Elle l’a dit, Najat Vallaud- Belkacem  ne veut pas de « polémique stérile » et contrairement à d’autres, elle s’y tient.

NVB

En poste à l’éducation depuis le 26 août, il ne passe pas une journée sans que des attaques ne surgissent à l’encontre de la jeune ministre : Minute et Valeurs actuelles, spécialistes des couvertures nauséabondes, en ont fait leur cheval de bataille. Le thème ? Au choix : ses origines marocaines ( la plupart supprime simplement le  » Vallaud » de son patronyme), sa promotion obscène de la fameuse «  théorie du genre », ou le simple fait qu’elle soit une femme. Rappelons par ailleurs la définition d’Ayatollah, en hommage à  « Valeurs Actuelles ».

Mais NVB n’est pas du genre à se laisser intimider, et sa conduite est claire : elle ne répond pas, sauf par la voie de la justice, comme c’est le cas aujourd’hui puisque la Ministre a déposé une plainte pour une fausse circulaire qui a tourné sur les réseaux sociaux, reprise par de nombreux sites d’extrême droite affirmant qu’elle aurait encouragé les établissements à dispenser une heure de cours d’arabe gratuitement. ( Au passage, notons quand même qu’Isabelle Balkany – qui n’est pas vraiment un modèle de vertu – a commencé par relayer la rumeur sur son compte Twitter.)

La défense de l’actuelle Ministre de l’éducation est limpide ; refuser l’illégal ( ici, l’usurpation d’identité ) mais laisser les boules puantes s’évaporer. Et la stratégie fonctionne, puisqu’elle se place en deuxième position des personnalités politiques les plus appréciées des Français, à 43% d’avis favorables, juste derrière Alain Juppé C’est précisément la réponse adéquate aux rumeurs sordides que ses détracteurs tentent de diffuser : en ignorant la bassesse, la ministre prouve que l’unique raison de sa présence, c’est de faire son travail. « La bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe ».

Valérie Rosso-Debord l’accuse d’appartenir au Conseil de la communauté marocaine à l’étranger ?  Elle laisse parler les faits : elle n’y est plus. Les menaces contre la théorie du genre ? Mise au point dichotomique entre l’égalité et la théorie supposément enseignée. La Une de Minute ? Elle cite Desproges «  Pour le prix d’un journal, vous avez à la fois la nausée et les mains sales ».

Sa communication simple, efficace et qui aurait pu être la norme commune à tout le gouvernement, rend la jeune femme d’autant plus précieuse à celui-ci : successivement porte-parole de campagne en 2007 et 2012, puis Ministre des droits des femmes et voix du gouvernement, avant de récupérer un large porte feuille englobant Droits des femmes, Ministre des sports et de la ville, elle a su imposer son point de vue fermement, sans jamais trahir ses convictions affirmées, suscitant parfois l’ire jusque dans son propre camp, lorsque, par exemple, elle se prononce, avec insistance, pour la pénalisation des clients de la prostitution ou contre la loi Hadopi.

NVB n’accepte la critique que lorsqu’elle porte sur les actes, puisque, comme le disait le Général de Gaulle : « Il n’y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités. »  Bien sûr, certains n’acceptent pas sa politique, et avec ceux-là le dialogue reste ouvert. Mais hors de question de considérer ceux qui jugent en dehors, ceux qui sont adeptes des coups bas. Alors qu’on accuse principalement le Parti socialiste de ne pas tenir ses engagements, c’est cette fermeté sur les siens qui pourtant, fait d’elle la cible privilégiée de l’extrême droite : les critiques qui reviennent en permanence et avec récurrence concernent son « idéologie ». La théorie du genre, l’ABCD de l’égalité, ses origines marocaines : tout ne serait chez elle qu’idéologie, ou provocation selon la Manif pour Tous . Comme le fait remarquer le chroniqueur Ariel Wizman,  les collectifs s’en prennent irrémédiablement et exclusivement à NVB , jamais à Laurence Rossignol, secrétaire d’État chargée de la Famille.

Ainsi, sur 2 ans, elle amorce les mesures de parité en entreprise et au sein des fédérations sportives, crée le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, fait promulguer la loi pour l’égalité réelle, rend l’IVG totalement remboursée et sans conditions d’urgence, favorise les droits des LGBT, met Twitter face à ses responsabilités quant aux tweets homophobes, renforce la définition du harcèlement sexuel dans le Code pénal, et facilite les démarches en cas de violences faites aux femmes.

Ce qui circule sur la toile depuis ? NVB n’est qu’une immigrée marocaine, qui se sert de son physique pour arriver aux postes les plus prestigieux afin d’y cimenter ses idées les plus dangereuses : la promotion d’une éducation sexuelle débridée au sein des classes primaires et l’implant de l’Islam en remplacement de la culture française – puisqu’elle est sûrement espionne au service de Mohammed VI ou de l’ayatollah Ali al-Sistani -. D’ailleurs, c’est prouvé, cette menteuse s’appelle en fait Claudine Dupont ( sic ) et en plus, elle veut pénaliser ceux qui vont aux putes, alors qu’elle a foiré l’ENA, bref, rien ne va chez la Ministre. Vous l’aurez compris : lorsqu’il s’agit, pour les gens de droite, de parler de NVB, l’amalgame est de rigueur !

Mais, en attendant, Najat s’en fout ; elle est jeune et c’est sa rentrée : économe verbalement concernant sa défense personnelle, elle laisse ses détracteurs s’essouffler. Telle la Joconde, elle continue à sourire parce que tous ceux qui tentent de lui dessiner une moustache vont probablement mourir avant elle.

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