Un film de Tim Burton avec Eva Green, Samuel Jackson, Terence Stamp, Asa Butterfield et Ella Purnell. Sortie le 5 octobre 2016.

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L’Histoire

Ce film raconte l’histoire d’un jeune homme, Jacob, 16 ans, qui, pendant toute son enfance, a écouté les récits que lui racontait son grand-père, Abraham Portman. Peu après, ce dernier meurt devant les yeux de son petit-fils dans des circonstances étranges. Jacob va donc partir en compagnie de son père sur l’île au large du Pays de Galles sur laquelle son grand-père avait passé son enfance dans un orphelinat, avec pour seule consigne une vieille lettre, dont l’émetteur était Peregrine Faucon. Jacob veut comprendre ce qui s’est passé là-bas, et peut-être retrouver les enfants particuliers qui représentaient l’entourage de son grand-père. Une fois sur l’île, le jeune homme trouve de nouvelles photographies, ainsi que l’orphelinat, et peu à peu, va démêler les fils du passé.

L’Avis

Tiré du roman éponyme de Ransom Riggs, un best seller de littérature enfantine, c’est après, « Charlie et la Chocolaterie », « Alice au Pays des Merveilles », un roman fait pour Tim Burton. Arrêter le temps, les mondes parallèles, des histoires étranges avec de gens qui ont l’apparence de gens normaux, des monstres… On retrouve toutes les constantes qui font le cinéma de ce réalisateur de l’imaginaire. On aurait pu penser que le livre avait été écrit pour lui tellement on est dans ses univers. On n’est pas avec des enfants qui ont des supers pouvoirs, qui ne sont pas des supers héros, ce sont des enfants normaux avec des pouvoirs particuliers et qui tentent de vivre une vie normale. Jacob a des problèmes d’intégration comme l’a vécu Tim Burton et comme de nombreux personnages de sa filmographie. Le rêve a toujours était un élément essentiel de la création scénaristique et visuel du cinéma de Burton. Ce film est drôle, émouvant, dramatique, poétique, mystérieux. Grâce aux progrès techniques Burton peut enfin aller jusqu’au bout de sa création. On est dans l’extra-ordinaire et il y a des séquences qui laissent pantois ! Ne gâchons pas le plaisir de les découvrir, ce sont des moments de pur cinéma d’animation.

La musique de Dany Elfman soutient ces délires visuels avec brio et la 3D pour une fois ne fatigue ni les yeux, ni la tête. Le casting est à la hauteur du projet ; Terence Stamp, comme Peter Falk dans « Princess Bride » de Bob Reiner, un autre film de fantasy, est le grand-père qui raconte des histoires abracadabrantes que connaît par cœur son petit fils et attention à ne pas changer un mot ! Eva Green, la protectrice de la « loop day », le jour sans fin, est étrangement belle et énigmatique à souhait avec sa tenue et sa coiffure irréels – beau travail sur les costumes et les maquillages – les enfants sont tous à citer par leur présence à l’écran ; le plus étonnant est Samuel Jackson dans un rôle qui rappelle un peu trop celui de « Kingsman » ; mais son numéro en monstre avec des dialogues décalés est très amusant. Une belle surprise est celle de la jeune Ella Purnell qu’on avait déjà découvert dans « Maléfique ». A 19 ans Asa Butterfield, le jeune Jacob, a déjà du métier ; une dizaine de films à son actif,  il était le héros de « Hugo Cabre » de Scorcese. Tout ce petit monde se débat pour essayer de survivre face à des méchants qui veulent les empêcher de voir – ils mangent les yeux –  ils veulent nous empêcher de regarder comment Tim Burton voit le monde ! Il faut rester les yeux grands ouverts devant ce délire d’images et on s’envole avec lui dans le monde de l’inconscient ! Vive ce cinéma là et allez surtout le voir en salle !

A propos de l'auteur

Réalisateur, journaliste

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