Les Historinettes 2 : les jeux d’argent

Arthur Beaufils 27/04/2012 0

Voici les histoires de quelques jeux parmi les plus connus, la loterie, la roulette ou encore le populaire tiercé. De hasard ou d’argent, avec vices ou sans, la France est une grande amatrice de divertissements. Mais que sait-on vraiment de leurs origines ?67906 730 une loterie pour reserver ses iphone a hong kong 300x214 Les Historinettes 2 : les jeux d’argent

La loterie : Qui n’a pas rêver de remporter une loterie tel que le Loto ou bien l’Euro Million et leurs cagnottes astronomiques ?

Le record de gain pour une loterie a été atteint aux Etats-Unis il y a un mois. Environ 630 millions de dollars pour l’heureux gagnant. Dès l’Antiquité, des écrits parlent de tombolas organisées à Rome à l’occasion des célèbres fêtes religieuses des Bacchanales et des Saturnales (ces évènements permettent notamment  aux pauvres et autres manants d’oublier leurs conditions dans un flot d’alcool).  La loterie est généralisée sous l’Empire et l’instauration de tirages quotidiens. La montée en puissance du catholicisme sonnera le glas de ces réjouissances populaires jugées païennes. Il faudra attendre la Renaissance pour que la péninsule italienne remette au goût du jour cette pratique. C’est alors sur les noms des membres du Grand Conseil que l’on parie ! François Ier importe le concept en France de retour des guerres d’Italie. Le but avoué n’est plus de satisfaire la populace paupérisée mais bel et bien de renflouer les caisses de l’état déjà vide à l’époque. Le succès n’est pourtant pas encore au rendez-vous !  La démocratisation de ce jeu s’opère à la fin du XVII. Les loteries sont autorisées par le régime royal, les fonds dégagés servent à la construction de bâtiments couteux. L’Ecole Militaire à Paris voit le jour grâce à une loterie organisée par la marquise de Pompadour. L’Eglise met aussi au pas son rigorisme institutionnel pour elle aussi dégager de l’argent frais. L’Etat suit attentivement cette réussite pour ensuite s’accorder un monopole sous la forme d’une Loterie Royale (cela a donné la Française des Jeux aujourd’hui). C’est pourtant une nouvelle fois l’appauvrissement de la société qui marquera son installation définitive dans nos mœurs. En février 1933, la Loterie Nationale voit le jour sur premier plan de crise et les tirages ne sont plus communaux ou régionaux. Le premier gagnant est un coiffeur de Tarascon qui empocha 5 millions de francs ! Une somme colossale pour l’époque…

La Roulette (de casino) : C’est sûrement le plus hasardeux des jeux de casino. Mais aussi un des plus emblématiques : la roulette moderne. 1248745067S06lyl1 300x225 Les Historinettes 2 : les jeux d’argent

Elle existe déjà au début du XVI siècle dans certains salons parisiens huppés mais c’est en 1860 qu’elle deviendra la star plus ou moins maudite des flambeurs, dans un endroit qui sera un de leurs temples du vice vénal, le rocher de Monaco ! Les frères Blanc sont alors deux hommes d’affaires qui voient le potentiel profit que représente ce jeu. Ils rachètent un tripot en 1830 et enlèvent un zéro à leurs roulettes (les autres on en deux généralement) pour que la banque ait moins de chances de gagner. Pari réussi, les foules se pressent chez les Bancs qui font fortune. Grâce à de savants calculs, ils se sont assurés une rente infaillible. Personne ne peut mathématiquement gagner à la roulette, seule la chance faut la différence ! En 1836, Louis-Philippe interdit les maisons de jeux. Après une traversée du désert, le salut vient du prince Charles III de Monaco qui décide en 1860 de consacrer sa principauté aux jeux d’argent. Les frères Blanc sont naturellement sollicités et en échange de 10% de leurs bénéfices pendant 50 ans, ils obtiennent la concession des jeux et fondent un casino sur une colline déserte et escarpée, le Monte-Carlo…

Le tiercé : De l’Antiquité aux aristos impériaux pour finir s’implanter durablement dans tous les bistrots de quartier, comment s’est imposé un tel  système de paris qui est devenu une véritable religion pour les piliers de comptoirs ?1954 01 22 203x300 Les Historinettes 2 : les jeux d’argent

En Grèce, à Rome ou Byzance, les courses de chevaux sont ultra populaires. Les péplums des années 70 ont eux montré à l’écran la fascination pour les courses de chars. Il est fort à parier que des courses avec des paris existent aussi dans les contrées barbares germaniques ou gauloises. Si l’argent fait et défait déjà des courses et des champions, les victoires et les défaites sont aussi d’ordre politique (mécènes influents, ferveur sociale). Ces courses tombent aux oubliettes historiques pour être remises au goût du jour par Louis XIV et Charles II en Angleterre. Le but de ces souverains est simple : améliorer la race chevaline, épuisée par des bâtardises récurrentes. Peu à peu, ces évènements deviennent mondains pour devenir plus populaires sous le Second Empire. En 1857 s’achève la construction de l’hippodrome de Longchamp et les Parisiens issus des classes moyennes et populaires assistent aux Grands Prix. S’alignant sur le modèle anglais des bookmakers, la folie des paris enflamme les pistes. L’Etat quant à lui ne touche pas un sou sur la manne colossale générée par les paris hippiques et les interdit donc en 1887. La pression du public, des organisateurs et des bookies réhabilite vite ces derniers auprès du gouvernement mais à condition que des sociétés de « pari mutuel » reversent 5% de leurs bénéfices à l’Etat. Les obscurs bookmakers sont voués à disparaître au profit du futur PMU ! Le Pari Mutuel Urbain est fondé en mars 1930 sur décret. Mais c’est en un quart de siècle plus tard, en 1954 que le fondateur du PMU, André Carrus, invente le fameux tiercé ! Les mises se font alors sur les trois premiers chevaux à l’arrivée. Le tiercé devient vite le chouchou des paris et le PMU voit son chiffre d’affaires multiplié par quatre entre 1954 et 1960…

Arthur Beaufils

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