Party Girl, un film de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis avec Angélique Litzenburger et Joseph Bour. Sortie le 27 aout.

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Le pitch :

Angélique a soixante ans. Elle aime encore la fête, elle aime encore les hommes. La nuit, pour gagner sa vie, elle les fait boire dans un cabaret à la frontière allemande. Avec le temps, les clients se font plus rares. Mais Michel, son habitué, est toujours amoureux d’elle. Un jour, il lui propose de l’épouser.

L’avis :

Une histoire vraie ? Une vraie fausse fiction? Un vrai faux documentaire ? A la fin de la projection du film et après les entretiens avec les réalisateurs, on se pose encore la question tant le film joue sur les deux tableaux. En effet, il y a ce voyeurisme dans Party Girl qui dérange. Lorsque Ken Loach fait un film on a comme cette impression de réalisme alors que tout est écrit, fictionné, même s’il part de faits réels. Ici, on passe du docu à la fiction et vice versa. Il y une impression de malaise. Est-ce la vraie histoire de l’héroïne avec ses vrais enfants? Oui paraît-il. Est-ce que son amant est son vrai amant ? Pourquoi pas. Aujourd’hui la téléréalité est florissante mais tout est aussi fictionné. Alors quelle est la différence entre ce film et ces émissions qui cartonnent ? Roberto Minervini était plus sincère dans son travail avec ce film envoûtant Stop the Pounding Heart, Diego Quemanda-Diez avec Rêve d’Or était arrivé à nous émouvoir avec cette histoire d’immigration -en ayant auparavant réalisé un travail de documentariste et en filmant avec des acteurs amateurs et professionnels à la manière de Ken Loach-. De son côté Sheldon Larry dans Leave It On the Dancefloor ne trichait pas : il a mis en scène des vrais personnages qui jouaient jusqu’au bout leur vraie vie. Party Girl reste néanmoins un film propre, bien réalisé. Mais il y a comme une atmosphère de mensonge qui peut être insupportable pour certains et enthousiasmant pour d’autres. Le cinéma c’est la vie paraît-il, ici la vie c’est du cinéma. La caméra d’or ? Difficile de juger ce choix n’ayant pas vu la concurrence. Party Girl est un film dans le vent influencé par la télévision mais sûrement pas par Cassavetes. Il tient surtout par l’engagement d’ Angélique Litzenburger. Ce long-métrage est à voir dans le désert du cinéma français. Point positif ? Le générique de fin, pour ceux qui ne connaissent pas la canadienne Chinawoman, est à écouter en boucle. La chanson choisie de ce groupe est forcément Party Girl.

A propos de l'auteur

Réalisateur, journaliste

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