Un film de Laura Amelia Guzmán et Israel Cárdenas, d’après le roman éponyme de Jean-Noël Pancrazi, Avec Géraldine Chaplin, Yanet Mojica et Ricardo Ariel Toribio. Sortie le 26 août 2015.

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Le pitch

Noeli, jeune dominicaine, se rend tous les après-midi sur les plages de Las Terrenas 
pour se prostituer. Parmi ses clients, Anne, une française d’âge mûr qui a trouvé dans
l’île un refuge pour la fin de sa vie. Noeli se voit bien rentrer à Paris avec Anne. Pour
Noeli, la relation, avec Anne est d’abord basée sur l’intérêt. Pour Anne, le commerce
laisse vite la place aux sentiments qui deviennent de plus en plus ambigus au fur et à
mesure qu’approche le moment du départ.

L’avis

Las Terrenas, le rendez-vous des Français à Saint Domingue, des « émigrés » italiens persona non grata dans leur pays ; un faux paradis avec de superbes plages de sable, le soleil, les cocotiers mais où le chômage, la violence, sont le lot quotidien des habitants de l’île et où le soir, les européens, seules, trouvent un semblant d’amour auprès des locaux dans les boîtes où l’on danse la salsa. Le film débute par le superbe tube du célèbre chanteur dominicain Ramon Cordero : « La causa de mi muerte ». Cette chanson résume assez bien le film. Une histoire d’amour et de mort que vit l’héroïne du film interprétée par une impressionnante Géraldine Chaplin. Ici Anne tombe amoureuse d’une magnifique jeune fille qui cherche de l’argent par tous les moyens pour le partager avec son petit copain et quitter l’île. On retrouve toute l’ambiance du livre de Jean-Noël Pancrazi, l’auteur. On ne compte plus les prix que cet écrivain a reçus. Prix Médicis 1990 avec « Les Quartiers d’Hiver », Prix Valery-Larbaud 1994 avec « Le Silence des Passions », Prix du Livre-Inter 1995 avec « Madame Arnoul », Prix Jean Freustié 1998 avec « Long Séjour », Grand Prix du roman de l’Académie française en 2003 avec « Tout est Passé si Vite », «  La Montagne est Indétectable ». Il a reçu le Grand Prix SGDL de littérature en 2009 pour l’ensemble de son œuvre. En adaptant le livre « Les Dollars des Sables » Laura Amelia Guzmán est dans son élément pour son quatrième film. Née dans l’île elle a su restituer l’ambiance de Las Terrenas, avec le farniente des européens, le mouvement insensé des taxis scooters, les soirées chaudes où les populations se mélangent, se cherchent, dans les danses sexuelles, et cette recherche des dollars sous le sable chaud et les lits de ceux qui ont l’argent. Laura Amelia Guzmán a trouvé avec Chaplin une touchante, insupportable, amoureuse, magnifique, Anne. L’actrice se donne à fond dans cette histoire d’amour et de mort. Rien que pour elle on doit voir le film. Mais le jeune couple dominicain est d’une justesse remarquable. La mise en scène simple donne le ton juste de ce drame au soleil. Oui sous le sable accueillant on peut en prendre plein la gueule à Saint Domingue, c’est ce qui en ressort avec « Dólares de Arena »

A propos de l'auteur

Réalisateur, journaliste

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