Manchester United n’a pas laissé planer le doute. A peine le départ de Sir Alex Ferguson acté, que les Red Devils ont nommé David Moyes comme nouvel entraîneur pour les six prochaines saisons. Un choix mûrement réfléchi et rempli de certitudes.


David Moyes

Pour beaucoup Manchester United est indissociable de Sir Alex Ferguson. Plus qu’un entraîneur, c’est un mythe qui a tiré sa révérence. La fin d’une époque. Mais bien plus que dans n’importe quel autre club, MU a toujours su se relever et se reconstruire au cours de son histoire. Deux mots d’ordre : Patience et stabilité. Dans ce contexte-là, la nomination de l’actuel coach d’Everton, David Moyes, apparaît comme une évidence. Jürgen Klopp, José Mourinho. Plus que des noms, c’est une philosophie qui a été choisie par les Red Devils. Celle de perpétuer – et non de bouleverser – les traditions du club. Moyes, c’est l’assurance d’une continuité.

Moyes, du même bois que Ferguson

« Lorsque nous avons discuté des candidats qui pourraient avoir les qualités, nous somme convenus à l’unanimité que David Moyes était cette personne. David est un homme d’une grande intégrité avec une solide éthique de travail. J’ai toujours admiré son travail. C’était un jeune homme au début de sa carrière et depuis, il a continué à faire un magnifique travail à Everton. Il n’y a aucun doute quant à lui, il a toutes les qualités requises pour diriger ce club » Sir Alex Ferguson a planté le décor. David Moyes, c’est avant tout son choix. Sa décision. A la tête du club de la Mersey depuis mars 2002, le manager écossais partage beaucoup de points communs avec son compatriote.

Tout comme Sir Alex, Moyes est originaire de Glasgow. Ils ont tous les deux porté le maillot de Dunfermline au cours de leur carrière de joueur (à 23 ans d’écart). Et à eux deux, ils ont revêtu la tunique des Rangers (Sir Alex) et du Celtic (Moyes). Oui, les deux hommes se ressemblent. Une similitude qui prend ses racines dans leurs idées politiques communes. Tout comme Fergie, Moyes soutient le parti travailliste. Une donnée ô combien importante, lorsque l’on sait que Ferguson – fils d’un ouvrier des chantiers navals de Glasgow – n’a cessé durant son « règne » de cultiver la conscience ouvrière de ses joueurs. Plus qu’une carrière – modeste – de footballeur, ce sont des valeurs que les deux managers partagent. Celle notamment de s’être construit une identité autour des mérites du prolétariat écossais. Des valeurs qui se matérialisent par un message délivré aux joueurs. « Travail. Courage. Solidarité.»

Phil Neville, actuel joueur d’Everton, qui a passé onze ans à United connaît bien les deux hommes. Pour lui, la nomination de Moyes est une évidence. « L’ADN d’une équipe de Moyes est simple. Travail acharné, esprit d’équipe et combat. Il est fait pour United »

Fergie Time

Le choix de la stabilité

Des origines communes, des valeurs partagées. La comparaison semble insuffisante pour faire de David Moyes le successeur de l’homme aux 49 titres majeurs. Sauf que l’actuel coach d’Everton est avant tout un manager de qualité. Voir mieux. Il est considéré comme l’un des meilleurs techniciens anglo-saxons en activité. Lorsque Moyes débarque à Everton en 2002, c’était déjà pour remplacer un Ecossais. Un certain Walter Smith, alors que le club de Liverpool flirtait avec la zone de relégation. Une première expérience en Premier League après avoir fait ses gammes du côté de Preston.

Lorsqu’il prend les rênes du club du Lancashire en 1998, North End se bat pour sa survie en Division Two (3ème division). A peine deux ans après son arrivée, Moyes guide Preston au titre de champion. Son seul trophée à son actif aujourd’hui. Il passera même tout près de la promotion en Premier League en 2001. Depuis, David Moyes s’est fait un nom. Et une réputation. Celle d’un manager loyal et expérimenté. Sa grande qualité ? S’avoir insuffler un état d’esprit irréprochable à ses joueurs et tirer le maximum de chacun d’entre eux. Si Everton ne cesse de titillé le « Big Four » saison après saison, c’est en grande partie grâce à son manager écossais.

Depuis 2006, avec un budget restreint et sans grandes stars, les Toffees n’ont jamais fini plus loin que la 8ème place. Pour la deuxième saison consécutive, ils sont même tout proche de terminer devant le rival Liverpool. Une première depuis 1937. Une prouesse qui n’est autre que la résultante de la stabilité pour Sir Alex. « Quand on donne du temps à des managers aussi talentueux que lui, il se passe forcément quelque chose. Chaque année, depuis son arrivée, ils ont réalisé d’immenses progrès. »

Le manager des Tofees est derrière Ferguson (27 ans à United), et Arsène Wenger (17ans) le coach avec la plus grande longévité sur un banc de Premier League (11 ans/494 matchs). Tout comme son compatriote, Moyes respire donc la stabilité. Une condition sine qua none de la réussite de Manchester United. Tout sauf un hasard, l’actuel coach d’Everton s’est engagé pour les six années à venir. Un signe fort. Un gage de confiance.

SOCCER Liverpool 12

Un lourd héritage à porter

A United, l’histoire est un éternel recommencement. En devenant le nouvel entraîneur des Red Devils, David Moyes s’inscrit dans la grande lignée des coachs écossais qui ont dirigé MU. Sir Matt Busby et Alex Ferguson donc. Autrement dit, les deux plus grands managers de l’histoire du club. Un héritage qui va peser lourd sur les épaules de Moyes. Si la patience est un maitre-mot à United – comme l’a prouvé l’histoire de Fergie – la tâche qui incombe à son successeur pourrait faire office de cadeau empoisonné. La pression qui entoure un club du standing de MU est à des années lumières de ce qu’a pu connaître David Moyes à Everton. Ce dernier ne le sait que trop bien. En rejoignant United, l’ancien coach de Preston fait face à une institution. A sa décharge, il pourra compter sur des infrastructures de qualité, un staff ô combien compétent mais surtout à un groupe jeune et talentueux couvé par Ferguson. Ce dernier ne sera d’ailleurs jamais très loin puisque Fergie est devenu ambassadeur et membre directoire du club. Moyes devra faire avec.

Ce n’est pas un challenge mais un défi de taille auquel est confronté le manager de 50 ans. Continuer à perpétuer la légende du club tout en se forgeant la sienne. Pour qu’un jour peut-être l’on puisse – humblement – dire que Ferguson n’était pas le dernier « Roi d’Ecosse ».

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Journaliste Sportif

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