fait d’ailleurs la force des talibans qui ont vaincu l’Armée Rouge en se déplaçant avec de l’artillerie dans les montagnes. Et en surclassant aujourd’hui malgré leur petit nombre des unités peu mobiles de l’OTAN dans des régions escarpées.

Un équipement qui peut être dangereux

Une sollicitation extrême de l’humain peut aussi s’avérer dangereuse. Gérer un flux trop important d’informations en combat réel peut nuire à la qualité des décisions choisies. En plus d’être interconnecté avec différentes armes de dernières générations (lance roquettes AT4CS, poste missiles MILAN, VAB), le fusil FAMAS du soldat sera relié avec FELIN en plus de ses communications et son système de jumelles infra-rouge intégrées. De plus la maîtrise de cet équipement extrêmement avancé nécessite des heures de lectures des manuels. Au détriment de la préparation tactique.

Knowckers.org rappelle que les innovations technologiques proposées par les industriels de l’armement ne correspondent pas toujours aux besoins des militaires. Durant la seconde guerre mondiale, les améliorations apportées aux blindés allemands (le char Panther surclassait le T34 en matière de précision du tir) n’a pas compensé le rapport numériquement défavorable avec les chars soviétiques.

Un premier retour de mise en service

Au début de l’année,  FELIN est « rentré » d’Afghanistan pour sa première mise en service opérationnel.  Sa carrière ne fait que de commencer, les premières conclusions sont disponibles grâce à un rapport de service de presse de l’Armée en Afghanistan. Les batteries sont déjà critiquées ainsi que les difficultés posées par l’infiltration de sable dans le système. Néanmoins, Sagem est tenu de maintenir FELIN en condition opérationnelle. A ce jour, six régiments de l’Armée de terre sont dotés de FELIN qui est le seul système intégré du combattant produit actuellement en grande série en Europe. Ce qui conforte la place de la France dans le top 5 des fabricants d’armes au monde et qui représente un des principaux atouts de l’industrie nationale.

Par Arthur Beaufils

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