Après trois ans d’absence, le groupe de rock parisien revient le 8 avril prochain avec un nouvel album baptisé « Les Herbes Amères ». Ça vient juste de sortir du four et on vous le recommande chaudement.

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De gauche à droite: Harry (batterie), Victor (Basse), Benjamin (Chant-Guitare) et Etienne (Guitare)

Si vous les pensiez morts et enterrés, vous vous trompiez. Trois ans après leur dernier album, Les Shades sont de retour. Anciens combattants du rock indépendant, ils reviennent avec un nouvel album, intitulé « Les Herbes Amères » pour y faire ce qu’ils ont toujours fait de mieux : de l’électricité, mais cette fois-ci, plus vite et plus fort, comme pour une première fois. Batteries enragées, claviers analogiques monstrueux et lignes de basse précises, tout y est. Prévu pour le 8 avril prochain, l’album est déjà disponible en pré-commande sur Itunes.

Un acte de naissance

Pour cette nouvelle fournée, Les Shades ont définitivement pris un nouveau virage. Plus violent et plus mature, le groupe se lâche, et revient métamorphosé. Riffs de guitares à la « Queen Of The Stone Age », orgue Jaguar à la « Costello », les cinq parisiens ont pris du grade, et on aime ça. Notre coup de coeur ? « Sang d’Encre », chanson sur laquelle on retrouve justement ce côté « californian spirit » et « chaussettes longues » propre à la bande de Josh Homme.

D’ailleurs, ce changement concernant les sonorités s’apparente un peu à un acte de naissance. On a l’impression que les gars ont enfin trouvé un son qui leur correspond, celui qu’ils cherchaient depuis longtemps: « j’aime tous les disques qu’on a sorti, de manières différentes car ils sont tous différents. Je regrette un peu qu’il n’y ait pas eu de véritable continuité entre chaque enregistrement. On dirait un groupe différent à chaque fois, ce qui n’est pas mauvais en soi, mais du coup j’ai l’impression qu’aucun de ces enregistrements ne nous définit vraiment. » expliquait Victor, le bassiste, l’année dernière.

Toujours avec cette écriture métaphorique, Benjamin (vocal-guitare) continue de chanter en français et maintient cette optique de préservation de l’héritage linguistique. Une particularité peu commune si on fait un tour d’horizon de la scène indépendante actuelle. En effet, la plupart des groupes de l’hexagone s’obstinent à se produire dans la langue de Shakespeare, et ce qui est à nos yeux plutôt dommage.

Enfin une reconnaissance du public ?

Formé en 2004, le groupe n’est pas à son premier coup d’essai. D‘ailleurs, les cinq gars se connaissent depuis assez longtemps. Amis d’enfance depuis le collège, Victor a eu l’idée de monter le groupe avec  Benjamin et son frère, Etienne, le deuxième guitariste. C’est ensuite au tour d’Harry, le batteur, de les rejoindre: « on a commencé les répétitions à quatre, en octobre 2004. Cela ne ressemblait pas à grand-chose au début, mais très vite on a réussi à avoir des  compos et des concerts» explique VictorEnfin Hugo, à l’orgue et aux claviers analogiques  (il a depuis quitté le navire) a été recruté un peu plus tard. L’arrivée d’un clavier a permis au groupe « d’avoir d’autres couleurs, plus soul et électro ». En gros, un rock différent. 

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Malheureusement, leur premier album, « Le meurtre de Vénus » (2008), n’a pas connu le succès attendu auprès du public. A l’époque, la critique était pourtant unanime au sujet de la qualité des textes et de la singularité de leur musique: Les Shades semblaient beaucoup plus mature comparé à l’ensemble de la nouvelle scène française. Néanmoins, deux albums plus tard, le groupe peine toujours à décoller. Cette désillusion reste cependant relative au yeux du groupe. Si Les Shades ne sont pas encore parvenus à vivre de leur musique, ils admettent qu’ils ont tout de même profité d’une couverture médiatique importante. Nombreux articles, interviews, concerts, etc…, les parisiens ont eu la chance de sillonner les routes de France et de flirter avec la scène de l’Olympia. La vraie réussite, elle est là aussi…

La fuite des étiquettes et du mainstream

On espère donc pour le groupe, que cette fois-ci sera la bonne. C’est en tout cas ce qu’on leur souhaite. Après plusieurs légers « désagréments » avec leur ancien label, Les Shades ont compris la leçon: ne pas se conformer à la volonté du public et se faire plaisir en studio. La chanson « Hors de Moi », illustre parfaitement la « cruauté » de cette industrie du disque et celle de la dictature du mainstream.

Pour « Les Herbes Amères », le groupe a donc joué la carte de l’auto-production. Les cinq mecs sont partis s’isoler entre potes,  pour enregistrer l’album dans un petit studio de la banlieue parisienne. Les Shades se lâchent enfin: ils ont donc construit ce disque à leur image, c’est à dire en toute liberté, sans contrainte. C’est d’ailleurs ce qui fait le charme de ce dernier opus. 

Pour plus d’infos, retrouvez le groupe sur Facebook et sur son site officiel.

Le clip de « Hors De Moi »:


Les Shades – Hors de moi par orchardmusic

A propos de l'auteur

Co-fondateur de Roads Magazine / Responsable de la rubrique Culture (sur twitter : @BonhommeVincent) / Web Designer (plus d'info sur : vincentbonhomme.github.io/resume/)

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