Les femmes sont plus nombreuses que les hommes, en France, à vivre sous le seuil de pauvreté. Malgré une plus grande réussite dans les études et les premiers emplois que leurs congénères masculins, les représentantes du « sexe faible » peinent ensuite à se réaliser dans leurs carrières. 

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« C’est par le travail que la femme a en grande partie franchi la distance qui la séparait du mâle ; c’est le travail qui peut seul lui garantir une liberté concrète.  » Simone de Beauvoir.

Depuis des années déjà, les médias et les intellectuels rabâchent  sans cesse que les femmes sont en train « de prendre le pouvoir ». Au nom de la parité politiquement correcte, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à recruter des femmes. D’ailleurs, dire que cela n’est due qu’au fait de l’application d’une politique de discrimination positive imposée par la société serait faux, ou presque. Selon l’INSEE, « depuis 25 ans, les femmes n’ont cessé de creuser l’écart avec les hommes en matière d’études. En 1984, seulement 19 % des garçons et 20 % des filles, entrés dans la vie active depuis moins de six ans, possédaient un diplôme de l’enseignement supérieur (graphique 2). En 2008, 37 % des garçons et 51 % des filles sont diplômés de l’enseignement supérieur. » Les filles sont donc plus qualifiées que les hommes à la fin de leurs études, et il est donc normal qu’elles décrochent de meilleurs « premiers emplois ». Alors, comme tout travail mérite salaire, et que les femmes sont plus « éduquées » que les hommes, pourquoi n’arrivent-elles pas à décrocher les emplois qui comptent vraiment?

La pauvreté: un problème de femmes ?

Selon une étude intitulée « Femmes et précarité » publiée ce mardi par le Conseil économique, social et environnemental (CESE), en 2010, il y avait plus de 4,7 millions de « filles » qui vivaient en dessous du seuil de pauvreté sur le territoire Français. Au total, plus de 8,6 millions de personnes vivent encore actuellement avec moins de 964 euros par mois (seuil à 60%). Le calcul est donc simple: il y a plus de femmes pauvres que d’hommes. Cette même étude conclue également que les femmes sont les principales bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA). En 2010, 57% d’entre elles étaient allocataires de cette aide.

Mais cette forme de pauvreté toucherait prioritairement les mères seules avec enfants. En effet, elles seraient « une maman seule sur trois à vivre sous ce fameux seuil de misère. Dans neuf cas sur dix, les familles monoparentales sont constituées uniquement de femmes « pour lesquelles les contraintes liées à l’articulation vie professionnelle et vie familiale sont plus lourdes ».

Pour faire bref, entre 2001 et 2010, le taux de pauvreté des femmes seules est passé de 28% à 32%. « Apporter un soutien social et professionnel aux mères isolées apparaît indispensable et doit constituer une priorité de l’action publique », voilà ce que recommande alors le CESE.

Alors, pourquoi les femmes, et surtout les mères seules, sont-elles plus touchées que les hommes par la pauvreté ? D’abord parce qu’elles sont moins souvent au chômage pour une longue durée, et qu’elles sont plus nombreuses à être dans le « halo » du chômage (pas officiellement comptées comme chômeuses mais souhaitant travailler), explique l’étude. D’ailleurs, ce n’est pas une légende urbaine: les femmes sont plus souvent employées à temps partiel que les hommes. À âge égal, elle gagne donc moins, c’est logique. 

Et puis, c’est un fait: les femmes sont surreprésentées dans des métiers peu qualifiés (services aux particuliers, agents d’entretien, les employées du commerce). Dans ces métiers, 30% de femmes travaillent à temps partiel contre à peine 7% d’hommes. Le CESE révèle qu’au total, une femme a 2,1 fois plus de chance d’occuper un poste d’employé ou d’ouvrier non qualifié qu’un homme.

La crise comme excuse

La crise a le dos large. Même si personne ne la sent vraiment (à part les victimes de licenciements économiques), tout le monde en parle. Alors, dans ce contexte réputé « difficile », « les premiers à en souffrir, sont malgré les idées reçues, les hommes. Sur la période récente, la forte hausse du niveau de formation des filles favorise leur insertion professionnelle et se combine aux effets de la crise. Les hommes en début de vie active sont les plus touchés par la crise (graphique). Entre les deuxièmes trimestres de 2008 et de 2009, le taux de chômage des hommes a augmenté de 2,1 points parmi l’ensemble des actifs (+ 1,6 points pour les femmes) et de 6,4 points parmi l’ensemble des débutants (+ 4,4 points chez les débutantes). »

Malgré leurs diplômes plus impressionnants, les femmes peinent également à s’insérer véritablement dans l’univers des pros.  Comme l’explique une étude de l’INSEE, « à l’issue de l’enseignement supérieur, le taux de chômage des femmes (8 % en 2008) reste supérieur à celui des hommes (7 %) pendant les cinq premières années de vie active. Après un CAP, un BEP ou un baccalauréat, les filles sont aussi plus souvent au chômage (19 %) que les hommes (16 %). »

Globalement, les femmes sont plus diplômées que les hommes. Seulement, comme les statistiques le prouvent (ainsi que beaucoup d’autodidactes), les études ne garantissent en rien une carrière réussie…  Comme disait Aristote, « Pour devenir habile en quelque profession que ce soit, il faut le concours de la nature, de l’étude et de l’exercice. » En bref, il n’y pas que les études qui comptent!

Une réponse

  1. Femme

    Très bon article, merci de ne pas nous oublier. Un bémol, parmi ces femmes touchées par une extrême pauvreté, vous en trouverez bien plus que 51% qui refusent le RSA. Les chiffres ont été donnés il y a quelques temps sur une chaîne publique, de l’ordre de 600 000 personnes en tout, dont beaucoup plus de la moitié sont des femmes.

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