Depuis le début de l’été, de nombreux requins blancs se sont aventurés près des côtes américaines. Vous direz, comme tous les ans. Sauf que là, les squales se sont approchés de lieux où on a moins l’habitude des les voir. Notamment à Cape Cod dans le Massachusetts, lieu mythique du tournage des « Dents de la mer ».

Dans le même décor que le film de Steven Spielberg tourné en 1975 dans cette région où pullulent les villages balnéaires pour richissimes Américains, la ville de Chatham a lancé une alerte aux baigneurs mercredi, rapporte le Cape Cod Chronicle : interdiction de se baigner à moins de 100 mètres des phoques, nombreux le long du littoral de Cape Cod. Selon CNN, un cadavre de phoque déchiquetté à été retrouvé non loin des côtes. Et pour causes, les squales affamés raffolent de ces boules de graisses.

Au contact des baigneurs

Deux requins, l’un mesurant près de cinq mètres, ont été repérés mardi matin, rapporte le site Capecodsharkhunters.com, dont un tout près de la plage. Un pilote de l’association, George Breen, avait déjà aperçu deux grands requins blancs au nord du port de Chatham lors de vols de routine les 28 et 30 juin. D’après le pilote, c’est un phénomène courant, puisque l’an passée à le même époque, il en avait observé une petite dizaine du haut de son « coucou ».

Mais d’après les autorités locales, les phoques sont de plus en plus abondants dans cette région,  la présence de requins blancs risque croître en conséquence. Selon le Huffington Post, depuis 2008, et la mise en place de mesure de protection des mammifères marins en Nouvelle-Angleterre, les apparitions de requins sont plus fréquentes sur les côtes. « De grandes concentrations de phoques gris se sont installées dans le coude du Cape Code, attirant les requins blancs qui viennent s’y nourrir », a expliqué sur les ondes d’ABC News Greg Skomal, qui est biologiste à la division des pêches du Massachusetts.

Une présence qui attire

Même si ces squales véhiculent une image de prédateurs sanguinaire ( notamment à cause des médias et du cinéma), leur présence n’a pas l’air de faire fuir les touristes, mais booste plutôt la fréqentation des lieux. Comme le montre l’image ci-dessus:  L’homme se trouvait à une soixantaine de mètres du rivage, barbotant dans 2,5 mètres d’eau, lorsque la nageoire dorsale du requin a émergé moins de 3 mètres derrière son embarcation. Szukc Jr, ne s’était même pas rendu compte qu’il était suivi. Un témoin de la scène (qu’on voit pagayer tranquillement a coté du Kayakiste), cité par le New York Daily News, a rapporté que l’on pouvait voir une grosse tâche sombre derrière Walter Szulc. « Elle était plus grande que le kayak. Elle était vraiment grosse ».

« C’est très bon pour les affaires, dit Keith Lincoln, gérant des ferry Rip Ryder Monomoy Island à la chaîne d’informations locales NECN. « Ca fait fureur en ce moment, tout le monde veut voir les grands (requins) blancs ».

Autres apparition mais cette fois ci en Californie. Dans son journal, la chaîne crypté Canal+,  avait indiqué une forte concentration de requins blancs près des côtes de San Francisco. Les plages ont été interdite à la baignade pendant quelques temps.

Mais qui est réellement le prédateur?

La plupart des gens ont une idée toute faite sur les requins. L’image la plus répandue est celle d’animaux attaquant gratuitement et raffolant de la chair humaine. Bien que les plages du monde regorgent de millions de baigneurs, les attaques de requins sont très rares. Des milliers de nageurs dans le monde se sont sans doute fait suivre de très près par un Requin Blanc sans s’en rendre compte. En effet, La plupart des attaques et probablement toutes les attaques de requin blanc sont des méprises avec des otaries et des lions de mer, les proies habituelles du Requin Blanc. Les surfeurs sont des personnes à risque à cause de la planche de surf qui rappelle un mammifère marin aux yeux des squales.

Pour pratiquement toutes les attaques, le requin croque un bout du pauvre malheureux et le recrache par la suite. Malheureusement, une simple morsure est souvent fatale (hémorragie). Pour les statistiques, vous avez 1 chance sur 3,748,067 de vous faire chiquer par un grand blanc.

En réalité, le requin blanc est en train de disparaître et il attire peu de regards compatissants. La cause en est multiple. La sur-pêche, bien sûr, destinée à alimenter un marché de viande et de nageoires de requin, mais aussi la pêche sportive qui se démocratise de plus en plus, ainsi que la pêche au thon et à l’espadon car elle provoque la prise accessoire de millions de requins chaque année.

Tous les ans, l’homme pêche et tue plusieurs millions de requins, alors qu’eux, croquent une demi-douzaine d’humains en moyenne. Le combat est particulièrement inégal pour les écolos qui dénoncent l’effroyable tuerie des squales, le plus souvent pour se régaler de leurs ailerons. On a tendance a montrer du doigt les pays asiatiques, mais on oublie souvent que la chair de requin est utilisée par les occidentaux pour les engrais et les fertilisants ; les ailerons, la peau, les dents, les cartilages sont également vendus pour la fabrication de médicaments. La pollution marine perturbe également ses cycles de reproduction.

Depuis 20 ans, la population des grands requins blancs a diminué de presque 80%. Aujourd’hui, il se place en victime et a rejoint la liste des espèces menacées. Heureusement protégé par certaines nations du monde (principalement les États-Unis, l’Australie et l’Afrique du Sud), sa population s’est stabilisée. Une cinquantaine d’attaques de requins sur les humains sont recensées en moyenne chaque année dans le monde et font en moyenne 6 victimes. En comparaison, il a été estimé que 100 millions de requins sont tués par les humains tous les ans aux quatre coins du globe.

En attendant, si vous partez en vacances, voici une carte des lieux ou les requins blancs ont l’habitude de se trouver:


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